La crise a profité à la Chine. Les Etats-Unis et le Japon, deux premières puissances mondiales au 1er janvier dernier, ont considérablement pâti des effets de la décroissance. Et ce qu’ont prévu la majorité des analystes semble déjà se produire: le Produit intérieur brut (PIB) chinois aurait dépassé celui du Japon, faisant de la République populaire la seconde puissance économique planétaire devant son voisin nippon, mais encore loin derrière les États-Unis. «La Chine est déjà la deuxième économie du monde», a ainsi déclaré en fin de semaine Yi Gang, directeur de la State Administration of Foreign Exchange (Safe), en charge du contrôle des changes.
Pour sortir plus vite de la crise, le luxe mise sur la Chine
La reprise s’amorce doucement dans le luxe. Après un coup d’arrêt de la croissance en 2008 et une récession en 2009 (estimée à – 5,9 % par Eurostaf et – 7 % par le cabinet Bain & Company), le secteur semble avoir atteint les tréfonds de la crise. Après un dernier trimestre moins catastrophique que prévu, il s’apprête à relever la tête. Et à rattraper son retard, notamment grâce à l’essor fulgurant de la demande chinoise, oasis qui continue à afficher des taux de croissance à deux chiffres. « Ce n’est guère avant 2012 qu’un retour à la normale pourrait se faire jour, avec une croissance de 8 % à 10 % », précise Nicolas Boulanger, chargé du luxe chez Eurostaf. Il mise sur une sortie de crise cette année.
Dans le droit-fil de cette bien mauvaise conjoncture en 2009, le leader mondial des produits de luxe, LVMH, a annoncé, jeudi 4 février, une chute de son bénéfice net de 13 %, à 1,755 milliard d’euros, et une légère baisse de son chiffre d’affaires (- 1 %, soit 17,05 milliards d’euros) pour l’année 2009.
Les entreprises françaises observent avec fébrilité la montée en puissance de la Chine en Afrique qui risque de leur tailler des croupières sur leur ancien pré carré mais qui pourrait, aussi, leur offrir des opportunités sur le continent.
Célébrée par un récent sommet en Egypte, la « Chinafrique » n’est pas une vue de l’esprit. Armé d’inépuisables réserves de change, Pékin déverse, aujourd’hui, sur le continent 15 fois plus d’investissements qu’en 2003 afin d’étancher sa soif de matières premières et offrir des débouchés à ses entreprises.

