Iran : les États-Unis mettent la Chine en demeure de couper ses liens économiques avec Téhéran
Washington a lancé le 20 août un ultimatum à ses alliés et à la Chine : couper tout lien économique avec l’Iran ou en subir les conséquences. Cette escalade marque un tournant dans la stratégie américaine, après six mois de guerre et une impasse militaire. La vraie inconnue est à Pékin : la Chine absorbe plus d’un quart des exportations iraniennes, et sans sa coopération, la pression économique risque de rester incomplète.
- Washington exige que la Chine et ses alliés rompent leurs liens commerciaux avec l’Iran.
- Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a menacé d’isoler économiquement tout pays qui refuserait.
- La Chine représente plus d’un quart des échanges commerciaux de l’Iran.
- Xi Jinping est attendu à Washington le 24 septembre pour une rencontre avec Trump.
Un ultimatum sans précédent de Washington
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a été direct sur X : « Tout pays qui maintiendrait un lien avec Téhéran précipiterait sa propre économie vers les oubliettes. » Sur CNBC, il a ajouté que les pays refusant de soutenir cette offensive seraient considérés comme étant « contre nous ».
Il doit tenir lundi une conférence de presse pour détailler les mesures envisagées. En attendant, le message est clair : il n’y a pas de position neutre possible.
Le vice-président J. D. Vance a confirmé ce durcissement stratégique depuis un podcast conservateur. « Ce sera une danse délicate », a-t-il admis, reconnaissant que l’Iran pourrait exercer une pression économique en retour.
- Plus d’un quart des échanges commerciaux iraniens en 2024 ont été réalisés avec la Chine.
- Six mois : la durée du conflit militaire avant ce tournant vers la pression économique.
- 40 000 milliards de dollars : le seuil de dette américaine franchi, signe des tensions budgétaires.
- 28 février : date des premières frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran.
- 24 septembre : date prévue de la visite de Xi Jinping à Washington.
- Les États-Unis imposent déjà un blocus maritime et de nombreuses sanctions à l’Iran depuis des années.
- L’Iran exporte son pétrole vers la Chine via une flotte dite « fantôme », contournant les sanctions existantes.
- Les Émirats arabes unis ont suspendu dès mardi tous leurs échanges commerciaux avec l’Iran.

La Chine au centre du bras de fer économique
Pékin est l’acteur central de cette nouvelle phase. La Chine achète massivement le pétrole iranien, contournant les sanctions américaines grâce à des routes commerciales opaques. Sans son adhésion, la « pression maximale » de Washington perd une large partie de son efficacité.
Scott Bessent a appelé la Chine à « se mettre au diapason ». La formulation semble diplomatique. Mais derrière elle se profile une injonction économique qui peut être lue comme une tentative de forcer Pékin à choisir entre ses intérêts en Iran et ses relations avec Washington.
Donald Trump est persuadé d’entretenir une relation personnelle privilégiée avec Xi Jinping. Il doit recevoir le dirigeant chinois à Washington le 24 septembre. Cette rencontre prend un relief particulier dans ce contexte : ce sera un test direct du rapport de force entre les deux superpuissances.
Pourquoi les options militaires se réduisent
L’administration Trump ne choisit pas la pression économique par conviction seule. Elle y est aussi poussée par les limites militaires et politiques du moment.
- L’armée américaine a annoncé l’arrivée d’un nouveau porte-avions au Moyen-Orient pour remplacer l’Abraham Lincoln, dont le long déploiement a suscité des inquiétudes sur les conditions de vie de l’équipage.
- L’opinion publique américaine reste hostile à une escalade militaire.
- Le Trésor américain subit une pression croissante : inflation tenace, coûts d’emprunt en hausse, dette franchissant les 40 000 milliards de dollars.
Bessent a lui-même posé une condition implicite : « Si nous appliquons une pression économique maximale, il est probable qu’il n’y ait pas de reprise d’opérations militaires à grande échelle – mais je veux souligner que c’est pour le moment. » L’option militaire n’est pas écartée, seulement mise en veille.
L’Iran résiste, Téhéran accuse Washington de terrorisme
Le ministère iranien des Affaires étrangères n’a pas tardé à répondre. Il a accusé Washington de « terrorisme économique », selon l’agence officielle Irna. Une posture attendue, mais qui souligne le durcissement des deux côtés.
L’économie iranienne est fragilisée par des décennies de sanctions internationales. La guerre intensifie encore cette pression. Mais Téhéran conserve des relais commerciaux – la Chine bien sûr, mais aussi la Turquie et la Russie, deux pays aux échanges économiques significatifs avec l’Iran.
Alliés américains : entre ralliement et réticence
Les Émirats arabes unis ont réagi rapidement. Dès mardi, Abou Dhabi a suspendu « tous les échanges commerciaux et les transactions financières » avec l’Iran. Ce signal fort montre qu’une partie des alliés régionaux entend s’aligner sur Washington.
En revanche, les alliés occidentaux restés à l’écart des opérations militaires restent dans une position ambiguë. Trump leur en garde une rancune tenace. La question est de savoir si l’instrument économique les convainquera là où l’argument militaire n’avait pas suffi.

Un rapport de force qui dépasse l’Iran
Cette campagne de pression semble dépasser le seul objectif de faire « chuter le régime » iranien – selon les mots mêmes de Bessent. Elle peut être lue comme un test de la capacité de Washington à imposer sa discipline économique à ses alliés et à ses rivaux.
Si la Chine refuse de se plier à l’ultimatum américain, cela semble indiquer une limite concrète de l’influence américaine sur les flux commerciaux mondiaux. Si elle s’y conforme, ne serait-ce que partiellement, ce serait un signal fort avant le sommet Trump-Xi du 24 septembre.
- Washington demande à la Chine et à ses alliés de rompre tout lien économique avec l’Iran.
- La Chine est la clé : elle absorbe plus d’un quart des exportations iraniennes.
- Scott Bessent a promis une pression maximale et menacé d’isoler les récalcitrants.
- Xi Jinping sera à Washington le 24 septembre, une rencontre décisive dans ce contexte.
- L’Iran accuse Washington de terrorisme économique et conserve des alliés commerciaux en Turquie et en Russie.
Septembre, le mois de tous les enjeux
La pression américaine monte d’un cran. Mais sa réussite dépend d’acteurs que Washington ne contrôle pas entièrement – en premier lieu la Chine. Les prochaines semaines, et notamment la conférence de presse de Bessent lundi et la visite de Xi en septembre, permettront de mesurer si cette stratégie peut réellement isoler Téhéran ou si elle bute sur les intérêts trop divergents des grandes puissances.
Et vous, pensez-vous que la Chine cèdera aux pressions américaines sur l’Iran ? Dites-le en commentaire.
Sources : France 24
