Nucléaire chinois : un réacteur HPR1000 bâti en 62 mois confirme l’avance
Chine : un réacteur HPR1000 raccordé en 62 mois
L’unité 1 de la centrale nucléaire de San’ao, de technologie chinoise Hualong One (HPR1000), a été raccordée au réseau à la mi-mars, selon les autorités chinoises. Achevée en 62 mois, cette tranche illustre l’effet de série et trois décennies d’accumulation d’expérience. La Chine bâtit ses centrales à un rythme inégalé, avec des standards industriels désormais bien rodés sur les réacteurs à eau pressurisée d’environ 1100 MWe.
- 62 mois : délai de construction de l’unité 1 de San’ao (HPR1000).
- 6 ans : délai moyen de construction d’une centrale en Chine depuis 30 ans.
- 8 ans : délai moyen en Biélorussie pour les VVER-1200.
- 8,2 ans : délai moyen aux Émirats arabes unis pour les APR-1400.
- 2038 : mise en service visée du premier EPR2 en France à Penly.
- 70 mois : délai cible par tranche EPR2, contre 96 mois précédemment.
- 32 mois : réduction de lead time anticipée entre le premier et le dernier EPR2.
- 12 à 18 mois : cadence prévue entre les mises en service des EPR2 en France.
- 6 + 8 : six EPR2 actés, huit unités supplémentaires envisagées en France.
- 500 : travailleurs français mobilisés sur Hinkley Point C au Royaume-Uni.
- Le respect des délais et des budgets est l’obstacle numéro un pour l’essor mondial du nucléaire, comme l’a rappelé l’AIE.
- La Chine capitalise sur 30 ans de chantiers continus et l’effet de série des Hualong One (HPR1000).
- En Europe, la relance passe par des programmes standardisés et une montée en compétences des filières.

Des délais de construction qui changent la donne mondiale
Construire vite et bien fait toute la différence. En Chine, le délai moyen de construction d’une centrale nucléaire s’établit à six ans depuis trois décennies. Cette performance dépasse nettement celles observées ailleurs. La Biélorussie, deuxième au classement des délais, met en moyenne huit ans pour bâtir un réacteur VVER-1200. Les Émirats arabes unis, troisièmes, affichent environ 8,2 ans sur leurs projets APR-1400.
Ces écarts ne sont pas anecdotiques. Ils reflètent un écosystème industriel capable d’orchestrer ingénierie, génie civil, chaîne d’approvisionnement et contrôle qualité avec une régularité remarquable. Dans une filière où les intérêts financiers se chiffrent en milliards, chaque mois gagné réduit les coûts, accélère la production bas-carbone et renforce la sécurité énergétique.
La France s’inspire : cap sur les EPR2 et un calendrier resserré
La France s’est engagée à relancer son parc avec six EPR2 actés dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie, et huit unités supplémentaires à l’étude. Un jalon majeur est fixé : la mise en service du premier réacteur à Penly en 2038, suivie d’un cadencement de 12 à 18 mois pour les tranches suivantes.
Le parcours récent a été semé d’embûches. Dernier exemple en date, Flamanville 3 a connu 12 ans de retard, en partie parce qu’il s’agissait d’un réacteur tête de série (FOAK – First Of A Kind), sur fond de perte de compétences et de culture qualité après une longue interruption des chantiers.
Objectif 70 mois et effet de série
Ce retour d’expérience a toutefois déclenché des améliorations concrètes. EDF indique avoir abaissé le délai cible de construction d’une tranche générique à 70 mois, contre 96 mois il y a trois ans. L’effet de série doit aussi jouer à plein : entre le premier et le dernier EPR2, l’électricien anticipe un raccourcissement du lead time d’environ 32 mois. Ces jalons, s’ils sont respectés, rapprochent la France des standards atteints par le nucléaire chinois.
Capitaliser sur l’expérience chinoise et britannique
Pour gagner en efficacité, EDF a cherché des référentiels concrets là où les chantiers tournent à cadence élevée. Des équipes françaises ont été immergées sur des sites en Chine, créant une proximité technique précieuse. En parallèle, le Royaume-Uni sert de terrain d’apprentissage avec Hinkley Point C et Sizewell C. Environ 500 travailleurs français opèrent sur HPC, et des collaborateurs britanniques rejoignent désormais EDF pour les phases amont des EPR2 (génie civil, organisation de site).
Ce transfert de compétences, doublé d’une standardisation plus poussée, vise un résultat clair : industrialiser les processus, stabiliser les coûts et sécuriser les plannings sur l’ensemble du programme.
Pourquoi ces délais comptent pour la sécurité énergétique
Comme l’a rappelé l’AIE, le principal défi d’une nouvelle ère nucléaire tient à la livraison des projets dans les temps et dans l’enveloppe budgétaire. En réduisant drastiquement les délais moyens – 6 ans en Chine, 62 mois pour San’ao – la filière montre qu’un rythme soutenu est possible lorsque l’effet de série, l’organisation de chantier et la qualité d’exécution sont au rendez-vous.
Au-delà de l’industriel, l’enjeu est macroéconomique. Respecter un calendrier resserré permet de livrer plus vite de l’électricité pilotable bas-carbone, d’amortir les investissements plus tôt et d’ancrer la compétitivité des systèmes électriques. C’est pourquoi l’avance du nucléaire chinois est observée de près par les pays qui relancent leurs programmes.
- San’ao 1 (HPR1000) a été raccordé après 62 mois, confirmant l’avance chinoise.
- La Chine construit en moyenne en 6 ans, contre 8 à 8,2 ans en Biélorussie et aux EAU.
- La France cible 70 mois par EPR2, avec un premier démarrage à Penly en 2038.
- L’effet de série et le transfert d’expérience Chine – Royaume-Uni – France sont clés pour tenir coûts et délais.

Une avance que Pékin consolide, un cap pour l’Europe
San’ao 1 illustre une dynamique de fond : quand la filière capitalise sur l’expérience accumulée et l’effet de série, elle réduit les aléas et gagne en compétitivité. La Chine en fait la preuve, et l’Europe trace désormais un chemin similaire, en s’appuyant sur des standards répétés et des partenariats opérationnels.
Votre avis nous intéresse : ces délais vous paraissent-ils tenables en Europe et nécessaires pour la sécurité du système électrique ?
Sources : Sfen
