Cybersécurité : la Chine veut son propre modèle Mythos face aux États-Unis
Un entrepreneur chinois de la cybersécurité tire la sonnette d’alarme. Zhou Hongyi, fondateur de 360 Security Technology, estime que la Chine doit développer l’équivalent du modèle Mythos d’Anthropic – ou accepter de rester exposée à une menace stratégique majeure. Sa comparaison est sans détour : Mythos serait une « arme nucléaire cyber » que la Chine ne peut pas laisser dans les seules mains américaines.
- Le modèle IA Mythos d’Anthropic accélère la détection de failles logicielles jusqu’à cent fois, à moindre coût.
- La Chine est exclue du programme américain Project Glasswing, qui donne accès à Mythos à plus de 40 organisations.
- Zhou Hongyi réclame un équivalent chinois pour rétablir une « dissuasion stratégique réciproque ».
Mythos, un modèle IA qui change les règles de la cybersécurité
Lancé en avril 2025, Mythos est un modèle d’intelligence artificielle développé par Anthropic. Sa particularité : il détecte de façon autonome les vulnérabilités dans les logiciels. Selon Zhou Hongyi, qui s’exprimait lors d’une conférence sur la cybersécurité à Pékin, ce modèle a multiplié par cent la vitesse de découverte des failles. Dans le même temps, il a drastiquement réduit les coûts liés à cette détection.
Cette double révolution – rapidité et accessibilité – a un effet dangereux. Elle « démocratise » les cyberattaques. Des acteurs moins sophistiqués peuvent désormais identifier et exploiter des vulnérabilités qui nécessitaient auparavant des ressources considérables. Zhou qualifie ce changement de « terrifiant ».
- Accélération de x100 dans la détection de vulnérabilités logicielles grâce à Mythos.
- Plus de 40 organisations ont obtenu un accès à Mythos Preview via Project Glasswing.
- Zhou Hongyi a 56 ans et dirige 360 Security Technology, l’un des leaders chinois de la cybersécurité.
- Anthropic est une société américaine spécialisée en intelligence artificielle, connue pour ses modèles Claude. Mythos est son modèle dédié à la cybersécurité.
- Project Glasswing est une initiative américaine lancée en avril 2025. Elle donne à plus de 40 organisations un accès prioritaire à Mythos pour renforcer leurs défenses numériques.
- La Chine est explicitement exclue de ce programme, ce qui crée un déséquilibre stratégique selon Zhou Hongyi.

Project Glasswing : une alliance dont la Chine est absente
Les États-Unis ont structuré l’accès à Mythos via une alliance baptisée Project Glasswing. Ce programme permet à plus de 40 organisations – toutes américaines ou alliées – d’utiliser le modèle pour renforcer leurs défenses numériques. Zhou salue ce choix. Il y voit une décision « astucieuse » de la part de Washington.
La Chine, en revanche, n’a aucun accès à ce programme. La conséquence est directe. Des organisations américaines peuvent scanner les systèmes chinois à la recherche de vulnérabilités, tandis que la Chine ne peut même pas « entrevoir » Mythos, pour reprendre les mots de Zhou. Ce déséquilibre semble indiquer une asymétrie offensive potentiellement grave.
La comparaison nucléaire : une rhétorique assumée
Zhou Hongyi ne choisit pas ses mots au hasard. En qualifiant Mythos d' »arme nucléaire cyber », il emprunte un cadre conceptuel très précis : celui de la dissuasion. L’analogie peut être lue comme un appel à l’urgence autant qu’une justification stratégique.
Son raisonnement suit une logique de dissuasion mutuelle. De même que les puissances nucléaires s’équilibrent par la menace réciproque, la Chine devrait disposer d’un outil équivalent à Mythos. Sans cela, elle reste exposée sans pouvoir répondre en nature. Un équivalent domestique lui donnerait, selon lui, une « capacité de dissuasion stratégique réciproque ».
Un appel à l’industrie chinoise de la cybersécurité
Zhou ne se contente pas de diagnostiquer un problème. Il formule une exigence claire : la Chine doit développer son propre modèle de cybersécurité basé sur l’IA. Il le décrit comme « une arme décisive dans la guerre cyber » qui « ne peut pas rester exclusivement entre les mains d’autrui ».
Cet appel s’adresse directement à l’industrie chinoise de la sécurité informatique. Le secteur dispose de ressources importantes, mais reste en retard sur les modèles d’IA les plus avancés. La compétition technologique avec les États-Unis s’étend désormais à ce nouveau terrain.
Une tension géopolitique qui dépasse la technique
Le discours de Zhou illustre une dynamique plus large. La cybersécurité n’est plus un sujet purement technique. Elle est devenue un enjeu de souveraineté nationale, au même titre que la maîtrise des semi-conducteurs ou des satellites. L’exclusion de la Chine de Project Glasswing renforce cette lecture.
Les deux pays mènent une course technologique où chaque avancée peut être immédiatement transformée en avantage stratégique. Mythos semble représenter l’un de ces points de bascule. La réaction de Zhou semble indiquer que Pékin l’a bien compris.
- Mythos détecte les failles logicielles 100 fois plus vite et à faible coût, changeant la donne en cybersécurité.
- La Chine est exclue de Project Glasswing, l’alliance américaine d’accès à Mythos.
- Zhou Hongyi réclame un modèle IA chinois équivalent pour établir une dissuasion cyber mutuelle.
- La cybersécurité devient un enjeu de souveraineté nationale au même titre que d’autres technologies critiques.

La cybersécurité, nouveau champ de bataille technologique entre Pékin et Washington
L’avertissement de Zhou Hongyi dépasse le cadre d’une simple conférence sectorielle. Il révèle l’intensité croissante de la rivalité technologique sino-américaine dans un domaine longtemps resté dans l’ombre des débats publics. La cybersécurité propulsée par l’IA devient un enjeu de puissance à part entière. Pékin devra décider rapidement de l’ampleur de ses investissements dans ce domaine.
Pensez-vous que la Chine peut développer un modèle équivalent à Mythos dans un délai compétitif ? Partagez votre analyse en commentaire.
Sources : South China Morning Post
