Chine-ASEAN : un consortium pour accélérer la formation aux véhicules électriques en Asie du Sud-Est
Un nouveau consortium dédié à la formation de talents hautement qualifiés dans le secteur des véhicules électriques a été lancé à Bangkok (Thaïlande). Soutenu par des partenaires de Chine et d’Asie du Sud-Est, il vise à structurer des programmes communs, des standards de compétences partagés et des coopérations durables pour la mobilité verte et les technologies intelligentes. Cette initiative intervient alors que la Chine accélère ses ventes et ses exportations de véhicules électriques, et que les pays de l’ASEAN renforcent leur rôle industriel.
Au-delà de l’annonce, l’enjeu est stratégique : faire de la formation et de la standardisation des compétences un levier de compétitivité régionale, capable d’accompagner l’essor des plateformes électriques, des systèmes intelligents et des chaînes de valeur bas carbone.
Un consortium Chine-ASEAN pour les talents des véhicules électriques
Le consortium a été présenté lors de la session thaïlandaise du World New Energy Vehicle Congress, ouverte à Bangkok. Il réunit des constructeurs et équipementiers de l’écosystème NEV, des agences publiques, des associations professionnelles et des établissements d’enseignement professionnel de Chine et de plusieurs pays d’Asie du Sud-Est. Plus de cent représentants venus de Chine, de Thaïlande, du Vietnam et de Malaisie ont participé au lancement.
La plateforme propose des programmes de formation conjoints et des accords de coopération, avec un accent sur l’énergie intelligente, la mobilité intelligente et les technologies vertes. Elle est soutenue notamment par l’Association chinoise pour la science et la technologie, le Comité national de pilotage de l’enseignement professionnel automobile et la Société chinoise des ingénieurs de l’automobile.
- 12,81 millions : ventes au détail de NEV en Chine l’an dernier, soit +17,6 % sur un an.
- 2,04 millions : exportations de NEV des marques chinoises, en hausse de 139 %.
- 49,5 % : part des modèles NEV dans les exportations totales des marques chinoises.
- 100+ : représentants de Chine, Thaïlande, Vietnam et Malaisie présents au lancement à Bangkok.
- L’industrie automobile mondiale bascule vers l’électrification, les systèmes intelligents et la décarbonation.
- Les écarts de certifications et de référentiels de compétences freinent la mobilité des talents entre pays.
- La Thaïlande s’impose comme hub industriel automobile de l’ASEAN et marché clé pour les NEV.
- Le partenariat stratégique global Chine-ASEAN fête son cinquième anniversaire (année de référence indiquée dans la source).

Pourquoi la formation devient l’avantage compétitif clé
Pour les acteurs du secteur, la transformation vers l’électrique et l’intelligent ne dépend pas seulement d’investissements industriels. Elle repose d’abord sur des compétences actualisées, transversales et internationales : électronique de puissance, gestion de batteries, logiciels embarqués, cybersécurité, systèmes d’aide à la conduite, maintenance haute tension, mais aussi management de projets globaux.
Les responsables scientifiques et industriels chinois soulignent que cette mutation est tirée par le capital humain. La plateforme Chine-ASEAN doit ainsi favoriser l’innovation coordonnée, la co-élaboration de contenus pédagogiques et l’élévation de la qualité des formations professionnelles, avec une vision commune de la mobilité bas carbone.
Standardiser les compétences, faciliter la mobilité régionale
Un frein majeur demeure : la fragmentation des systèmes de certifications, combinée aux différences culturelles et réglementaires. Les comités d’enseignement professionnel appellent à développer des standards de compétences automobiles et des cadres d’enseignement adaptés aux besoins industriels de chaque pays de l’ASEAN, tout en instaurant une reconnaissance mutuelle des certifications.
Un tel alignement faciliterait la circulation des techniciens, ingénieurs et formateurs, accélérant les transferts de savoir-faire et la montée en gamme des usines et des services après-vente. Il créerait également un langage commun entre entreprises, écoles et autorités, pour gagner en efficacité sur toute la chaîne de valeur, de la R&D à la production et à la maintenance.
Thaïlande, hub industriel et vitrine de coopération
La Thaïlande est aujourd’hui un pivot régional de la fabrication automobile et un marché dynamique pour les NEV. Elle attire des investissements chinois et sert de modèle pour des dispositifs de formation alignés sur les dernières tendances technologiques. Pour les autorités éducatives thaïlandaises, la coopération avec la Chine peut accélérer la mise en place d’un système de formation en phase avec les innovations de l’électromobilité.
Dans ce cadre, les partenariats école-entreprise, les ateliers techniques partagés et les parcours professionnalisants peuvent contribuer à rapprocher les besoins immédiats des usines et l’offre de compétences, avec des retombées positives sur l’emploi et la compétitivité régionale.
Un marché en plein essor porté par la Chine
La dynamique de la Chine sur les véhicules électriques donne l’échelle : les ventes au détail ont atteint environ 12,81 millions d’unités l’an dernier (+17,6 %). Côté international, les exportations des marques chinoises ont bondi à environ 2,04 millions de véhicules, en hausse de 139 %, et près de la moitié des exportations de ces marques concernent désormais des modèles NEV (49,5 %).
Ces chiffres expliquent la volonté de consolider des bassins de compétences autour des principaux marchés et bases de production régionales. Pour l’ASEAN, se brancher sur ce mouvement signifie capter des investissements, des transferts de technologies et des emplois qualifiés, tout en accélérant la transition énergétique des transports.

Ce que les entreprises et écoles peuvent attendre
Le consortium ouvre la voie à des programmes conjoints : co-conception de modules techniques, échanges de formateurs, périodes d’immersion en usine, ateliers sur les nouveaux référentiels de compétences, pratiques partagées de sécurité haute tension. Les accords de coopération annoncés posent un cadre pour harmoniser contenus, évaluation et progression des apprenants, afin d’accélérer leur insertion dans les sites de production, les services et l’ingénierie.
En renforçant l’interopérabilité des compétences, les entreprises gagnent en flexibilité de recrutement et en qualité opérationnelle, tandis que les établissements d’enseignement améliorent l’adéquation de leurs cursus avec les besoins du marché. Au final, l’écosystème s’organise autour d’une colonne vertébrale commune : la compétence certifiée.
Les défis à surmonter pour ancrer la coopération
La réussite passera par un travail patient d’alignement réglementaire, d’assurance qualité et de gouvernance partagée. Les différences de pratiques pédagogiques, les niveaux d’équipement des ateliers, la maîtrise linguistique et l’actualisation continue des contenus (au rythme de l’innovation NEV) devront être traités avec méthode.
Le dialogue régulier entre associations professionnelles, autorités éducatives et leaders industriels sera indispensable pour faire vivre les standards, assurer leur reconnaissance et mesurer les résultats sur l’emploi et la productivité.
- Un consortium Chine-ASEAN est lancé pour accélérer la formation et la standardisation des compétences NEV.
- Objectif : des programmes conjoints, des référentiels communs et une reconnaissance mutuelle des certifications.
- La Thaïlande joue un rôle de hub industriel et de laboratoire de coopération.
- La vigueur du marché chinois (12,81 millions de ventes, +17,6 %) tire la demande régionale en talents.
La suite à surveiller
Selon vous, quelles priorités de formation devraient être mises en avant pour accélérer l’électromobilité en Asie du Sud-Est ? Partagez vos idées et retours d’expérience en commentaire.
Sources : ECNS
