L’économie chinoise devrait rebondir mi-2009 et redémarrer pleinement en 2010, grâce au vaste plan de relance du gouvernement. Cette reprise de la troisième puissance mondiale peut-elle stimuler l’économie de la planète ? Rien n’est moins sûr.
L’éclaircie tant attendue dans la tempête qui balaie l’économie mondiale viendra-t-elle de Chine ? En effet, face à la crise, l’empire du milieu fait de la résistance. Mieux, son économie devrait rebondir dès cette année et redémarrer pleinement en 2010.
Longtemps à l’abandon, la capitale est aujourd’hui en pleine mutation. Une effervescence liée aux investissements de Pékin, le nouvel allié du Congo.
A Kinshasa, durant des décennies, le temps semblait s’être arrêté. Kin la belle, devenue Kin poubelle, s’enfonçait dans la crasse. Cette fois, le temps s’est mis à galoper, la ville est comme un géant qui se redresse en faisant craquer ses jointures.
Les visiteurs sont frappés par la transformation du boulevard du 30-Juin, cette épine dorsale qui risque désormais de couper la ville en deux : plusieurs ronds-points ont été gommés, les statues érigées par Kabila père et fils [Laurent-Désiré et Joseph Kabila, respectivement présidents de la RDC de 1997 à 2001 et de 2001 à ce jour] attendent des temps meilleurs sur les bas-côtés, la berme centrale sur laquelle se juchaient mendiants ou vendeurs de journaux a été effacée.
La production industrielle frémit en Europe, plus en Chine

L’indice corrigé pour le mois d’avril des directeurs d’achat montre une pause dans la récession. Les économies européennes pourraient avoir touché un plancher et entamer une remontée. Pendant ce temps, la production industrielle croît à nouveau en Chine.
C’est un signe des temps. On en arrive à se réjouir de « la plus faible contraction mensuelle depuis six mois », pour reprendre les termes de la société Markit qui calcule et publie l’indice PMI. Ce dernier mesure l’activité enregistrée par les directeurs d’achat du secteur manufacturier.
D’après les dernières données corrigées, il a atteint en avril 2009 son plus haut niveau depuis octobre 2008. Le mois dernier, il s’est établi à 36,7 points, contre 33,9 en mars.
Par les temps qui courent, on se contente de peu. La Chine se satisfera donc de 6 %. La croissance chinoise a, en effet, bien ralenti durant les trois premiers mois de l’année. S’il fallait un argument pour finir d’enterrer la théorie du découplage, le directeur des prévisions économiques du Centre d’information d’Etat chinois l’a donné sans sourciller la semaine dernière. Un PIB trimestriel en hausse de seulement 6 %, voilà qui serait le taux de croissance le plus faible depuis 1992, date de la création de cet indicateur. Pour l’année en cours, le PIB chinois devrait croître de 5 à 8 %, selon les estimations. Dire que le PIB chinois a augmenté en moyenne de 9,4 % par an, entre 1998 et 2007. Cette année-là, il a même bondi de 13 %.
Ce n’est pas le seul chiffre en berne. La valeur totale des échanges commerciaux chinois (exportations et importations) a chuté de plus de 20 % en mars, en comparaison annuelle. Malgré tout, la balance commerciale chinoise n’a pas déshonoré, ses importations ayant plus chuté que ses exportations.


