Le moteur de recherche chinois profite des difficultés de l’américain Google en Chine et enregistre une hausse de 74,4% de son chiffre d’affaires au deuxième trimestre.
Baidu, le numéro un de la recherche en ligne en Chine, continue d’étendre sa domination dans le pays. Le groupe a publié ce jeudi des résultats impressionnants pour le deuxième trimestre 2010. Il totalise un chiffre d’affaires de 1,914 milliard de yuans (220 millions d’euros), un bond de 74,4% par rapport au second trimestre de l’année 2009.
Google propose des solutions contre le filtrage en Chine
La réponse de la Chine à la décision de Google de cesser la censure de son moteur peut impacter les utilisateurs Pros des Google Apps basés en Chine. Google leur recommande donc de mettre en place des technologies VPN, SSH et proxy pour contourner les blocages.
Google a engagé le bras de fer avec les autorités chinoises en cessant de censurer ses services de recherche (Search, Actualités et Images) sur son domaine google.cn. En réaction, la Chine bloque – totalement ou partiellement – l’accès à différents services Web de Google, dont YouTube et Picasa.
Ces mesures de rétorsion peuvent par conséquent pénaliser les entreprises et leurs salariés localisés en Chine et utilisateurs des applications Google Apps. A l’attention de ces clients, Google a publié un billet sur son blog officiel.
Le site Google de Hong Kong sur lequel sont redirigés les internautes chinois souffre d’une « censure intermittente », a déclaré aujourd’hui un responsable du groupe internet, durant une audition parlementaire.
Deux jours après la décision de Google d’arrêter de censurer le moteur de recherches Google.cn, pour en rediriger le trafic vers un serveur situé hors de Chine continentale, Alan Anderson s’est dit « bien conscient que le gouvernement chinois peut, à tout moment, bloquer l’accès à nos services – de fait nous avons déjà vu de la censure intermittente sur certaines recherches, à la fois sur Google.com.hk et sur Google.com ».
Par ailleurs, alors que les autorités chinoises ont accusé Google d’avoir trahi une « promesse écrite » prise quand il avait débuté ses services dans le pays en 2006, M. Anderson a indiqué que Google était au contraire fidèle à un engagement pris à l’époque.
Google ne compte pas renoncer au gâteau publicitaire, surtout celui de la recherche mobile…
Le beurre et l’argent du beurre. En arrêtant d’auto-censurer son moteur de recherche, Google savait que son business allait se compliquer en Chine. Mais alors que Pékin a toujours chanté le refrain «tu te plies à la loi ou tu pars», Google a tenté un coup de poker en redirigeant le trafic de google.cn vers son moteur de Hong Kong.
Objectif: rester présent sur un marché en pleine expansion. Tout en soignant son image.
En 2009, le marché chinois n’a représenté qu’une infime fraction des revenus de Google: environ 300 millions de dollars (soit 1.5% de son chiffre d’affaires). Mais le potentiel est gigantesque, avec près de 400 millions d’internautes.
La décision de Google de transférer à Hong Kong son moteur de recherches en chinois pourrait constituer un frein au développement de l’internet en Chine continentale et isoler la plus grande communauté d’internautes au monde du reste de la Toile.
Le géant américain est le seul acteur étranger présent sur le marché des moteurs de recherches en Chine et sa décision, qui laisse la place aux seules sociétés chinoises, pourrait se traduire par moins de concurrence et, par conséquent, moins d’innovation, selon certains analystes.
« C’est un pas de plus vers le +Chinternet+, c’est-à-dire l’internet chinois qui ressemble de plus en plus à un intranet », remarque Jeremy Goldkorn, responsable du site Danwei.org et analyste basé à Pékin des médias et de la Toile.
Un groupe de 27 agences publicitaires chinoises a appelé Google à discuter d’éventuels dédommagements si le moteur de recherches américain se retire de Chine, comme il l’a envisagé. Ces agences, qui placent de la publicité sur la version chinoise du site de Google, se plaignent de n’avoir aucune information sur les projets de l’entreprise, qui envisage de quitter le pays et de fermer Google.cn.
« La seule chose que nous puissions faire est d’attendre dans une insupportable angoisse », écrivent-elles. « Beaucoup d’entre nous affronteraient une faillite et la fermeture parce que nous avons énormément investi de fonds et d’efforts dans les exigences de Google », ajoutent-elles. Elles demandent l’ouverture de « négociations immédiates » sur d’éventuels dédommagements pour clients, employés et investisseurs.
Les tensions entre Google et la Chine continuent de faire des vagues, le groupe américain ne tiendra pas de conférence de présentation du Nexus One et de son OS mobile en Chine.
Les relations sont plus que tendues entre Google et la Chine depuis la vague d’attaques subie en fin d’année 2009, et plus encore maintenant que l’origine des cyberattaques oriente directement vers une piste chinoise, ce que réfute une nouvelle fois le gouvernement chinois.
Si Google n’a toujours pas mis à exécution sa menace de retrait du pays, certaines activités ont clairement marqué le pas, et notamment celles liées à Android. Peu après l’annonce des attaques, Google avait annulé (ou plutôt reporté, sans donner de date) certains évènements relatifs au lancement de terminaux Android par ses partenaires.
Baidu, le principal moteur de recherche dans l’empire du milieu, a annoncé un doublement de son bénéfice net au quatrième trimestre, nettement supérieur aux attentes des analystes. Baidu table par ailleurs sur des recettes de 176 à 181 millions de dollars alors que les analystes tablaient jusqu’alors sur 170,23 millions de dollars.
Baidu a annoncé avoir dégagé un bénéfice net de 427,9 millions de yuans (62,7 millions de dollars) au quatrième trimestre, deux fois plus élevé qu’il y a un an et supérieur aux attentes des analystes.
Le chiffre d’affaires du groupe a progressé de 39,8% au quatrième trimestre à 1,261 milliard de yuans (184,7 millions de dollars), a indiqué le principal concurrent de Google en Chine, dans un communiqué publié à New York. Le bénéfice par action représente 1,80 dollar (12,33 yuans) alors que les analystes tablaient sur 1,68 dollar.


