Catholiques en Chine : l’accord Vatican Chine 2018 accusé d’accentuer la pression, selon HRW
Un accord au cœur des tensions diplomatiques
Selon Human Rights Watch, l’accord Vatican Chine 2018 sur les nominations d’évêques a clairement avantagé Pékin. Le mécanisme est simple : la Chine propose des candidats, le Saint-Siège les approuve. Dans les faits, l’ONG estime que les autorités s’en servent pour pousser les communautés clandestines à rejoindre l’église officielle, une association patriotique placée sous le contrôle du Parti communiste chinois.
Le texte de cet accord reste confidentiel (texte intégral non publié). HRW observe toutefois une conséquence directe : la normalisation institutionnelle servirait de levier pour exiger une loyauté au Parti, sous peine de détention, d’assignation à résidence ou d’autres formes de harcèlement.
- 12 millions de catholiques en Chine concernés, selon HRW
- Accord signé en 2018 entre Pékin et le Saint-Siège
- 5 nominations d’évêques approuvées depuis mai 2025 par le nouveau pape, d’après HRW
- Dont 2 évêques choisis unilatéralement par le gouvernement chinois, selon HRW
- Rapport rendu public le 16 avril, affirme Franceinfo
- Deux réalités coexistent en Chine : une église catholique officielle reconnue par l’État et une église souterraine qui refuse toute allégeance au Parti
- HRW décrit un contrôle idéologique renforcé, des pratiques surveillées et un encadrement strict des activités religieuses
- La Chine a signé mais n’a jamais ratifié le Pacte international relatif à la liberté de pensée, de conscience et de religion
- Le Vatican conserve un rôle d’approbation des évêques, mais Pékin garde la main sur le choix des candidats

Une surveillance qui s’installe dans le quotidien
Le rapport décrit un contrôle idéologique renforcé et une surveillance étroite de la vie catholique. Les voyages à l’étranger du clergé sont encadrés. HRW signale aussi l’interdiction faite aux enfants d’accéder aux lieux de culte – une mesure qui touche directement la transmission de la foi et le tissu paroissial.
Ces restrictions s’ajoutent à une surveillance systématique des rassemblements. L’objectif, selon HRW, est de réduire l’autonomie des communautés et d’aligner les pratiques catholiques sur les priorités politiques du régime.
Les communautés clandestines dans l’étau
Les communautés dites souterraines, qui refusent d’adhérer à l’église officielle, se trouvent au centre des tensions. HRW documente des serments de loyauté imposés au Parti communiste chinois, sous la menace de détention, d’assignation à résidence ou d’autres formes de harcèlement. L’accord de 2018 serait instrumentalisé pour accélérer leur absorption forcée dans la structure patriotique contrôlée par l’État.
Le choix imposé est brutal : rejoindre l’église officielle en acceptant les règles du Parti, ou rester clandestin au risque d’une répression accrue.
Nominations d’évêques : Pékin aux commandes
Le point central reste la nomination des évêques. Pékin propose, le Vatican approuve. HRW cite des cas récents : depuis l’entrée en fonction du nouveau pape en mai 2025, cinq nominations issues de propositions chinoises ont été validées, dont deux évêques choisis unilatéralement par le gouvernement pendant la période de deuil suivant la mort du pape François.
Pour HRW, ces validations illustrent une disposition du Saint-Siège à céder du terrain, vécue comme une trahison par nombre de catholiques chinois. Le texte de l’accord demeure opaque (non rendu public), et le sentiment d’impuissance s’installe chez des fidèles qui voient leur hiérarchie religieuse encadrée par la machine politique.
Un vide juridique international
À l’échelle internationale, HRW rappelle que la Chine n’a pas ratifié le Pacte international relatif à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce choix prive les catholiques d’un ancrage juridique pour contester les restrictions imposées. Il creuse l’écart entre la souveraineté religieuse revendiquée par l’État et la protection concrète des croyants.

Enjeux pour la diplomatie et la liberté religieuse
L’accord de 2018 visait à stabiliser la question des évêques et à réduire les fractures au sein de l’Église en Chine. HRW estime qu’il sert désormais à homogénéiser le paysage religieux sous tutelle politique. Résultat : une église officielle étroitement contrôlée d’un côté, des communautés clandestines qui paient le prix fort pour rester indépendantes de l’autre.
Pour le Vatican, le pari d’un dialogue pragmatique bute sur la perception de concessions unilatérales. Pour les fidèles, la contrainte quotidienne – surveillance, restrictions, loyauté exigée – redéfinit concrètement les marges de pratique. La question de la liberté religieuse dans un système qui privilégie la conformité idéologique reste entière.
- HRW décrit une répression accrue des catholiques en Chine et une surveillance renforcée des activités religieuses
- L’accord Vatican Chine 2018 sert, selon HRW, à pousser les communautés clandestines vers l’église officielle contrôlée par le Parti
- Parmi les restrictions documentées : interdiction aux enfants d’entrer dans les lieux de culte, voyages du clergé strictement encadrés
- Cinq nominations d’évêques validées depuis mai 2025, dont deux choisies unilatéralement par Pékin
- La Chine n’a pas ratifié le pacte international protégeant explicitement la liberté de religion
Points de vigilance
À court terme, le rapport de HRW dessine un chemin étroit : maintenir un canal diplomatique tout en préservant des espaces de pratique pour les 12 millions de catholiques. La publication du texte de l’accord (aujourd’hui non rendu public) et des garanties concrètes pour les communautés souterraines apparaissent comme des conditions minimales. La question est de savoir si le dialogue peut avancer sans aggraver les pressions décrites par l’ONG.
Et vous, comment percevez-vous l’impact de l’accord Vatican Chine 2018 sur la vie des catholiques en Chine ? Partagez votre analyse dans les commentaires.
Sources : Franceinfo
