Foxconn, BYD : les entreprises chinoises cotées franchissent un record historique à l’international

Foxconn, BYD : les entreprises chinoises cotées franchissent un record historique à l’international

Les entreprises chinoises cotées en bourse ont atteint un seuil jamais atteint : leurs revenus à l’étranger ont frôlé 12 400 milliards de yuans en 2025, soit environ 1 800 milliards de dollars. Ce chiffre représente désormais près de 17 % de leurs revenus totaux. Derrière ce record se dessine une transformation profonde de l’économie chinoise, portée par des géants comme Foxconn et BYD qui ont réussi à ancrer leurs opérations dans plusieurs continents.

En bref

  • Les revenus étrangers des entreprises cotées sur les marchés A atteignent un record historique en 2025.
  • Foxconn, BYD et PetroChina figurent parmi les plus gros exportateurs de revenus offshore.
  • BYD enregistre une hausse de 270 % de nouvelles immatriculations en Europe.

Un record historique pour les entreprises chinoises cotées

Les données publiées par le Securities Times, quotidien soutenu par l’État chinois, sont sans ambiguïté. Les sociétés inscrites sur les marchés A – c’est-à-dire les bourses de Shanghai et Shenzhen – ont généré collectivement près de 12 400 milliards de yuans de revenus à l’étranger en 2025. C’est un niveau jamais atteint.

Plus significatif encore : la part des revenus étrangers dans le total des recettes de ces entreprises atteint 17 %. Ce double record illustre une internationalisation qui ne se limite plus aux seules exportations de marchandises. Plusieurs de ces groupes ont désormais des usines, des partenaires et des bases commerciales sur plusieurs continents.

Chiffres clés

  • 12 400 milliards de yuans (environ 1 800 Mds $) : revenus étrangers des entreprises cotées A en 2025.
  • 17 % : part des revenus offshore dans le total des recettes – un record absolu.
  • 270 % : hausse des nouvelles immatriculations de BYD en Europe en 2025.
  • 56 % : part des revenus de FII (Foxconn) générés depuis ses usines chinoises.
  • 168 millions de barils : production pétrolière de PetroChina sur des marchés étrangers en 2025.
Contexte

  • Les marchés A désignent les actions libellées en yuan cotées à Shanghai et Shenzhen, accessibles principalement aux investisseurs chinois et institutionnels étrangers agréés.
  • BYD est à la fois fabricant de véhicules électriques et assembleur d’appareils électroniques comme l’iPad d’Apple.
  • Foxconn Industrial Internet (FII) est la filiale cotée à Shanghai du groupe taïwanais Foxconn, l’un des plus grands sous-traitants électroniques au monde.
Port d'exportation chinois avec conteneurs et grues
Les exportations chinoises atteignent des niveaux records, portées par l’électronique et l’automobile. (image générée avec IA Gemini)

PetroChina en tête, mais les industriels font la course

Au sommet du classement des exportateurs de revenus figure PetroChina, la branche cotée du groupe public China National Petroleum Corporation. Sa production pétrolière sur des marchés étrangers a progressé de 1,8 % pour atteindre près de 168 millions de barils en 2025. Une performance solide, mais prévisible pour le premier producteur pétrolier chinois.

Plus révélatrices sont les positions suivantes. Foxconn Industrial Internet (FII), BYD et Luxshare Precision Industry occupent les trois rangs immédiatement après PetroChina. Ces trois industriels – électronique et automobile – symbolisent la montée en puissance de la Chine dans les chaînes de valeur mondiales à haute valeur ajoutée.

Foxconn : le Mexique comme deuxième pilier

FII a publié des résultats annuels 2025 en forte hausse. La société génère encore 56 % de ses revenus depuis ses usines continentales chinoises. Mais un tiers de ses revenus provient désormais de son site mexicain. Ce positionnement au Mexique n’est pas anodin : il permet à Foxconn de servir le marché nord-américain tout en contournant les droits de douane américains sur les produits chinois.

Au premier trimestre 2026, FII a affiché une croissance de 57 % de ses revenus globaux. Un bond impressionnant, même si la société n’a pas détaillé la répartition géographique de ces chiffres trimestriels.

BYD : la percée européenne comme signal fort

BYD présente un profil plus complexe. Le groupe shenzhenois est simultanément un géant des véhicules électriques et un assembleur de produits électroniques grand public. L’assemblage d’appareils comme l’iPad d’Apple représente près de 20 % de ses revenus totaux en 2025.

Sur le front automobile, BYD a identifié la Thaïlande, Singapour et le Brésil comme marchés dynamiques en volume. Mais c’est en Europe que la progression est la plus spectaculaire : les nouvelles immatriculations de véhicules BYD y ont bondi de près de 270 % en 2025.

Cette percée européenne peut être lue comme une validation de la stratégie de montée en gamme du constructeur. Le marché européen est exigeant, concurrentiel et très regardant sur les normes de sécurité et d’émissions. Y progresser aussi vite renforce l’hypothèse que BYD n’est plus seulement compétitif sur les prix, mais aussi sur la qualité perçue.

