IPO SpaceX : JPMorgan rassure Hong Kong sur le risque de fuite de liquidités
SpaceX prépare ce qui pourrait devenir la plus grande introduction en Bourse de l’histoire, avec une levée de fonds estimée à 75 milliards de dollars sur le Nasdaq. Une telle opération soulève une question directe : Hong Kong va-t-elle perdre des capitaux au profit de Wall Street ? JPMorgan répond non – et avance des raisons précises pour l’expliquer.
- SpaceX envisage une IPO record de 75 milliards de dollars sur le Nasdaq, dépassant Saudi Aramco (29,4 Mds$ en 2019).
- JPMorgan estime que Hong Kong ne subira pas de fuite de liquidités grâce à la diversification des investisseurs mondiaux.
- Hong Kong vise la deuxième place mondiale des IPO en 2025, après avoir été numéro un l’an dernier.
Une IPO qui pulvérise tous les records précédents
Le montant envisagé pour l’introduction en Bourse de SpaceX est vertigineux. Avec 75 milliards de dollars potentiels, l’opération dépasserait plus que le double du record actuel détenu par Saudi Aramco, qui avait levé 29,4 milliards de dollars en 2019.
Pour mesurer l’ampleur : cette seule transaction représenterait plus du double des 37,2 milliards de dollars levés sur l’ensemble des IPO à Hong Kong l’an dernier. Hong Kong avait pourtant été le premier marché mondial des introductions en Bourse en 2024, porté par une vague de cotations d’entreprises chinoises continentales.
- 75 milliards de dollars : montant estimé de l’IPO SpaceX sur le Nasdaq
- 29,4 milliards de dollars : record précédent détenu par Saudi Aramco (2019)
- 37,2 milliards de dollars : total des IPO levés à Hong Kong en 2024
- 1re place mondiale : rang occupé par Hong Kong sur le marché des IPO en 2024
- Hong Kong a dominé le classement mondial des IPO en 2024 grâce aux cotations d’entreprises chinoises continentales.
- Plusieurs institutions et gestionnaires d’actifs craignent des sorties de capitaux liées à la méga-introduction de SpaceX.
- JPMorgan a exprimé ses positions lors de son JPMorgan Global China Summit à Shanghai.

Pourquoi JPMorgan juge le risque limité pour Hong Kong
Paul Uren, responsable de la banque d’investissement pour l’Asie-Pacifique chez JPMorgan, tient un discours rassurant. Il l’a exprimé clairement lors du JPMorgan Global China Summit à Shanghai.
Son argument central : les grandes réserves de capitaux mondiales cherchent activement à se diversifier – à la fois géographiquement et par secteur. Cette dynamique protège Hong Kong d’une aspiration trop brutale des liquidités vers New York.
Autrement dit, un investisseur institutionnel qui souscrit à l’IPO SpaceX ne retire pas nécessairement ses billes d’Asie. Il peut puiser dans d’autres enveloppes, ou simplement augmenter son exposition globale aux marchés actions.
L’IA, la robotique et la santé tirent la demande vers Hong Kong
JPMorgan pointe trois secteurs qui soutiennent l’attractivité de Hong Kong : l’intelligence artificielle, la robotique et les soins de santé. Ces domaines concentrent une part croissante des grandes introductions en Bourse d’entreprises chinoises.
Les investisseurs mondiaux regardent ces secteurs comme des gisements de croissance future. Cette appétence semble solide, indépendamment du bruit créé par l’IPO SpaceX côté américain.
La demande pour ces cotations chinoises semble indiquer que Hong Kong conserve un positionnement distinct. Le marché ne joue pas sur le même terrain que Wall Street – il répond à une logique de diversification sectorielle et géographique.
Hong Kong vise la deuxième place mondiale en 2025
L’objectif reste ambitieux malgré la concurrence. JPMorgan estime que Hong Kong peut décrocher la deuxième position mondiale en matière de levées de fonds par IPO cette année, derrière New York.
Ce serait un léger recul par rapport à 2024, où la place hongkongaise avait occupé le premier rang. Mais cela reste une performance solide, portée par l’intérêt continu des entreprises chinoises pour se coter à l’international.
Un marché sous pression mais pas sous menace
D’autres acteurs du marché sont moins sereins que JPMorgan. Certaines institutions et gestionnaires d’actifs redoutent des sorties de fonds si SpaceX mobilise massivement les investisseurs américains et mondiaux.
Ces craintes ne sont pas sans fondement. Une IPO de cette taille peut créer un appel d’air sur les marchés. Mais JPMorgan distingue les flux à court terme – liés à la souscription – des tendances de fond, qui poussent à diversifier les portefeuilles hors des États-Unis.
La tension réelle n’est donc pas entre Hong Kong et New York, mais entre deux logiques d’allocation : concentration sur les grandes valeurs technologiques américaines d’un côté, diversification vers les marchés émergents de l’autre.
- L’IPO SpaceX pourrait atteindre 75 milliards de dollars, pulvérisant le record de Saudi Aramco.
- JPMorgan juge faible le risque de fuite de liquidités vers Hong Kong grâce à la diversification mondiale des capitaux.
- L’IA, la robotique et la santé maintiennent une demande forte pour les IPO chinoises à Hong Kong.
- Hong Kong vise la 2e place mondiale des IPO en 2025, derrière New York.
- Le débat entre institutions révèle deux visions opposées sur les flux de capitaux à l’échelle mondiale.

Entre record américain et résilience asiatique, un équilibre fragile à surveiller
L’IPO SpaceX sera un test grandeur nature pour les marchés asiatiques. Si JPMorgan voit dans la diversification un bouclier naturel pour Hong Kong, d’autres observateurs restent prudents. Le comportement réel des investisseurs au moment de la souscription dira lequel des deux camps avait raison.
Et vous, pensez-vous que Hong Kong peut tenir son rang face à une IPO américaine de cette ampleur ? Partagez votre analyse en commentaire.
Sources : South China Morning Post
