La Chine prend des précautions sur la crise immobilière

Pas de prêt pour un troisième appartement
Les industries qui profitent du boom immobilier sont aussi visées. Les banques chinoises devront ainsi mener des tests sur leur exposition aux secteurs de l’acier, du ciment, des équipements de construction et de l’électro-ménager, selon les informations de l’agence Bloomberg. Pékin reste discret sur ces tests, qui ont commencé le mois dernier, mais n’ont été révélés que cette semaine.
Les craintes du gouvernement central ne sont pas nouvelles. En avril, il émettait une série de mesures visant à restreindre l’engouement des investisseurs pour les nouvelles constructions – les prix avaient flambé en début d’année. Cette semaine, le ministère du Logement et du Développement urbain et rural a, par ailleurs, précisé qu’il ne reviendrait pas sur ces restrictions tant que la croissance des prix du secteur et celle des achats n’avaient pas retrouvé des niveaux «raisonnables». Il a même durci un peu plus encore les conditions d’accès au crédit. Le régulateur chinois a ainsi demandé aux banques de ne plus faire de prêts hypothécaires aux personnes achetant un troisième logement. Les banques devront par ailleurs demander à leurs clients un acompte de 60% lorsqu’ils acquerront une résidence secondaire et auront l’obligation de proposer des taux d’intérêt beaucoup plus élevés que ceux fixés par la banque centrale.
Au printemps, des tests de stress ont déjà été menés, montrant que les banques chinoises pourraient bien résister à une baisse des prix de l’immobilier de 30%. Le taux des créances douteuses n’aurait pas progressé de plus de 2,2 points dans le cas d’un tel scénario. La récente décision de la CBRC laisse entendre que ces résultats n’ont pas suffi à rassurer les dirigeants chinois. La santé des banques chinoises est redevenue un sujet sensible en 2009, avec l’envol du crédit, à la faveur de la politique de relance menée par le parti. Près de 1000 milliards d’euros ont été prêtés par les banques chinoises l’an dernier et les prévisions officielles tablent sur 840 milliards de nouveaux crédits cette année.
