La machine à exporter chinoise s’est-elle remise à tourner à plein régime ? Les exportations ont bondi de près de 44 % en juin par rapport au même mois de l’année précédent. En mai, le rebond avait été de 49 %. Les surplus commerciaux (la différence entre les importations et les exportations) sont eux aussi en hausse : la Chine a enregistré en juin un excédent de 20 milliards de dollars (15,5 milliards d’euros), le plus élevé en neuf mois. En mars, la Chine avait connu un déficit. Sur le premier semestre, les excédents commerciaux devraient toutefois être inférieurs la même période en 2009.
La Chine fait état d’une hausse moins forte que prévu de sa production industrielle et ses investissements, des données qui suggèrent que la reprise de l’activité de la troisième économie mondiale n’est pas encore très solidement ancrée.
Ceci dit, cette impression de fragilité a été contrebalancée par une hausse mensuelle des exportations, par la bonne tenue des ventes au détail et par les niveaux record des importations de pétrole brut et de minerai de fer.
Pris dans leur ensemble, les indicateurs macro-économiques laissent entrevoir une croissance qui ralentit après un deuxième trimestre vigoureux, sans qu’il y ait lieu de remettre en cause l’objectif d’un PIB en hausse de 8% pour l’ensemble de l’année.
L’économie chinoise devrait rebondir mi-2009 et redémarrer pleinement en 2010, grâce au vaste plan de relance du gouvernement. Cette reprise de la troisième puissance mondiale peut-elle stimuler l’économie de la planète ? Rien n’est moins sûr.
L’éclaircie tant attendue dans la tempête qui balaie l’économie mondiale viendra-t-elle de Chine ? En effet, face à la crise, l’empire du milieu fait de la résistance. Mieux, son économie devrait rebondir dès cette année et redémarrer pleinement en 2010.
Par les temps qui courent, on se contente de peu. La Chine se satisfera donc de 6 %. La croissance chinoise a, en effet, bien ralenti durant les trois premiers mois de l’année. S’il fallait un argument pour finir d’enterrer la théorie du découplage, le directeur des prévisions économiques du Centre d’information d’Etat chinois l’a donné sans sourciller la semaine dernière. Un PIB trimestriel en hausse de seulement 6 %, voilà qui serait le taux de croissance le plus faible depuis 1992, date de la création de cet indicateur. Pour l’année en cours, le PIB chinois devrait croître de 5 à 8 %, selon les estimations. Dire que le PIB chinois a augmenté en moyenne de 9,4 % par an, entre 1998 et 2007. Cette année-là, il a même bondi de 13 %.
Ce n’est pas le seul chiffre en berne. La valeur totale des échanges commerciaux chinois (exportations et importations) a chuté de plus de 20 % en mars, en comparaison annuelle. Malgré tout, la balance commerciale chinoise n’a pas déshonoré, ses importations ayant plus chuté que ses exportations.
