La crise a profité à la Chine. Les Etats-Unis et le Japon, deux premières puissances mondiales au 1er janvier dernier, ont considérablement pâti des effets de la décroissance. Et ce qu’ont prévu la majorité des analystes semble déjà se produire: le Produit intérieur brut (PIB) chinois aurait dépassé celui du Japon, faisant de la République populaire la seconde puissance économique planétaire devant son voisin nippon, mais encore loin derrière les États-Unis. «La Chine est déjà la deuxième économie du monde», a ainsi déclaré en fin de semaine Yi Gang, directeur de la State Administration of Foreign Exchange (Safe), en charge du contrôle des changes.
Ce vendredi, dans une tribune publiée par le China Daily, Fan Gang, conseiller de la banque centrale, écrit : « la Chine pourrait reprendre un flottement contrôlé de son taux de change, en particulier si les incertitudes dans la situation post-crise mondiale diminuent ».
Qui dit change flottant dit en substance possibilité de réévaluation de la monnaie chinoise, le yuan/renminbi (RMB), arrimé – « peggé » en terme technique – au dollar depuis l’été 2008. Auparavant, entre 2005 et 2008, la « monnaie du peuple » (renminbi) évoluait dans une bande délimitée, autour d’un cours pivot fixé quotidiennement par la Banque centrale.
Pour sortir plus vite de la crise, le luxe mise sur la Chine
La reprise s’amorce doucement dans le luxe. Après un coup d’arrêt de la croissance en 2008 et une récession en 2009 (estimée à – 5,9 % par Eurostaf et – 7 % par le cabinet Bain & Company), le secteur semble avoir atteint les tréfonds de la crise. Après un dernier trimestre moins catastrophique que prévu, il s’apprête à relever la tête. Et à rattraper son retard, notamment grâce à l’essor fulgurant de la demande chinoise, oasis qui continue à afficher des taux de croissance à deux chiffres. « Ce n’est guère avant 2012 qu’un retour à la normale pourrait se faire jour, avec une croissance de 8 % à 10 % », précise Nicolas Boulanger, chargé du luxe chez Eurostaf. Il mise sur une sortie de crise cette année.
Dans le droit-fil de cette bien mauvaise conjoncture en 2009, le leader mondial des produits de luxe, LVMH, a annoncé, jeudi 4 février, une chute de son bénéfice net de 13 %, à 1,755 milliard d’euros, et une légère baisse de son chiffre d’affaires (- 1 %, soit 17,05 milliards d’euros) pour l’année 2009.
Chiffre : 2,3 millions de licenciement
Chiffre de la crise
2,3 millions d’ouvriers paysans, pour la plupart, pourraient être licenciés à cause du ralentissement des exportations de 2008.
Du jamais vu depuis la vague de licenciement massifs qui toucha les entreprises publiques après la crise asiatique de 1997, selon l’économiste Shen Minggao dans le magazine économique Caijing.
Chiffre : 67 000 PME ont fait faillite
Chiffre de la crise
67 000 PME ont fait faillite au cours du seul premier semestre de 2008, selon les statistiques de NDRC. Dans le secteur textile, qui fut l’un des plus touchés, 20 millions de personnes ont été licenciées pendant cette période.
(Source : China Newsweek)
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Grâce à la demande interne, l’indice de production manufacturière redémarre.![]()
Le premier ministre, Wen Jiabao, l’avait promis en début d’année : la Chine serait la première à sortir de la crise. Le Bureau national des statistiques (BNS) veut y croire, après la publication de l’indice des achats manufacturiers en hausse à 52,4 en mars contre 49 en février. Au-dessus de la barre des 50 en mars, il indique une progression de la production manufacturière.
«L’indice ne montre pas seulement que le plan de relance du gouvernement a commencé à faire effet, mais indique également une stabilisation de l’économie», assure Ma Jiantang, porte-parole du BNS. Le secteur manufacturier est un des bénéficiaires des généreux crédits accordés par les banques chinoises sur les injonctions du gouvernement.



