La Chine reste un des pays où la critique du pouvoir est punie le plus sévèrement. Depuis 2009, la répression s’est encore aggravée avec de lourdes condamnations infligées à des intellectuels et des avocats célèbres. Dans l’affaire de Fuzhou, pour un Guo Baofeng libéré, trois autres blogueurs accusés des mêmes « crimes » viennent d’être condamnés à plusieurs années de prison. Pas plus que la presse, Internet n’échappe à ces tours de vis. Les grands sites sociaux étrangers, comme Youtube, Twitter, Facebook ou Wikipedia, dont les contenus ne peuvent être censurés, sont inaccessibles en Chine. On ne compte plus les sites interdits qui disparaissent du jour au lendemain.
Cibles de cyber-attaques en règle, les ordinateurs du bureau central de la propagande du Parti communiste ne répondent plus aux ordres de leurs utilisateurs. Un mystérieux « Commando étudiant contre la censure » a mis au point des moteurs de recherche capables d’effacer sur tous les sites chinois les mots-clés « société harmonieuse », « Parti communiste », et le nom de chacun des vingt-sept membres du Politburo. Chaque jour, des données secrètes numérisées de la Sécurité publique sur les citoyens parviennent aux intéressés, écœurés par l’ampleur de la surveillance dont ils faisaient l’objet.
Continuons la cyber-fiction : des pans entiers de l’économie chinoise ont été privés de connexion par les autorités qui cherchent à endiguer la rébellion. Mais devant la menace d’une chute brutale du commerce mondial, le premier ministre Wen Jiabao, au bord des larmes, tente de raisonner les internautes en colère: un chat en ligne est organisé avec les représentants du Comité révolutionnaire des blogueurs chinois, parmi lesquels on reconnaît les célèbres avatars de Han Han, Bei Feng et Tiger Temple.

