Google reste en Chine pour le mobile

Google reste en Chine pour le mobile - ChinecroissanceGoogle ne compte pas renoncer au gâteau publicitaire, surtout celui de la recherche mobile…

Le beurre et l’argent du beurre. En arrêtant d’auto-censurer son moteur de recherche, Google savait que son business allait se compliquer en Chine. Mais alors que Pékin a toujours chanté le refrain «tu te plies à la loi ou tu pars», Google a tenté un coup de poker en redirigeant le trafic de google.cn vers son moteur de Hong Kong.

Objectif: rester présent sur un marché en pleine expansion. Tout en soignant son image.

En 2009, le marché chinois n’a représenté qu’une infime fraction des revenus de Google: environ 300 millions de dollars (soit 1.5% de son chiffre d’affaires). Mais le potentiel est gigantesque, avec près de 400 millions d’internautes.

Riposte de Pékin

Le tour de passe-passe n’a pas vraiment plu aux autorités chinoises, qui estiment que Google a «trahi sa parole» en arrêtant de censurer son moteur. Depuis mardi, le site google.com.hk n’est pas totalement bloqué comme YouTube mais Pékin filtre la majeure partie des résultats sensibles (politique, droits de l’homme etc).

Interrogé par 20minutes.fr mardi, Google a clairement laissé entendre que la taille des effectifs qu’il conserverait en Chine serait directement proportionnelle au trafic trafic sur google.com.hk. Reste à voir si les internautes chinois préféreront un Google filtré par les autorités ou utiliser le leader local Baidu qui pratique l’autocensure et possède 60% du marché (contre 30% à Google). Sans oublier que de nombreux internautes anglophiles (business men, expatriés) continuent d’utiliser google.com, malgré le blocage des liens –que certains contournent en utilisant un proxy ou d’autres mesures techniques.

Recherche et publicité mobile

Si Google a choisi de ne pas mettre complètement les voiles, c’est avant tout pour le marché de l’Internet mobile. Près de de 800 millions de Chinois possèdent un téléphone portable. D’ici à 2013, les experts s’attendent à voir les smart phones, permettant de surfer sur Internet, représenter plus d’un tiers du marché.

Avec son système Android, Google a réussi à s’implanter chez plusieurs opérateurs télécoms chinois. Mais il semble que Pékin ait commencé de faire pression sur ces derniers. Selon le New York Times, China Mobile serait sur le point d’annuler son partenariat avec Google qui faisait de son moteur la page par défaut de sa page d’accueil. China Unicom, lui, aurait repoussé ou annulé la sortie d’un téléphone Android.

Chaque camp se répond au coup par coup dans cette partie d’échecs. Dans une interview au Guardian, le cofondateur de Google, Sergey Brin, en a appelle au gouvernement américain et à Microsoft pour faire de la lutte contre la censure une priorité Pour l’instant, Microsoft fait la sourde oreille et estime qu’il faut jouer «selon les règles» fixées par Pékin. Ce que Google a accepté de faire pendant plus de quatre ans.

Pierre

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