Chine : Li Qiang mise sur un réseau électrique de nouvelle génération pour accélérer la transition énergétique
Pourquoi Pékin mise sur un réseau électrique de nouvelle génération
La priorité affichée par Li Qiang est claire : accélérer l’ajustement et l’optimisation du mix énergétique. Un réseau électrique de nouvelle génération doit être sûr, fiable, vert, bas carbone, robuste, résilient, intelligent et flexible. Autrement dit, il doit absorber davantage de renouvelables variables, sécuriser l’approvisionnement et mieux acheminer l’électricité vers les nouveaux usages industriels et numériques.
Lors de son déplacement à Chengdu et Deyang, Li Qiang a visité des entreprises des nouvelles énergies et des fabricants d’équipements. Il a insisté sur l’innovation, la R&D, la levée des verrous technologiques et l’intégration de l’IA au coeur du manufacturier pour multiplier les percées, notamment dans les équipements d’énergie propre.
- En 2025, les capacités renouvelables représentaient plus de la moitié de la puissance installée en Chine.
- Record mondial : une éolienne offshore de 26 mégawatts connectée au réseau au large du Shandong.
- À plein régime, chaque rotation de cette éolienne produit 62 kWh.
- Production annuelle visée par unité : 100 millions de kWh, de quoi alimenter 55 000 foyers.
- Économies : 30 000 tonnes de charbon standard évitées et 80 000 tonnes de CO2 en moins chaque année.
- Un data center commercial à Shanghai, alimenté en direct par l’éolien offshore, affiche 24 MW de charge.
- Réduction annuelle d’émissions de ce projet équivalente à l’absorption de 1,6 million d’arbres.
- Objectif climatique : baisse des émissions nettes de 7 à 10 % par rapport au pic d’ici 2035.
- La Chine étend rapidement ses infrastructures d’énergies renouvelables et a dépassé le charbon en capacité installée.
- L’État pousse les synergies entre industrie, numérique et énergie, avec l’IA comme accélérateur.
- Le Sichuan, riche en hydroélectricité, illustre l’approche intégrée réseaux-eau-agriculture.
- Les solutions chinoises gagnent des marchés à l’étranger, en particulier en Afrique avec le solaire et le stockage.

Innovation industrielle : du solaire aux turbines géantes
Les avancées récentes dans le photovoltaïque ont amélioré l’efficacité d’utilisation du solaire. Pékin entend soutenir les entreprises pour intensifier l’innovation, accroître les investissements en R&D et accélérer l’adoption à grande échelle de nouvelles technologies. Cette dynamique se voit aussi dans l’éolien en mer.
Au large du Shandong, la turbine offshore de 26 MW développée par Dongfang Electric établit de nouveaux records de puissance unitaire et de diamètre de rotor. À 10 mètres par seconde de vent moyen, une seule unité peut fournir 100 millions de kWh par an, soit une substitution tangible au charbon, avec 30 000 tonnes de combustible évitées et 80 000 tonnes de CO2 non émises.
Ces chiffres donnent l’échelle recherchée : multiplier des équipements propres à haute capacité pour soutenir la sécurité énergétique, abaisser les coûts et créer un socle industriel exportable.
Des data centers couplés aux renouvelables
La montée des usages numériques impose de nouvelles réponses. À Shanghai, un data center commercial sous-marin est directement alimenté par des éoliennes offshore situées au-dessus du site. Ce schéma permet une consommation sur place et réduit les pertes d’énergie liées au transport longue distance.
À pleine charge de 24 MW, la réduction annuelle d’émissions est équivalente à l’absorption de 1,6 million d’arbres. Des projets similaires voient le jour dans le nord-ouest et le sud-ouest du pays. Le couplage direct entre production renouvelable et charge numérique améliore l’efficience globale du système et cadre avec un réseau plus intelligent et plus flexible.
Eau, irrigation et hydroélectricité : des infrastructures au service du climat
Le Sichuan est aussi un laboratoire de la gestion de l’eau. Li Qiang a inspecté le barrage de Zipingpu sur la Minjiang et s’est rendu sur le système d’irrigation de Dujiangyan, rappelant que la gestion de l’eau profite aux générations futures. Il a appelé à moderniser les infrastructures hydrauliques et à mieux exploiter leurs fonctions intégrées : contrôle des crues, irrigation, alimentation en eau, production électrique et conservation écologique.
Ces chantiers s’articulent avec la stratégie énergétique. L’hydroélectricité renforce la stabilité du réseau et sert de complément aux renouvelables variables. À Guanghan, un site pilote d’amélioration des rendements du blé illustre l’importance des services agricoles, des machines intelligentes et d’une gestion fine des champs au moment clé des labours et des semis de printemps. Une agriculture plus efficace et résiliente soutient aussi la sécurité des ressources.
Un réseau pensé pour l’IA et l’industrie
Li Qiang appelle les industriels à viser les frontières technologiques et la demande du marché. L’intégration profonde de l’IA dans la fabrication doit accélérer les percées dans les équipements d’énergie propre. Un réseau plus résilient et numérisé facilite cette montée en gamme : planification plus fine, pilotage en temps réel, maintenance prédictive et adéquation entre production et usages intensifs en calcul.
C’est un enjeu industriel et de compétitivité. La capacité à produire des solutions scalables et à coûts maîtrisés ouvre des débouchés internationaux, tout en servant les objectifs climatiques domestiques.

Diplomatie énergétique : vitrine en Afrique
La Chine diffuse aussi ses innovations à l’international. À Johannesburg, lors du salon Solar and Storage Live Africa 2026, des équipements photovoltaïques et des solutions d’énergie intelligente proposés par des entreprises chinoises ont retenu l’attention. Des responsables locaux ont souligné leur rôle pour accélérer la transition énergétique et l’accès à l’électricité sur le continent.
Ce déploiement est doublement stratégique : il contribue à réduire la pauvreté énergétique et renforce l’influence des industriels chinois sur des marchés appelés à croître rapidement. Comme l’a formulé un observateur universitaire, l’échelle et la vitesse de production chinoises pourraient faire reculer des problèmes longtemps considérés comme inextricables, de la dépendance aux fossiles à l’insuffisance d’accès.
- Li Qiang met l’accent sur un réseau électrique de nouvelle génération, clé pour intégrer plus de renouvelables et sécuriser l’approvisionnement.
- Des percées concrètes soutiennent cette trajectoire : éolienne offshore de 26 MW, data centers directement couplés à l’éolien.
- La modernisation des infrastructures hydrauliques renforce la stabilité du système et l’écologie.
- La Chine vise une réduction de 7 à 10 % des émissions nettes d’ici 2035, avec des capacités renouvelables déjà supérieures au charbon.
La suite à surveiller
La montée en puissance des équipements bas carbone et l’essor d’un réseau intelligent conditionneront la vitesse de la transition chinoise. L’industrialisation des technologies record, l’intégration fine avec les usages numériques et la diffusion internationale des solutions seront les trois moteurs à suivre.
Que pensez-vous de cette stratégie centrée sur un réseau de nouvelle génération et l’intégration directe entre renouvelables et numérique ? Partagez votre avis en commentaire.
Sources : ECNS – Li Qiang sur le réseau de nouveau type, ECNS – Innovations et transition
