La Chine vient d’annoncer sa plus faible croissance depuis ces trois dernières années alors que la demande intérieure, et notamment la consommation des ménages, peine à prendre le relais des exportations qui souffrent de la crise de la dette en Europe.
Le Produit intérieur brut (PIB) de la deuxième économie mondiale a augmenté au premier trimestre de 8,1% sur un an, ralentissant pour le cinquième trimestre consécutif. Il faut remonter au deuxième trimestre 2009, en pleine crise financière mondiale, pour trouver plus bas (7,9%).
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Pris entre l’inflation et l’essoufflement de la croissance, la Chine a estimé que le deuxième problème était le plus sérieux. La Banque centrale chinoise a annoncé une baisse de 50 points de base du ratio de réserves obligatoires des banques, pour la première fois depuis trois ans. Il passera ainsi de 21,5% à 21%. Un spectaculaire assouplissement du crédit, qui marque un tournant dans la politique de Pékin.
Les analystes s’attendaient à une telle décision, mais pas avant 2012. La Chine a surpris tout le monde. Pour le plus grand bonheur des marchés – le retournement à la hausse des places européennes, qui avaient ouvert en recul jeudi matin, a commencé avec cette annonce. Ces derniers mois, au contraire, les autorités chinoises avaient relevé à plusieurs reprises ces ratios. La priorité était à la lutte contre l’inflation, qui a atteint un pic de trois ans en juillet dernier, à 6,5%.
Les consommateurs chinois continuent toujours à faire du shopping. Même la crise et l’inflation (6,2 % en août contre 4,6 % fin 2010) ne semblent pas les toucher. Au pire la consommation est tombée à + 8,5 % fin 2010, après + 9,4 % un an plus tôt.
McKinsey vient tout juste de publier l’édition 2011 de son enquête sur le comportement des consommateurs chinois et estime qu’à ce rythme, la Chine devrait d’ici à 2020 devenir le deuxième marché mondial de biens de consommation après les Etats-Unis.
Grâce aux pays d’Asie, les investissements directs étrangers (IDE) en Chine, ont progressé de 15,9% sur les dix premiers mois de l’année et résistent au ralentissement de l’économie mondiale. Mais le gouvernement chinois reste prudent face aux difficultés en Europe et aux Etats-Unis.
Malgré le ralentissement généralisé de l’économie mondiale, la Chine reste très attractive pour les investisseurs étrangers. Le pays se prépare même à une année record. Sur les dix premiers mois de l’année, les investissements ont atteint 95 milliards de dollars, soit une hausse de 15,9% par rapport à la même période l’an dernier. Un rythme effréné qui s’est cependant légèrement ralenti, puisqu’en septembre, l’IDE avait progressé de 16,7% par rapport à septembre 2010.
Au mois d’octobre après 3 mois de stagnation, l’activité manufacturière en Chine est repartie à la hausse, selon l’indice PMI de la banque HSBC publié en début de semaine, mais les perspectives de l’industrie chinoise sont difficile à cause de la crise aux Etats-Unis et en Europe.
L’indice PMI des directeurs d’achat, calculé par HSBC, a atteint 51,1 en octobre (taux le plus élevé en cinq mois), contre 49,9 en septembre.
Un chiffre supérieur à 50 représente une expansion de l’activité manufacturière, un chiffre inférieur à 50 une contraction.
Les Chinois ont choisi de voler avec des avions français
La Chine est le premier client des avionneurs. Dassault et Airbus se taillent la part du lion.
