Superman, le robot chinois plus rapide qu’Usain Bolt : l’enjeu caché derrière la vitesse
Un robot humanoïde chinois baptisé Superman a atteint une pointe de 12,6 mètres par seconde, soit plus de 45 km/h. C’est légèrement plus vite qu’Usain Bolt, recordman du monde du 100 mètres. Cette prouesse technique, réalisée quelques jours avant les deuxièmes jeux mondiaux des robots humanoïdes à Pékin, n’est pas qu’un exploit sportif. Elle révèle un rapport de force technologique et stratégique entre la Chine et les États-Unis qui prend de l’ampleur.
- Le robot Superman, sans tête, court à 12,6 m/s et saute à 2 mètres de haut sans élan.
- Les deuxièmes jeux mondiaux des robots humanoïdes réunissent 666 équipes de 16 pays à Pékin.
- Son fabricant Unitree vient d’entrer en bourse à Shanghai avec une hausse de plus de 460 %.
- Les États-Unis ont interdit l’importation de robots humanoïdes de sociétés chinoises classées militaires.
Un robot qui dépasse les limites humaines
Superman ne ressemble pas à un athlète. Il n’a pas de tête. Ses mouvements restent parfois hésitants. Lors d’un entraînement récent, il a mal négocié un virage et effrayé un spectateur en bord de piste.
Pourtant, ses performances sont difficiles à ignorer. À 12,6 mètres par seconde, il court plus vite qu’Usain Bolt, dont le record du monde est de 10,44 m/s en pointe. Superman saute aussi à 2 mètres de haut sans élan. Ces deux capacités combinées en font une démonstration de puissance mécanique sans précédent pour un robot bipède.
- 12,6 m/s : vitesse de pointe du robot Superman, soit plus de 45 km/h
- 2 mètres : hauteur de saut sans élan
- 666 équipes de 16 pays participent aux deuxièmes jeux mondiaux des robots humanoïdes
- Plus de 2 000 robots engagés dans la compétition à Pékin
- +460 % : hausse du titre Unitree lors de son entrée en bourse à Shanghai
- Les jeux mondiaux des robots humanoïdes se tiennent à Pékin depuis 2024. L’édition 2025 est la deuxième du genre.
- La Chine a lancé un plan national sur dix ans pour développer les technologies liées aux robots humanoïdes, avec des investissements massifs à la clé.
- Les États-Unis ont récemment interdit l’importation de robots humanoïdes produits par des entreprises chinoises classées comme liées à l’armée.

Unitree, la vitrine industrielle derrière l’exploit
Superman est fabriqué par Unitree, une entreprise spécialisée dans les robots humanoïdes. Son entrée en bourse à Shanghai a provoqué une hausse de plus de 460 % de son titre. Ce chiffre semble indiquer une confiance des investisseurs dans le potentiel industriel du secteur en Chine.
Unitree n’est pas un cas isolé. La Chine mise depuis plusieurs années sur cette technologie comme secteur stratégique. Olivier Stasse, directeur de recherche sur les robots humanoïdes au CNRS, l’explique clairement : la Chine a déployé un plan de dix ans avec des ressources financières sans contraintes. Résultat : les entreprises chinoises avancent vite, très vite.
Un plan national qui change la donne
Le secteur des robots humanoïdes n’est pas né en Chine par hasard. Il est le produit d’une volonté politique affichée. L’État chinois a identifié les robots humanoïdes comme une technologie de rupture et y a injecté des fonds publics considérables.
Cette approche contraste avec les modèles occidentaux, où le financement reste davantage privé et fragmenté. En Chine, la combinaison de capitaux publics et d’une industrie manufacturière mature crée un avantage compétitif difficile à rattraper à court terme.
- Un plan de développement décennal couvre l’ensemble de la filière.
- Les investissements publics et privés se combinent pour accélérer les cycles de recherche.
- Les entreprises chinoises bénéficient d’un accès prioritaire aux marchés locaux pour tester leurs produits.
Les jeux mondiaux, une compétition qui dépasse le sport
À partir de samedi, 666 équipes venues de 16 pays font concourir plus de 2 000 robots humanoïdes à Pékin. L’événement est la deuxième édition des jeux mondiaux dédiés à ce type de machine. Il ressemble à une compétition sportive. Il fonctionne surtout comme une vitrine technologique mondiale.
Chaque épreuve met en scène des capacités qui intéressent bien au-delà du sport : agilité, équilibre, coordination, vitesse. Ces performances peuvent être lues comme des indicateurs du niveau technologique atteint par chaque pays participant.
La réponse américaine : l’interdiction comme arme
Devant l’avance chinoise, les États-Unis ont choisi la voie de la restriction. Washington a interdit l’importation de robots humanoïdes fabriqués par des entreprises chinoises classées comme liées à l’armée. Cette décision semble indiquer que les robots humanoïdes ne sont plus seulement perçus comme des produits commerciaux.
Ils deviennent des enjeux de sécurité nationale. La frontière entre robot civil et technologie militaire se brouille. Les gouvernements en ont conscience, et les politiques industrielles s’ajustent en conséquence.

Entre performance et fragilité : où en est vraiment la technologie ?
Superman court vite. Mais il trébuche dans les virages. Cette contradiction résume bien l’état du secteur : des capacités impressionnantes, mais encore loin d’une fiabilité opérationnelle totale.
Les mouvements restent parfois « patauds », pour reprendre le mot des spécialistes. La coordination fine, l’adaptation à des environnements imprévus, l’autonomie décisionnelle : autant de défis que la vitesse seule ne résout pas. L’exploit de Superman montre jusqu’où la mécanique peut aller. Il ne dit pas encore ce que ces robots seront capables de faire dans des conditions réelles.
- Superman atteint 12,6 m/s, battant la vitesse de pointe d’Usain Bolt.
- Son fabricant Unitree a vu son titre bondir de 460 % à la bourse de Shanghai.
- La Chine dispose d’un plan national décennal pour dominer ce secteur.
- Les États-Unis ont riposté en interdisant l’importation de ces robots chinois.
- La compétition technologique dépasse largement le cadre sportif des jeux mondiaux.
La course aux robots : un tournant industriel et géopolitique
Superman n’est pas qu’un robot qui court vite. Il incarne une ambition industrielle, une stratégie d’État et une nouvelle ligne de fracture entre grandes puissances technologiques. Les jeux mondiaux de Pékin servent de décor. L’enjeu réel se joue dans les laboratoires, les bourses et les ministères. La Chine a pris de l’avance. Les autres pays répondent. Le secteur n’en est qu’à ses débuts.
Et vous, pensez-vous que les robots humanoïdes changeront vraiment notre quotidien dans les dix prochaines années ? Partagez votre avis en commentaire.
Sources : France Info
