Volkswagen mise sur la conduite autonome en Chine pour rattraper BYD et Xpeng
Volkswagen accélère sa stratégie en Chine. Le groupe allemand vient d’annoncer un renforcement de son partenariat avec Horizon Robotics pour développer des technologies de conduite autonome de niveaux 3 et 4. Derrière cette offensive technologique se cache une réalité plus difficile : Volkswagen accuse un retard croissant face aux constructeurs chinois, qui déploient ces mêmes technologies bien plus vite. La question est de savoir si ce pari peut réellement inverser la tendance.
- CARIZON, la filiale autonome de Volkswagen en Chine, renforce son accord avec Horizon Robotics.
- Lancement prévu de véhicules de niveau 3 en Chine dès le second semestre 2026, et de modèles niveau 2++ dès cette année.
- Volkswagen s’appuie aussi sur un partenariat avec Xpeng pour développer une nouvelle plateforme électronique.
- Le groupe reste sous pression : suppressions d’emplois, fermetures d’usines et concurrence chinoise en hausse.
CARIZON et Horizon Robotics : un partenariat stratégique pour combler le retard
La branche dédiée à la conduite automatisée de Volkswagen en Chine s’appelle CARIZON. Cette entité vient de renforcer son accord avec Horizon Robotics, une entreprise spécialisée dans l’intelligence artificielle embarquée pour l’automobile.
L’objectif est clair : utiliser les modèles d’IA de Horizon Robotics pour accélérer le développement interne des technologies autonomes de Volkswagen. Plutôt que de tout construire seul, le groupe allemand choisit de s’appuyer sur un acteur local déjà bien avancé.
Ce type de partenariat peut être interprété comme un aveu implicite : Volkswagen ne peut plus se permettre de développer ces technologies à son propre rythme. La concurrence chinoise impose un calendrier bien plus serré.
- Lancement de véhicules autonomes de niveau 3 prévu pour le second semestre 2026 en Chine.
- Technologie de niveau 2++ déployée dès cette année sur le marché chinois.
- Jusqu’à 100 000 suppressions d’emplois envisagées dans le cadre de la restructuration de Volkswagen.
- Quatre usines en Allemagne potentiellement fermées selon le plan de restructuration du groupe.
- BYD, Xpeng et d’autres constructeurs chinois accélèrent leurs propres déploiements de conduite autonome dans plusieurs grandes villes.
- La conduite autonome de niveau 3 autorise le conducteur à quitter la route des yeux dans certaines conditions, comme sur autoroute. Le niveau 4 correspond à des véhicules sans chauffeur, comme les robotaxis.
- Plusieurs grandes villes chinoises disposent déjà de services de robotaxis entièrement sans conducteur, un déploiement que l’Europe n’a pas encore atteint à cette échelle.
- Les tensions commerciales entre l’UE et la Chine ont conduit Pékin à réduire les avantages accordés aux constructeurs européens implantés en Chine, notamment sur les terrains et la fiscalité.

Niveau 2++, niveau 3, niveau 4 : que met vraiment sur la route Volkswagen ?
Volkswagen déploie sa stratégie par étapes. Dès cette année, le groupe commercialise en Chine des véhicules équipés de technologies dites de niveau 2++. Ces systèmes gèrent les feux de circulation, les panneaux stop, les ronds-points et les changements de direction en milieu urbain.
Ce n’est pas encore de la conduite autonome au sens strict. Le conducteur reste responsable et doit pouvoir reprendre le contrôle à tout moment. Mais c’est une assistance avancée, nettement plus sophistiquée que les systèmes d’aide à la conduite classiques.
Le vrai saut arrive en 2026. Volkswagen prévoit de livrer ses premiers véhicules de niveau 3 au second semestre. À ce niveau, le conducteur peut légalement décrocher le regard de la route dans des situations définies, par exemple lors d’une conduite sur autoroute à vitesse régulière. Le véhicule prend en charge l’environnement de façon autonome.
Le niveau 4, lui, vise les robotaxis sans chauffeur. Aucune date précise n’a été annoncée pour ce segment, mais CARIZON travaille déjà dessus avec Horizon Robotics.
Le partenariat avec Xpeng : une stratégie d’ancrage local
La collaboration avec Horizon Robotics n’est pas la seule carte jouée par Volkswagen. Le groupe a aussi conclu un accord avec Xpeng, fabricant chinois de véhicules électriques reconnu pour ses systèmes d’aide à la conduite avancés.
