Xiaomi augmente les prix de ses smartphones : la penurie de memoire frappe la Chine
Xiaomi va relever les tarifs de trois smartphones d’environ 200 yuans (US$29), invoquant une flambée du prix des composants, notamment les puces mémoire. La décision s’inscrit dans une vague de hausses chez les fabricants chinois, alors que la demande liée à l’intelligence artificielle met la chaîne d’approvisionnement sous pression et renchérit les coûts des semi-conducteurs.
Des hausses immédiates chez Xiaomi, après Oppo, Vivo et Honor
Les nouveaux tarifs s’appliqueront dès samedi prochain sur trois modèles. Xiaomi emboîte ainsi le pas à Oppo, Vivo et Honor, qui ont relevé leurs prix dès mars. L’entreprise justifie cette décision par des « augmentations continues et fortes » des composants, la mémoire en tête.
Lu Weibing, président de l’activité smartphone de Xiaomi, indique que les prix de la mémoire ont quasi quadruplé par rapport à l’an dernier pour des configurations comparables. Ce dérapage dépasse les anticipations initiales et pousse les constructeurs à revoir leurs prix pour protéger leurs marges.
- Hausse chez Xiaomi : environ 200 yuans (US$29) sur trois modèles
- Prix de la mémoire : jusqu’à 4 fois plus élevés qu’il y a un an
- DRAM (Q2 2026) : +58 % à +63 % sur les prix contractuels, selon TrendForce
- NAND flash (Q2 2026) : +70 % à +75 %, portée par l’IA et les data centers
- La demande en IA mobilise les capacités industrielles de mémoire et réduit l’offre disponible pour l’électronique grand public
- Les fabricants de puces ne peuvent pas accélérer leur production aussi vite que la demande progresse
- Les coûts amont grimpent : produits chimiques, métaux, énergie et fret, dans un climat géopolitique tendu
- La hausse des composants touche l’ensemble des smartphones et des PCs

Pourquoi la mémoire flambe : l’effet IA et des capacités saturées
Les lignes de production sont de plus en plus orientées vers des usages à forte intensité mémoire – IA et centres de données en premier lieu. Les fondeurs n’ont pas pu élargir l’offre au même rythme. Ce déséquilibre alimente une spirale haussière qui se répercute sur l’électronique grand public.
Concrètement, les contrats mémoire sont renégociés à la hausse et les volumes alloués aux assembleurs de smartphones se font plus rares. Résultat : les coûts de revient grimpent, et la répercussion en rayon devient inévitable.
Un effet domino sur l’électronique grand public
Au-delà des téléphones, la hausse des mémoires touche aussi les PCs. Les fabricants ne peuvent pas absorber indéfiniment ces surcoûts, d’où des ajustements de prix en cascade. En Chine, le mouvement est déjà bien engagé : après Oppo, Vivo et Honor en mars, Xiaomi acte à son tour la hausse.
Cela dit beaucoup sur la place qu’a pris la mémoire dans la structure de coût des terminaux. Quand elle se renchérit aussi brutalement, les marges s’effritent et la répercussion sur les prix de vente devient difficile à éviter.
Pressions amont : chimie, métaux, énergie et fret en hausse
La mémoire n’est pas le seul facteur. L’ensemble du secteur des semi-conducteurs voit ses coûts progresser : produits chimiques pour la gravure, métaux critiques, énergie pour les salles blanches, fret. Les tensions géopolitiques compliquent les flux d’approvisionnement et ajoutent une prime de risque sur de nombreux intrants.
Cette accumulation de pressions explique aussi pourquoi d’autres types de puces – circuits analogiques et dispositifs de puissance notamment – connaissent à leur tour des hausses de prix.
Cap sur 2026 : DRAM et NAND en forte hausse
Les perspectives restent tendues. D’après TrendForce, les prix contractuels de la DRAM devraient bondir de 58 % à 63 % au deuxième trimestre (Q2 2026). La NAND flash suivrait une trajectoire encore plus marquée, avec +70 % à +75 %. La demande venue de l’IA et des data centers en est le principal moteur.
Si ces projections se confirment, les assembleurs d’appareils grand public devront composer avec un coût mémoire structurellement élevé dans les mois à venir. Les hausses récentes sur les smartphones pourraient alors s’installer dans la durée.

Ce que cela change pour les fabricants et les acheteurs
Pour les fabricants, la réponse immédiate est l’ajustement tarifaire, comme le montre l’annonce de Xiaomi. Dans un marché aussi concurrentiel que la Chine, ces hausses s’échelonnent et s’alignent progressivement entre acteurs – façon de préserver les équilibres économiques sans prendre le risque de se démarquer seul.
Côté consommateurs, la question est de savoir si ces hausses vont peser sur les cycles d’achat. Pour l’heure, tout dépendra de l’évolution des prix de la DRAM et de la NAND, qui restent les principaux postes de coût d’un smartphone moderne.
- Xiaomi relève de 200 yuans (US$29) le prix de trois smartphones, après Oppo, Vivo et Honor
- La flambée de la mémoire – jusqu’à x4 en un an – force des ajustements rapides
- La demande en IA et data centers capte les capacités et pousse la DRAM et la NAND à la hausse
- TrendForce anticipe en Q2 2026 : DRAM +58 % à +63 %, NAND +70 % à +75 %
Une dynamique portée par l’IA qui pourrait durer
Tout dépend désormais de la capacité des fabricants à élargir l’offre et à stabiliser les coûts amont, dans un contexte où la demande liée à l’IA ne montre pas de signes de ralentissement. Le signal envoyé par Xiaomi est clair : le marché chinois s’adapte à un nouveau régime de coûts mémoire, et les consommateurs commencent à en payer la facture.
Et vous, comment percevez-vous ces hausses de prix et leur impact sur vos futurs achats de smartphones en Chine ? Partagez votre avis dans les commentaires.
Sources : South China Morning Post
