On a beau s’être habitué, avec le temps, à la montée en puissance et à la démesure de la Chine, les chiffres publiés mois après mois par Pékin n’en demeurent pas moins déroutants. Ainsi ceux révélés lundi : depuis le début de l’année, l’ensemble des entreprises chinoises ont engrangé 380 milliards de dollars de bénéfices, soit plus qu’avant le début de la crise économique.
Si la rigueur scientifique de ces statistiques n’est pas totalement garantie, leur ordre de grandeur n’est, lui, pas contestable. Il donne une idée de l’allure à laquelle avance une économie chinoise en passe de doubler l’Allemagne comme premier exportateur mondial et dont la croissance de 8% n’a jamais vraiment faibli malgré les soubresauts de la conjoncture partout ailleurs.
Les entreprises françaises observent avec fébrilité la montée en puissance de la Chine en Afrique qui risque de leur tailler des croupières sur leur ancien pré carré mais qui pourrait, aussi, leur offrir des opportunités sur le continent.
Célébrée par un récent sommet en Egypte, la « Chinafrique » n’est pas une vue de l’esprit. Armé d’inépuisables réserves de change, Pékin déverse, aujourd’hui, sur le continent 15 fois plus d’investissements qu’en 2003 afin d’étancher sa soif de matières premières et offrir des débouchés à ses entreprises.

