Le café conquiert la Chine : 250 000 cafés en 25 ans et une demande qui grimpe de 10 % par an

Le café conquiert la Chine : 250 000 cafés en 25 ans et une demande qui grimpe de 10 % par an

La Chine est le pays du thé. Pourtant, une transformation silencieuse est en cours. En seulement 25 ans, le pays a ouvert 250 000 cafés. La demande progresse de 10 % chaque année. Et 900 millions de Chinois n’ont encore jamais bu une tasse de café. Le potentiel est immense – et les acteurs du marché le savent.

En bref

  • La Chine compte 250 000 cafés ouverts en 25 ans, dont 10 000 à Shanghai.
  • La demande intérieure croît de 10 % par an selon les professionnels du secteur.
  • 300 millions de Chinois consomment déjà du café, mais 900 millions n’en ont jamais bu.
  • Luckin Coffee, marque nationale, a ouvert 25 000 points de vente en huit ans.

Shanghai, capitale mondiale du café ?

La ville la plus connectée de Chine concentre à elle seule 10 000 cafés. Pour les habitants, c’est une évidence. « C’est la ville du café », confie une amatrice locale. Une autre résume l’état d’esprit de toute une génération de travailleurs urbains : « Je pense que dans mes veines, il y a plus de café que de sang. »

Le symbole le plus frappant reste un établissement américain implanté au cœur de Shanghai, sur 2 700 m². Le plus grand café de Chine. Il propose même des grains cultivés dans la région du Yunnan, au sud-ouest du pays. L’étranger inspire, mais la Chine produit désormais son propre café.

Chiffres clés

  • 250 000 cafés ouverts en Chine en 25 ans
  • 10 000 cafés à Shanghai uniquement
  • 25 000 points de vente pour Luckin Coffee, en seulement 8 ans
  • 146 000 tonnes de grains produites en Chine en 2024
  • +10 % de croissance annuelle de la demande intérieure
Contexte

  • La Chine est historiquement un pays de thé. La culture du café y est récente et portée par les générations urbaines et jeunes.
  • Le Yunnan est la principale région productrice de café en Chine. Ses grains sont de plus en plus valorisés sur le marché intérieur.
  • Le marché mondial du café observe la Chine de près : avec 1,4 milliard d’habitants, un basculement des habitudes de consommation y représente un enjeu commercial majeur.
Devanture d'un café Luckin Coffee en Chine
Luckin Coffee, 25 000 points de vente en moins de huit ans d’existence. (image générée avec IA Gemini)

Luckin Coffee, le géant national qui change la donne

Face aux enseignes internationales, une marque chinoise s’est imposée à vitesse record. Luckin Coffee compte aujourd’hui 25 000 cafés. Il a fallu moins de huit ans pour y parvenir. C’est un rythme d’expansion sans équivalent dans l’industrie mondiale du café.

Ce succès semble indiquer que la demande n’est pas portée uniquement par l’attrait pour l’Occident. Les consommateurs chinois veulent du café – mais à leur façon, à leurs prix, dans leurs quartiers. Les marques nationales l’ont compris avant beaucoup d’autres.

Une production locale encore insuffisante face à l’appétit du marché

La Chine produit 146 000 tonnes de grains de café en 2024. C’est une quantité significative, mais insuffisante pour répondre à la demande intérieure. Le marché doit donc s’approvisionner à l’étranger.

Dans d’immenses entrepôts, comme celui dirigé par Zhiqiang Shao, les grains arrivent de 33 pays différents. Ils sont ensuite redistribués dans toute la Chine. « La demande de café ne cesse de croître. Elle augmente en moyenne de 10 % chaque année », explique-t-il. Ce chiffre résume à lui seul l’ampleur du basculement en cours.

900 millions de non-consommateurs : un réservoir de croissance unique au monde

Aujourd’hui, 300 millions de Chinois boivent du café régulièrement. C’est un marché déjà considérable. Mais 900 millions de personnes n’en ont jamais consommé. Ce déséquilibre peut être lu comme une opportunité sans précédent pour l’ensemble de la filière.

La question n’est donc pas de savoir si le marché chinois du café va croître. Il grandit déjà. La question est de savoir à quelle vitesse les 900 millions de non-consommateurs vont être touchés par cette transformation culturelle.

