Danone a accepté de céder à son partenaire les 51 % qu’il détenait dans leur coentreprise. Le montant de la cession n’a pas été révélé mais il serait, au final, proche de la valeur de Wahaha inscrite dans les comptes de Danone, soit autour de 300 millions d’euros. L’accord met fin à toutes les procédures juridiques en cours.
Le communiqué, au ton fort diplomatique, précise que la fin de ce conflit a été obtenue avec “le soutien des gouvernements chinois et français”. “Nous sommes confiants que Wahaha saura poursuivre cette réussite”, déclare Franck Riboud, le PDG de Danone. “La Chine est un pays ouvert (…). Les entreprises chinoises sont désireuses de coopérer et de croître avec les autres leaders mondiaux sur la base de relations équitables et de bénéfice réciproque”, précise pour sa part Zong Qinhou, patron de Wahaha.
Le tonitruant milliardaire, qui entretient des liens étroits avec le pouvoir, n’avait pourtant pas hésité, en plein coeur de la bataille, à faire appel au patriotisme économique.
Mi 2007, des procédures multiples avaient été engagées devant des tribunaux en Chine, en Suède et aux Etats-Unis. Danone détenait 51 % de la coentreprise, formée de 39 sociétés. Celles-ci étaient seules habilitées, en principe, à utiliser la marque et à distribuer les produits Wahaha. Mais le groupe français avait découvert l’existence de “circuits parallèles”, au travers d’usines qui ne faisaient pas partie de l’accord, mais qui écoulaient tout de même des produits sous cette marque.
Le français avait proposé de les racheter, ce qu’avait refusé Zong Quinhou. Il avait alors publiquement dénoncé le comportement “colonialiste” de Danone et ses visées “impérialistes”, puisque, depuis son mariage avec Wahaha, il avait multiplié les participations dans d’autres groupes agroalimentaires chinois.
En décembre 2007, une trêve dans les actions judiciaires avait été décidée, après une visite du président de la République Nicolas Sarkozy en Chine. Il était surtout question de trouver une solution au désengagement de Danone. En 2008, Wahaha avait affirmé que le français réclamait 1,6 milliard d’euros pour sortir de la coentreprise, et qu’il refusait de payer. Un chiffre que Danone démentait.
Désormais, Danone va poursuivre, seul, ses investissements en Chine. Hors Wahaha, ce marché arrive en quatrième position, en terme de chiffre d’affaires, après la France, l’Espagne et les Etats-Unis. Danone y est présent dans l’eau en bouteille, l’alimentation infantile, la nutrition médicale, et surtout les produits laitiers.
Sur ce secteur, il a déjà rompu ses liens avec Shanghai Bright Dairy et Mengniu Dairy. Il n’est à présent plus question de coentreprises pour Danone en Chine, où Wahaha était son dernier partenariat. Même chose en Inde, d’ailleurs, où son partenariat avec Wadia, après plusieurs années de conflit aussi, a été rompu il y a six mois.
Le groupe assure que l’aventure Wahaha restera un succès. “Sur treize ans, l’expérience est positive. Sans Wahaha, nous aurions été incapables de monter un tel business en Chine”, indique-t-on chez Danone. Reste une inconnue : un conflit d’une telle durée et d’une telle ampleur, aura-t-il terni l’image du français auprès des consommateurs ? Chez Danone, on estime que non. On en veut pour preuve la croissance continue du marché, et le lancement réussi des yaourts Bio en janvier.
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Ben oui, incroyable.
Danone lache le morceau et se retire.
Une victoire pour M. Zhong, et une partie du PCC ... (dont tout sa famille est bien placée)
Remarque ils ont qu'à placé plus d'expat, cela leur éviterait de perdre des millions avec ce genre de conflits.