Auto China 2026 : les marques chinoises visent 30 % du marché européen
Le salon Auto China 2026 vient de s’ouvrir à Pékin sur une superficie record de 380 000 m². L’événement illustre une réalité qui dérange les constructeurs historiques : un Européen sur deux se dit prêt à acheter une voiture chinoise. Derrière cette statistique, un changement de phase profond s’est enclenché sur le marché automobile mondial.
- Auto China 2026 réunit plus de 1 450 véhicules, dont 181 premières mondiales, sur deux sites à Pékin.
- Les marques chinoises dominent le salon et accélèrent leur offensive sur les marchés européens.
- Selon le cabinet Horváth, leur part de marché en Europe pourrait atteindre 15 à 25 % d’ici cinq ans.
Un salon record qui reflète l’ambition chinoise
Pour la première fois, Auto China se tient sur deux sites simultanément. Le China International Exhibition Center et le Capital International Convention and Exhibition Center accueillent ensemble 380 000 m² d’expositions. C’est une première historique pour le salon.
L’événement regroupe plus de 1 450 véhicules, dont 181 premières mondiales et 71 concept-cars. Son thème, « Lead the Era, Intelligent Future », résume l’état d’esprit des constructeurs chinois. Ils ne cherchent plus seulement à exporter des voitures. Ils entendent définir les normes technologiques du secteur.
Le salon alterne chaque année entre Pékin et Shanghai. Il est devenu l’une des vitrines automobiles les plus scrutées au monde par les professionnels du secteur.
- 380 000 m² : superficie totale du salon, un record absolu.
- 1 450 véhicules exposés, dont 181 premières mondiales.
- 1 Européen sur 2 se dit prêt à acheter une voiture chinoise.
- Plus de 10 % de parts de marché en Norvège, au Royaume-Uni et en Italie.
- 14 % du marché européen des véhicules 100 % électriques détenus par des marques chinoises.
- Les constructeurs chinois s’appuient sur leur maîtrise des batteries, des logiciels embarqués et des services connectés pour proposer des prix très compétitifs.
- L’Europe reste un marché stratégique pour l’industrie automobile chinoise, qui cherche à réduire sa dépendance au marché intérieur.
- Des droits de douane supplémentaires ont été imposés par l’Union européenne sur les véhicules électriques chinois, sans pour autant stopper leur progression commerciale.

BYD, Geely, Xiaomi : les géants affichent leurs muscles
BYD occupe l’un des stands les plus visibles du salon. Le groupe présente l’ensemble de ses marques – Dynasty, Denza, Yangwang et Fangchengbao – avec ses technologies Flash Charge et Sky Eye en vedette.
Chery regroupe iCAR, EXEED, Jetour et Zongheng sous un même espace. Le groupe dévoile notamment l’EXEED EX7, disponible en version 100 % électrique ou avec prolongateur d’autonomie. Son prix varie entre 194 900 et 258 900 yuans, soit environ 24 000 à 32 000 euros.
Geely réunit Zeekr, Lynk & Co, Geely Galaxy et China Star dans un hall semi-exclusif. Le groupe présente ses systèmes All-Domain AI 2.0 et Safety 2.0, ainsi qu’un écosystème technologique intégré baptisé Super Eva.
Xiaomi confirme sa montée en puissance dans l’automobile. Le groupe présente ses modèles SU7, YU7 et SU7 Ultra. Il dévoile aussi la première asiatique de son concept Vision Gran Turismo. Ce concept avait déjà été montré au Mobile World Congress de Barcelone, signe que les frontières entre industrie tech et industrie auto s’effacent.
Les constructeurs occidentaux présents, mais sur la défensive
BMW, Mercedes-Benz, Audi, Toyota, Volvo et Ford participent au salon. Leur présence confirme que Pékin reste une scène mondiale incontournable. Mais sur ce terrain, ce sont clairement les marques chinoises qui dictent le rythme.
James Pearson, fondateur de l’agence Lionheart Global, résume l’enjeu sans détour. « La fabrication automobile ne se résume plus à la voiture. Le véhicule devient une plateforme technologique qui relie la vie des gens. » Les constructeurs historiques doivent désormais accélérer leur transformation numérique pour rester dans la course.
L’Europe dans le viseur : une conquête méthodique
Les chiffres présentés en marge du salon par Georg Mrusek, expert automobile chez Horváth, donnent le vertige. Dans certains pays européens, les marques chinoises dépassent déjà 10 % des parts de marché. C’est le cas en Norvège, au Royaume-Uni et en Italie. Sur le segment des véhicules 100 % électriques, leur poids atteint environ 14 % à l’échelle européenne.
La progression semble loin d’être terminée. Horváth anticipe une part de marché de 15 à 25 % pour les constructeurs chinois en Europe d’ici quatre à cinq ans. À horizon d’une décennie, ce chiffre pourrait dépasser 30 %. Deux conditions s’imposent pour y parvenir : améliorer le service après-vente et s’adapter aux réglementations locales.
Des voitures ou des plateformes numériques ?
C’est peut-être la vraie rupture qu’illustre Auto China 2026. Les groupes chinois ne vendent plus seulement des véhicules. Ils proposent des écosystèmes numériques complets, intégrant intelligence artificielle, services connectés et interfaces logicielles avancées.
Roewe l’illustre avec sa gamme « Jiayue », développée en partenariat avec Volcengine, le cloud de ByteDance. L’IA est intégrée dès la conception du véhicule, pas ajoutée après coup. Ce changement d’approche peut être lu comme un avantage structurel durable face aux constructeurs traditionnels.
Les cycles de renouvellement des modèles chinois sont aussi beaucoup plus courts que ceux des constructeurs européens. Associés à des prix compétitifs, ils renforcent la pression sur des acteurs comme Stellantis, Volkswagen ou Renault.
- Auto China 2026 est le plus grand salon automobile de l’histoire de l’événement, avec 380 000 m².
- Un Européen sur deux se dit prêt à acheter une voiture chinoise selon le cabinet Horváth.
- Les marques chinoises dépassent déjà 10 % de parts de marché dans plusieurs pays européens.
- Les constructeurs chinois positionnent le véhicule comme une plateforme numérique intégrée, pas comme un simple produit.
- Une part de marché de 30 % en Europe est envisagée à horizon dix ans si les défis réglementaires sont surmontés.

Un tournant que l’Europe ne peut plus ignorer
Auto China 2026 renforce une conviction qui s’impose progressivement dans les directions stratégiques des constructeurs européens. La compétition avec la Chine ne se jouera pas uniquement sur le prix ou la technologie. Elle se jouera sur la capacité à proposer un écosystème de services intégré, du véhicule jusqu’au téléphone. Sur ce terrain, les groupes chinois ont pris une avance réelle.
Pensez-vous que les constructeurs européens peuvent encore rattraper leur retard face aux marques chinoises ? Partagez votre avis en commentaire.
Sources : Euronews