Lors de la rencontre annuelle de l’aviation d’affaires à Las Vegas, la maîtrise des marchés a changé de main. À ce salon annuel du secteur qui se tient à Las Vegas, la chine s’affiche comme le premier donneur d’ordres aux constructeurs de jets d’affaires. Avec 1,3 milliard d’habitants, le pays compte 150 avions d’affaires, soit désormais autant que la France. Dassault Aviation y effectue plus de la moitié de ses ventes, un leadership qui appartenait autrefois au marché nord-américain devenu atone. À Las Vegas, un protocole d’accord signé avec le loueur chinois Minsheng Financial Leasing réserve vingt Falcon 7X (qui s’ajoutent à cinq déjà signés) et vingt Falcon 2000S, soit 800 millions de dollars au total. Le Falcon 7X constitue le haut de gamme de l’avionneur français, capable notamment de rallier Paris à Pékin sans escale. Tandis que le 2000S, taillé pour desservir le sous-continent chinois, a été commercialisé en formule tout compris, adaptée à des primo-accédants.
Après le rachat de la dette espagnole en décembre dernier, la Chine reste l’une des alliées des Européens.
Jia Qinglin, président de l’organe consultatif rattaché au Parlement, va se rendre en Grèce, aux Pays-Bas et en Allemagne, afin de « réitérer la confiance de la Chine dans la capacité de l’Europe à guérir le malaise financier actuel et répéter que la Chine est disposée à aider le continent endetté à relever ce défi » d’après l’agence de presse Xinhua.
Aide de Pékin
Quelques jours avant lui, Wen Jiabao avait déclaré au président de la Commission européenne José Manuel Barroso, vendredi 21 octobre, qu’« au bout du compte, la clé pour résoudre les problèmes de la dette en Europe se trouve entre les mains des pays européens eux-mêmes ». Le Premier ministre chinois avait également appelé à des réformes fondamentales du système financier européen.
La Chine pourra t’elle sauver tous les industriels européens
Nous revoilà en 2008. Étranges contrastes chez les grands industriels européens. Certains restent indétrônables, comme Pernod ou Nestlé et d’autres qui souffrent d’un malaise économique. Cependant ils sont tous d’accord pour exprimer une inquiétude, celle de la stagnation du marché européen.
Pour les entreprises qui vont bien, par exemple pour le groupe Pernod Ricard (Chivas, Jameson) les ventes ont bondi de 11%. Et ce n’est pas le seul puisque son concurrent Diageo (Johnnie Walker) a vu, lui aussi, ses ventes grimper de 9%.
La croissance est pauvre dans les pays développés. Par contre, le luxe, le festif, fait encore vendre. Mais dès qu’on descend dans l’échelle des prix, l’inquiétude est palpable. Nestlé, par exemple, voit encore ses ventes progresser de plus de 7%, mais son PDG évoque une « rupture de confiance » des consommateurs a cause de l’instabilité politique.
Les investissements directs étrangers ont grimpé environ de 20% le mois dernier. Ils sont tirés par les projets des grandes multinationales comme McDonald’s qui inaugure un restaurant par jour en Chine.
« A moyen terme, notre modèle de croissance, tiré par l’investissement, ne fléchira pas ». Le China Securities Journal, contrôlé par Pékin, était sûr de son fait et avait anticipé l’annonce d’investissements directs étrangers (IDE) en Chine très robustes pour juillet. Les chiffres officiels sont tombés ce mardi : les IDE ont bondi de 19,8% à 8,3 milliards de dollars le mois dernier, portant leur volume à 69,2 milliards de dollars pour les sept premiers de 2011 (+18,6% sur la période correspondante de 2010).
Loin derrière son rival KFC, le roi de la restauration rapide veut y ouvrir un restaurant par jour. Il profite des scandales alimentaires à répétition de la chine, et adapte légèrement ses menus aux habitudes locales.
A part les caractères chinois sur le menu, le McDonald’s de la rue Huaihai lu, rue commerçante en plein cœur de Shanghaï, pourrait ressembler à un de ces restaurants rapides de Paris ou de Londres. Mêmes photos de burgers parfaitement classés, mêmes casquettes avec le logo «M» jaune arborées par les serveurs et même agitation face au bac à frites pour gérer les commandes dans les temps. Sur le mobilier marron et écru, constamment nettoyé par une discrète armada d’employés de ménage. Le restaurant est toujours rempli, signe du succès général des enseignes de fast-food en Chine.