Au premier trimestre 2026, BYD a toutefois enregistré une baisse de 12 % de ses revenus globaux. Là encore, sans ventilation géographique dans les résultats trimestriels, difficile d’isoler la dynamique propre à chaque marché.

Une internationalisation qui change de nature

Ce qui distingue ce record des simples hausses d’exportations passées, c’est la nature de l’internationalisation en jeu. Ces groupes ne se contentent plus d’expédier des produits depuis la Chine. Ils implantent des usines, recrutent localement et s’adaptent aux réglementations de chaque marché.

FII au Mexique en est l’exemple le plus concret. BYD multiplie aussi les projets d’usines à l’étranger, notamment en Hongrie et en Turquie. Cette logique de localisation répond à plusieurs impératifs :

  • Contourner les barrières tarifaires, notamment américaines et européennes.
  • Réduire la dépendance à la chaîne logistique chinoise.
  • S’imposer comme acteurs locaux, pas seulement comme exportateurs étrangers.
Véhicule électrique BYD dans une rue européenne
BYD multiplie ses immatriculations en Europe, avec une hausse de 270 % en 2025. (image générée avec IA Gemini)

Un premier trimestre 2026 qui tempère l’enthousiasme

Les résultats du premier trimestre 2026 invitent à nuancer le tableau. BYD affiche un recul de 12 % de ses revenus globaux sur la période. FII, à l’inverse, bondit de 57 %. Les trajectoires divergent, et les causes restent difficiles à isoler sans détail géographique.

Cette absence de ventilation trimestrielle par zone géographique est elle-même un signal. Elle limite la visibilité des investisseurs sur la résilience réelle de chaque marché. Les résultats annuels 2025, eux, restent le repère le plus solide disponible.

Ce qu’il faut retenir

  • Les entreprises cotées chinoises ont généré 1 800 Mds $ de revenus étrangers en 2025, un record absolu.
  • Foxconn et BYD mènent une internationalisation par implantation locale, pas seulement par exportation.
  • BYD a vu ses immatriculations en Europe progresser de 270 % en un an.
  • Le premier trimestre 2026 montre des trajectoires divergentes entre FII (+57 %) et BYD (-12 %).
  • L’absence de ventilation géographique trimestrielle réduit la lisibilité des performances à court terme.

L’ancrage mondial des groupes chinois devient structurel

Le record de 2025 ne tient pas du hasard. Il reflète des années d’investissements, de négociations et d’adaptation aux marchés locaux. PetroChina, FII, BYD et Luxshare incarnent des stratégies très différentes, mais convergent vers le même résultat : réduire leur dépendance au seul marché intérieur chinois. À mesure que les tensions commerciales avec les États-Unis et l’Europe s’intensifient, cette diversification géographique semble de moins en moins optionnelle pour les grands groupes chinois.

Et vous, pensez-vous que cette percée des entreprises chinoises à l’international va se poursuivre malgré les pressions tarifaires ? Partagez votre analyse en commentaire.

Sources : South China Morning Post

(Les illustrations de cet article ont été générées avec Gemini)
Quel est le montant record des revenus étrangers des entreprises chinoises cotées en 2025 ?
Les entreprises cotées sur les marchés A chinois ont généré près de 12 400 milliards de yuans, soit environ 1 800 milliards de dollars, de revenus à l’étranger en 2025. Ces deux chiffres – en valeur absolue et en proportion du total des revenus (17 %) – représentent des niveaux historiques jamais atteints.
Pourquoi BYD est-il considéré comme l'un des grands exportateurs chinois ?
BYD combine deux activités à forte dimension internationale : la fabrication de véhicules électriques, vendus notamment en Thaïlande, Singapour, Brésil et en Europe, et l’assemblage d’appareils électroniques comme l’iPad d’Apple. Cette seconde activité représente près de 20 % de ses revenus totaux en 2025. Ses immatriculations en Europe ont bondi de 270 % sur l’année.
Comment Foxconn (FII) organise-t-il ses revenus à l'international ?
Foxconn Industrial Internet (FII), la filiale cotée à Shanghai du groupe taïwanais Foxconn, génère 56 % de ses revenus depuis ses usines chinoises. Un tiers provient de son usine mexicaine, qui lui permet de servir le marché nord-américain tout en limitant l’exposition aux droits de douane américains sur les produits fabriqués en Chine.
Pourquoi les résultats du premier trimestre 2026 sont-ils difficiles à interpréter ?
Au premier trimestre 2026, FII affiche une hausse de 57 % de ses revenus globaux, tandis que BYD enregistre une baisse de 12 %. Mais ni l’une ni l’autre des deux sociétés n’a fourni de ventilation géographique pour ces chiffres trimestriels, contrairement aux rapports annuels. Il est donc impossible d’identifier précisément quels marchés ont tiré ou pesé sur ces performances.

Pierre Woo

Je m'appelle Pierre, diplômé d'un MBA en affaires internationales. Je suis passionné par la Chine. J'ai étudié et travaillé dans l'empire du milieu pendant plusieurs années. Cette expérience a non seulement approfondi ma compréhension de la Chine moderne, mais elle m'a aussi permis de saisir les nuances complexes de son économie en rapide évolution.

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