Il y a trente ans, personne n’était riche en Chine. Malgré la crise, les milliardaires chinois n’ont jamais été aussi nombreux….et aussi riches. Le magazine « Forbes » estime aujourd’hui à plus de 130 le nombre de milliardaires en dollars. A Shanghaï, des dizaines d’hommes et de femmes connaissent des progressions de fortune inouïes dans l’immobilier, l’automobile, l’aéronautique ou le secteur du luxe.
On s’y tromperait. «A Shanghaï, on fait de l’argent. C’est la matière première et dernière.» Cette description, pourtant, ne concerne pas la ville de 2010, celle des insolents gratte-ciel de Pudong, mais celle de… 1922. Et c’est la légendaire plume d’Albert Londres qui peignait ainsi la flamboyante cité cosmopolite de l’époque. Aujourd’hui, l’argent n’est plus l’apanage des grandes banques occidentales «ressemblant à des cathédrales» ou des trafiquants d’opium comme le terrible Du Yue sheng, chef de la Bande verte et parrain de la ville, sur lequel les Français ne répugnèrent pas à s’appuyer. Les grandes fortunes de la nouvelle Chine, dans leur grande majorité, ont amassé leurs biens dans l’immobilier, puis la Bourse. Mais si les hommes et les affaires ont beaucoup changé, Shanghaï reste bien la ville la plus riche de Chine.
Les investisseurs chinois choisissent entre Dubai et la Chine
En 2009, l’investissement dans le secteur immobilier a affiché une hausse de 16,1 %, en Chine notamment grâce à la facilité d’accès au crédit. Avec pour corollaire une flambée des prix immobiliers, qui progressent actuellement au rythme de 20 % par an. A Pékin, où le salaire moyen annuel d’un employé s’élevait à 5 000 euros en 2008, l’achat d’un appartement d’environ 90 mètres carrés dépasse 150 000 euros. Soit l’équivalent de trente années de salaire. « Tous les indicateurs tendent vers une bulle spéculative », analyse Andy Xie, économiste indépendant. En décembre, le gouvernement a déjà pris une série de mesures pour décourager les ventes, et la semaine dernière, les banques ont reçu l’ordre de restreindre le crédit. Mais selon Andy Xie, l’efficacité de ces mesures reste à démonter : « Il ne faut pas compter sur les banques pour trouver une réponse à un problème macroéconomique. On ne donne jamais au marché une chance de s’ajuster. Il serait temps de résoudre le problème sérieusement, par exemple en refusant d’étendre les lignes de crédit des promoteurs ».