Des baristas en formation, des cafés insolites : une culture se construit

Le marché ne se résume pas à des chiffres de vente. Une véritable culture du café se développe en Chine. Des centres de formation pour baristas émergent dans les grandes villes. Les élèves viennent apprendre les techniques, mais aussi saisir une opportunité professionnelle dans un secteur en pleine expansion.

Certains reconvertissent leur parcours pour rejoindre cette filière. « J’étais dans l’informatique. J’adore le café, alors j’ai décidé de me lancer », témoigne l’un d’eux. Ce profil, issu des classes moyennes urbaines et éduquées, renforce l’hypothèse que le café s’installe durablement dans les modes de vie chinois.

Les concepts se multiplient aussi. Un café sur une paroi rocheuse, les pieds dans le vide. Un ancien site industriel de Foshan transformé en lieu branché. À Foshan, un nouveau café ouvre chaque semaine. La concurrence est intense, l’innovation devient une condition de survie.

Récolte de grains de café dans la région du Yunnan en Chine
Le Yunnan produit l’essentiel des 146 000 tonnes de café cultivées en Chine chaque année. (image générée avec IA Gemini)

Un marché ultra-concurrentiel où seuls les plus créatifs résistent

L’essor du café en Chine a une contrepartie directe : la concurrence est féroce. À Foshan comme dans les autres villes chinoises, les ouvertures sont permanentes. Les fermetures aussi. Pour attirer les nouveaux consommateurs, les gérants misent sur l’originalité des décors et des expériences.

Le café haut de gamme connaît une croissance constante. Les consommateurs urbains ne cherchent pas seulement une boisson. Ils cherchent un moment, un lieu, une identité. Cette attente pousse les acteurs du marché à investir dans l’expérience autant que dans la qualité du produit.

Ce qu’il faut retenir

  • La Chine a ouvert 250 000 cafés en 25 ans, avec 10 000 à Shanghai seule.
  • La demande progresse de 10 % par an, tirée par une classe urbaine jeune et active.
  • 900 millions de Chinois n’ont jamais bu de café : le potentiel de croissance reste immense.
  • Luckin Coffee, marque nationale, incarne la montée en puissance des acteurs locaux.
  • La concurrence intense pousse à l’innovation et aux concepts originaux pour se différencier.

Un changement culturel qui dépasse la simple tendance de consommation

En 25 ans, la Chine a construit une industrie du café à partir de presque rien. Elle produit, importe, forme et innove. Le marché n’est plus émergent. Il semble être entré dans une phase de structuration durable. Ce qui se joue ici dépasse la simple mode : c’est une transformation des habitudes de vie de centaines de millions de personnes.

Et vous, pensez-vous que le café peut un jour rivaliser avec le thé dans la culture chinoise ? Donnez votre avis en commentaire.

Sources : France Info

(Les illustrations de cet article ont été générées avec Gemini)
Combien de cafés la Chine a-t-elle ouverts en 25 ans ?
La Chine a ouvert 250 000 cafés en 25 ans. Shanghai concentre à elle seule 10 000 établissements, ce qui en fait l’une des villes avec la plus forte densité de cafés au monde.
Quelle est la marque de café la plus populaire en Chine ?
Luckin Coffee est le géant national du café en Chine. Fondée il y a moins de dix ans, la marque compte déjà 25 000 points de vente sur l’ensemble du territoire chinois.
La Chine produit-elle son propre café ?
Oui. En 2024, la Chine a produit 146 000 tonnes de grains de café, principalement dans la région du Yunnan. Cette production reste cependant insuffisante pour répondre à la demande intérieure, et la Chine importe des grains en provenance de 33 pays.
Quel est le potentiel de croissance du marché du café en Chine ?
Le potentiel est considérable. Si 300 millions de Chinois consomment déjà du café régulièrement, 900 millions n’en ont jamais bu. La demande croît de 10 % par an, ce qui fait de la Chine l’un des marchés les plus dynamiques au monde pour cette filière.

Pierre Woo

Je m'appelle Pierre, diplômé d'un MBA en affaires internationales. Je suis passionné par la Chine. J'ai étudié et travaillé dans l'empire du milieu pendant plusieurs années. Cette expérience a non seulement approfondi ma compréhension de la Chine moderne, mais elle m'a aussi permis de saisir les nuances complexes de son économie en rapide évolution.

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