La Chine est en effet la proie d’une véritable fièvre du Net : 420 millions de chinois ont accès à la Toile – un quart du total mondial – dont près de la moitié tiennent un blog (200 millions de blogueurs !) ; sur les sites d’information, il n’est pas rare qu’une seul info suscite des centaines de milliers de commentaires. Les plus mordus, soit un million de netizens, seraient des « sauteurs de mur ». Impossible de vérifier ces chiffres. Mais il est vrai que les solutions permettant de sauter la GFW (logiciels connectant à un proxi ou un VPN) sont en vente libre à des prix très abordables sur le eBay local ; et que les champions de ce sport nouveau se trouvent chez les ados et les jeunes adultes, enragés de ne pas pouvoir accéder au Net mondial.
Le site Google de Hong Kong sur lequel sont redirigés les internautes chinois souffre d’une « censure intermittente », a déclaré aujourd’hui un responsable du groupe internet, durant une audition parlementaire.
Deux jours après la décision de Google d’arrêter de censurer le moteur de recherches Google.cn, pour en rediriger le trafic vers un serveur situé hors de Chine continentale, Alan Anderson s’est dit « bien conscient que le gouvernement chinois peut, à tout moment, bloquer l’accès à nos services – de fait nous avons déjà vu de la censure intermittente sur certaines recherches, à la fois sur Google.com.hk et sur Google.com ».
Par ailleurs, alors que les autorités chinoises ont accusé Google d’avoir trahi une « promesse écrite » prise quand il avait débuté ses services dans le pays en 2006, M. Anderson a indiqué que Google était au contraire fidèle à un engagement pris à l’époque.
La décision de Google de transférer à Hong Kong son moteur de recherches en chinois pourrait constituer un frein au développement de l’internet en Chine continentale et isoler la plus grande communauté d’internautes au monde du reste de la Toile.
Le géant américain est le seul acteur étranger présent sur le marché des moteurs de recherches en Chine et sa décision, qui laisse la place aux seules sociétés chinoises, pourrait se traduire par moins de concurrence et, par conséquent, moins d’innovation, selon certains analystes.
« C’est un pas de plus vers le +Chinternet+, c’est-à-dire l’internet chinois qui ressemble de plus en plus à un intranet », remarque Jeremy Goldkorn, responsable du site Danwei.org et analyste basé à Pékin des médias et de la Toile.
Quatre blogueurs ont été arrêtés par la police dans le sud de la Chine pour avoir propagé sur l’internet un canular au sujet de cannibales, a rapporté mercredi le Global Times.
Ils avaient diffusé de fausses photos pour faire croire qu’un corps était préparé pour être mangé par des cannibales dans un district de la province du Guangdong, selon le journal.
D’après le cabinet d’études Forrester dans moins de cinq ans, il y aura plus d’internautes en Chine qu’aux Etats-Unis.
En 2013, le nombre d’internautes dans le monde passera à 2,2 milliards contre 1,5 aujourd’hui, soit une hausse de 45%. Comptant un quart des internautes mondiaux, l’Europe se classe à la deuxième place derrière l’Asie. Aujourd’hui près d’un européen sur deux vit dans l’un des 5 pays suivants : Royaume-Uni, France, Allemagne, Espagne et Italie. La pénétration d’Internet et les taux de croissance y varient considérablement, passant de 69% au Royaume-Uni en 2008 à 49% en Italie. En 2013, les internautes au Royaume-Uni seront 48,7 millions (soit un taux de pénétration de 81%) contre 41,3 millions (69%) aujourd’hui. En Allemagne, ce nombre passera de 56,2 (68%) à 62,5 millions (76%) et en France de 37,2 (60%) à 45,9 million (73%).


