Geely dans l’espace : la Chine autorise le premier test satellite IoT privé de son histoire
La Chine vient d’accorder à Geespace, la filiale spatiale du géant automobile Geely, une autorisation inédite : celle de mener un essai commercial de services IoT par satellite. C’est la première fois qu’une entreprise privée chinoise obtient ce type de permis. Cette décision marque un tournant dans l’ouverture du secteur spatial commercial chinois aux capitaux privés, un domaine longtemps réservé aux acteurs d’État.
- Le ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information (MIIT) a accordé à Geespace une période d’essai de deux ans pour des services IoT par satellite.
- Geespace devient ainsi la première entreprise privée chinoise à obtenir cette autorisation.
- La filiale de Geely vise à terme une constellation de plus de 5 600 satellites.
- Le marché mondial de l’IoT par satellite devrait atteindre 3,1 milliards de dollars d’ici 2030.
Une première historique pour le secteur spatial privé chinois
Le MIIT a publié jeudi l’autorisation accordée à Zhejiang Geespace Technology. Elle porte sur une période d’essai de deux ans. Cette décision est historique : Geespace devient la première entreprise privée du pays à décrocher un tel permis pour un service IoT satellitaire commercial.
L’approbation précédente, délivrée en mai dernier, était allée à Beijing Guodian High-Tech Technology. Cette entreprise est soutenue par China Mobile, le plus grand opérateur télécom du pays, lui-même propriété de l’État. L’entrée de Geespace dans ce cercle restreint signale un changement de cap notable de la part de Pékin.
- 13,6 millions de connexions IoT satellitaires actives dans le monde en 2025, soit +20,7 % sur un an.
- 28,6 millions de connexions prévues d’ici 2030, pour un marché estimé à 3,1 milliards de dollars.
- 64 satellites lancés par Geespace en six missions entre 2022 et 2025.
- Objectif à long terme : une constellation de plus de 5 600 satellites.
- Essais menés avec des opérateurs télécoms dans plus de 20 pays.
- L’IoT par satellite connecte capteurs, véhicules et équipements via des réseaux orbitaux, avec une faible consommation d’énergie et une large couverture. Il cible les zones sans réseau terrestre comme les océans, déserts et sites isolés.
- Geespace a été fondée en 2018 comme filiale spatiale commerciale de Geely, le constructeur automobile qui possède également Volvo Cars.
- Le marché mondial de l’IoT satellitaire est dominé par des acteurs établis comme l’américain Iridium Communications, qui exploite une constellation de 66 satellites.

L’IoT par satellite : une technologie différente du haut débit orbital
Il faut distinguer l’IoT satellitaire des constellations haut débit comme Starlink de SpaceX ou le système chinois Qianfan. Ces derniers visent à fournir une connexion internet rapide. L’IoT par satellite, lui, privilégie des connexions fiables et à faible consommation pour un très grand nombre d’appareils.
Les secteurs ciblés par Geespace reflètent bien cette logique. L’autorisation du MIIT couvre le transport intelligent, la pêche maritime, l’énergie et les infrastructures hydrauliques. Ces domaines impliquent des équipements dispersés, souvent dans des zones sans couverture réseau terrestre.
Dans son communiqué, le MIIT a présenté l’IoT satellitaire comme un complément important aux services satellitaires haut débit. Le ministère a précisé que cet essai devrait faciliter une plus large participation du secteur privé au développement spatial commercial chinois.
Geespace construit son réseau orbital à grande vitesse
Fondée en 2018, Geespace a lancé 64 satellites en six missions entre 2022 et 2025. Ce déploiement constitue la première phase de son réseau orbital. Le PDG de l’entreprise, Wang Yang, a déclaré en 2024 viser une constellation finale de plus de 5 600 satellites.
Ce niveau d’ambition place Geespace parmi les acteurs les plus actifs du spatial commercial chinois. L’entreprise appartient à un groupe en pleine expansion. Geely est connu pour ses véhicules électriques et sa détention de Volvo Cars, mais il a aussi investi massivement dans les technologies de mobilité connectée.
Une expansion internationale qui l’amène à affronter Iridium
Geespace ne se limite pas au marché intérieur. L’entreprise a déjà conduit des essais avec des opérateurs télécom dans plus de 20 pays. Ces marchés couvrent le Moyen-Orient, l’Afrique, l’Asie du Sud-Est, l’Asie centrale, l’Asie du Sud et l’Amérique latine.
Cette stratégie l’amène à concurrencer directement Iridium Communications. Cet opérateur américain, coté en Bourse et basé à McLean en Virginie, exploite une constellation de 66 satellites depuis des décennies. Il fournit des services voix, données et IoT aux secteurs maritime, aéronautique et gouvernemental.
La confrontation entre Geespace et Iridium peut être lue comme le reflet d’un rapport de force plus large entre les industries spatiales américaine et chinoise. Le marché mondial de l’IoT satellitaire reste encore limité mais sa croissance est soutenue. La firme d’études ABI Research comptabilisait 13,6 millions de connexions actives en 2025, soit une hausse de 20,7 % sur un an. Ce chiffre devrait plus que doubler d’ici 2030, pour atteindre 28,6 millions de connexions et générer environ 3,1 milliards de dollars.
Pékin accélère l’ouverture du spatial aux capitaux privés
La décision du MIIT s’inscrit dans une tendance plus large. La Chine cherche à stimuler son secteur spatial commercial en y associant davantage d’investissements privés. Jusqu’ici, ce domaine était largement dominé par des entités publiques.
L’octroi du permis à Geespace envoie un signal clair aux investisseurs et aux entreprises privées. Pékin semble prêt à leur accorder un rôle croissant dans l’infrastructure spatiale nationale. Cette ouverture contrôlée permet aussi à la Chine de multiplier les acteurs capables de rivaliser sur la scène internationale.
Pour Geespace, cette autorisation représente bien plus qu’un simple test technologique. Elle lui ouvre la voie à une commercialisation à grande échelle de ses services IoT, en Chine d’abord, puis sur les marchés émergents où elle est déjà présente.
- Geespace est la première entreprise privée chinoise autorisée à tester des services IoT par satellite à des fins commerciales.
- Le MIIT accorde un essai de deux ans couvrant transport, énergie, pêche et infrastructures hydrauliques.
- Geespace vise une constellation de plus de 5 600 satellites et est déjà présent dans plus de 20 pays.
- Le marché mondial de l’IoT satellitaire pourrait atteindre 3,1 milliards de dollars d’ici 2030.
- Cette décision signale une ouverture progressive et stratégique du spatial chinois aux acteurs privés.

Un acteur privé qui change la donne dans la course spatiale
Avec cet essai autorisé par Pékin, Geespace franchit une étape symbolique autant que commerciale. La Chine ne réserve plus son espace orbital aux seuls opérateurs publics. Les entreprises privées comme Geespace deviennent des leviers de compétitivité internationale, dans un marché IoT satellitaire qui n’en est qu’à ses débuts.
Pensez-vous que des acteurs privés chinois comme Geespace peuvent réellement challenger des opérateurs établis comme Iridium sur les marchés internationaux ? Donnez-nous votre avis en commentaire.
Sources : South China Morning Post