Ensemble, ils développent une nouvelle plateforme électronique pour les modèles de Volkswagen produits en Chine. Cette plateforme sera intégrée aux technologies de conduite autonome assistée par l’IA.
L’ambition dépasse le marché chinois. Volkswagen prévoit d’utiliser cette base technologique pour exporter vers l’Asie centrale, l’Asie du Sud-Est et le Moyen-Orient. En d’autres termes, la Chine devient non seulement un marché cible, mais aussi une base de production et d’innovation pour d’autres régions.
Des constructeurs allemands sous pression sur tous les fronts
Cette offensive technologique intervient dans un contexte particulièrement difficile pour Volkswagen. Ces dernières années, le groupe a subi plusieurs chocs simultanés.
- La montée en puissance des constructeurs chinois de véhicules électriques, notamment BYD, qui séduisent de plus en plus de consommateurs européens avec des prix compétitifs.
- Les tensions commerciales entre l’UE et la Chine, qui ont conduit Pékin à réduire les avantages fiscaux et fonciers accordés aux groupes européens implantés en Chine.
- Un plan de restructuration massif, avec jusqu’à 100 000 suppressions d’emplois et la fermeture possible de quatre usines en Allemagne.
- La pandémie de Covid-19 et l’évolution de la réglementation européenne, qui ont désorganisé les chaînes d’approvisionnement.
Le directeur général Oliver Blume présente la stratégie autonome en Chine comme un levier de compétitivité. Elle doit, selon lui, renforcer la position du groupe sur le marché chinois et ouvrir des débouchés à l’export.
Pendant ce temps, Mercedes et BMW reculent sur le niveau 3
Le contraste avec d’autres constructeurs allemands est frappant. Mercedes-Benz et BMW ont tous deux suspendu leurs offres de conduite de niveau 3 sur certains modèles phares, après une période de commercialisation courte.
Ces retraits soulèvent des questions sur la maturité réelle de ces technologies et sur les défis réglementaires liés à leur déploiement en Europe. En Chine, le cadre légal semble plus favorable à l’expérimentation rapide.
Volkswagen prend le pari inverse : avancer en Chine, là où la réglementation autorise davantage, et tirer profit de cet apprentissage pour d’autres marchés. Cette approche semble indiquer que le groupe considère la Chine comme un laboratoire grandeur nature pour sa transition vers l’autonomie.

La Chine, déjà en avance sur les robotaxis sans chauffeur
Ce choix stratégique n’est pas anodin. Plusieurs grandes villes chinoises disposent déjà de services de robotaxis entièrement sans chauffeur, opérés notamment par Baidu ou WeRide. Ce niveau de déploiement n’existe pas encore à pareille échelle en Europe ou aux États-Unis.
Volkswagen n’entre donc pas dans un marché vierge. Il cherche à se faire une place dans un écosystème déjà structuré, dominé par des acteurs locaux qui maîtrisent l’IA, les données et les relations avec les régulateurs chinois.
S’allier à Horizon Robotics et Xpeng est une réponse directe à cette réalité. Volkswagen ne peut pas reproduire en quelques années ce que les Chinois ont mis une décennie à construire. En revanche, il peut acheter du temps et de la crédibilité technologique via ces partenariats.
- CARIZON, filiale autonome de Volkswagen, renforce son accord avec Horizon Robotics pour accélérer le développement de l’IA embarquée.
- Des véhicules de niveau 2++ arrivent dès cette année en Chine ; ceux de niveau 3 sont attendus au second semestre 2026.
- Le partenariat avec Xpeng vise à créer une plateforme électronique commune, exportable vers l’Asie et le Moyen-Orient.
- Volkswagen affronte simultanément une crise interne lourde et une concurrence chinoise qui accélère sur tous les fronts technologiques.
- La Chine devient un laboratoire stratégique pour Volkswagen, avant un éventuel déploiement sur d’autres marchés.
Volkswagen peut-il reconquérir sa place en Chine par la technologie ?
La stratégie de Volkswagen repose sur un pari double. D’un côté, combler son retard technologique en s’appuyant sur des partenaires chinois. De l’autre, transformer la Chine en tremplin vers d’autres marchés émergents. C’est ambitieux, mais la fenêtre de tir se rétrécit à mesure que les constructeurs locaux avancent.
Et vous, pensez-vous que les constructeurs européens peuvent encore rattraper leur retard sur la conduite autonome face aux acteurs chinois ? Dites-le en commentaire.
Sources : Euronews
