Joshua Wong face à une deuxième affaire de sécurité nationale : Hong Kong resserre l’étau
Le militant prodémocratie hongkongais Joshua Wong connaîtra sa peine le 2 septembre 2025 dans une nouvelle affaire liée à la loi sur la sécurité nationale. Imposée par Pékin en 2020, cette loi a progressivement réduit au silence l’opposition démocratique à Hong Kong. Pour Wong, c’est déjà la deuxième procédure engagée sous ce texte – un signal fort sur l’état des libertés dans l’ancienne colonie britannique.
- Joshua Wong sera condamné le 2 septembre dans une 2e affaire de sécurité nationale à Hong Kong.
- Il est accusé d’avoir conspiré avec des forces étrangères pour nuire à Hong Kong et à la Chine.
- Il purge déjà une peine de 4 ans et 8 mois pour une première affaire similaire.
Un militant deux fois rattrapé par la même loi
Joshua Wong a été arrêté en juin 2025. Les autorités hongkongaises l’accusent d’avoir conspiré avec des forces étrangères pour nuire à la sécurité nationale. Plus précisément, il lui est reproché d’avoir, entre juillet et novembre 2020, tenté d’inciter des gouvernements et organisations étrangers à imposer des sanctions contre Hong Kong et la Chine.
Son complice présumé principal est Nathan Law, un ancien militant aujourd’hui en exil au Royaume-Uni. Les deux hommes avaient cofondé ensemble le parti Demosisto en 2016. Ce parti s’est dissous dès l’entrée en vigueur de la loi sur la sécurité nationale, en 2020.
- 3 à 10 ans de prison : peine prévue pour l’infraction reprochée à Wong.
- Réclusion à perpétuité possible si l’acte est jugé « d’une gravité particulière ».
- 4 ans et 8 mois : peine déjà prononcée contre Wong en 2024 dans une première affaire.
- 1 million de dollars hongkongais (111 641 €) : récompense offerte pour l’arrestation de Nathan Law.
- 2020 : année d’adoption de la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong.
- La loi sur la sécurité nationale a été imposée par Pékin en 2020, après les grandes manifestations prodémocratie de 2019 à Hong Kong.
- Joshua Wong s’est fait connaître dès 2012 en menant des manifestations lycéennes contre un projet d’éducation nationale pro-Pékin.
- En 2024, un tribunal londonien a condamné un ancien agent frontalier britannique et un ex-policier hongkongais pour avoir espionné des dissidents au Royaume-Uni, dont Nathan Law.

Un parcours militant progressivement criminalisé
Wong n’est pas un inconnu des tribunaux. Dès 2012, il menait des manifestations lycéennes contre l’introduction d’une éducation nationale jugée trop pro-Pékin. En 2014, il devenait l’une des figures du mouvement Occupy. Son visage a fait le tour du monde.
En 2019, lors des grandes manifestations antigouvernementales, Wong cherchait activement un soutien international pour le mouvement. C’est précisément ce lobbying à l’étranger que Pékin a retenu contre lui. Les autorités chinoises l’ont alors présenté comme un partisan de l’indépendance de Hong Kong qui sollicitait une ingérence étrangère.
En 2024, il plaidait déjà coupable dans une première affaire de sécurité nationale, liée cette fois à une primaire officieuse organisée par l’opposition. Sa peine : 4 ans et 8 mois de prison. Cette nouvelle procédure vient s’y ajouter.
La loi de sécurité nationale, outil de contrôle durable
Adoptée en 2020 dans le sillage des manifestations de 2019, la loi sur la sécurité nationale a profondément transformé le paysage politique hongkongais. Les autorités la présentent comme un outil de stabilisation. Ses critiques – ONG, défenseurs des droits humains, gouvernements occidentaux – y voient surtout un instrument de répression.
Le texte criminalise la sécession, la subversion, le terrorisme et la collusion avec des forces étrangères. Cette dernière catégorie est particulièrement large. Elle peut couvrir des activités aussi diverses que des échanges avec des parlementaires étrangers ou des déclarations publiques à l’international.
Depuis son entrée en vigueur, des dizaines de militants, journalistes et élus de l’opposition ont été arrêtés, poursuivis ou contraints à l’exil. Le parti Demosisto de Wong en est l’exemple direct : il s’est dissous le jour même de l’adoption de la loi.
Nathan Law dans le viseur depuis l’exil
Nathan Law, cofondateur de Demosisto avec Wong, vit aujourd’hui au Royaume-Uni. Les autorités hongkongaises ont mis sa tête à prix : 1 million de dollars hongkongais, soit environ 111 000 euros, pour toute information menant à son arrestation.
La pression ne s’arrête pas là. En 2024, un tribunal londonien a condamné un ancien agent des services frontaliers britanniques et un ex-policier hongkongais à des peines de prison. Leur crime : avoir espionné des dissidents et des critiques de Pékin sur le sol britannique. Nathan Law figurait parmi leurs cibles.
Cet épisode semble indiquer que la surveillance des militants en exil dépasse largement les frontières de Hong Kong. Elle se prolonge jusqu’en Europe, avec des relais locaux recrutés pour surveiller la diaspora dissidente.
Pourquoi le cas Wong dépasse Hong Kong
Le destin de Joshua Wong sert de référence internationale dans les débats sur l’autonomie de Hong Kong. Son nom est régulièrement cité dans les rapports des ONG, dans les déclarations des gouvernements occidentaux et devant les instances des Nations unies.
Sa deuxième condamnation potentielle envoie un message clair. Même un militant déjà emprisonné, déjà condamné, peut être poursuivi à nouveau sur la base de faits antérieurs à sa première affaire. La loi de sécurité nationale autorise cette accumulation de chefs d’accusation.
Cette logique peut être lue comme une volonté de maintenir les militants les plus emblématiques hors d’état de nuire pour une durée maximale – bien au-delà de ce qu’une seule condamnation permettrait.
- Joshua Wong sera condamné le 2 septembre dans une 2e affaire de sécurité nationale à Hong Kong.
- Il est accusé d’avoir conspiré avec des forces étrangères entre juillet et novembre 2020.
- La peine encourt de 3 à 10 ans, voire la réclusion à perpétuité dans les cas les plus graves.
- Il purge déjà 4 ans et 8 mois pour une première condamnation prononcée en 2024.
- Nathan Law, son ancien complice présumé, est surveillé depuis son exil au Royaume-Uni.

Un symbole prodémocratie confronté à une répression sans fin
À chaque étape de son parcours – lycéen contestataire en 2012, leader d’Occupy en 2014, cofondateur d’un parti politique en 2016, lobbyiste international en 2019 – Joshua Wong a incarné la résistance civique à Hong Kong. Aujourd’hui, ce même parcours est retourné contre lui devant les tribunaux. La date du 2 septembre 2025 marquera une nouvelle étape dans cette criminalisation progressive de l’activisme prodémocratie.
Et vous, comment analysez-vous l’évolution des libertés civiques à Hong Kong depuis 2020 ? Partagez votre point de vue en commentaire.
Sources : Euronews
