Sommet Trump-Xi à Pékin : les marchés mondiaux portés par l’espoir d’une désescalade
Donald Trump et Xi Jinping se sont rencontrés au Grand Palais du Peuple à Pékin. Les marchés mondiaux ont réagi positivement, portés par l’espoir d’une coopération accrue entre les deux premières économies mondiales. Au coeur des discussions : le commerce bilatéral, Taïwan et surtout le détroit d’Ormuz, fermé depuis le début de la guerre en Iran il y a trois mois.
- Trump et Xi se réunissent à Pékin pour évoquer les relations sino-américaines et la crise en Iran.
- Les deux dirigeants s’accordent pour maintenir le détroit d’Ormuz ouvert.
- Wall Street inscrit de nouveaux records, tirée par les valeurs technologiques.
- Le pétrole dépasse les 105 dollars le baril, contre 70 dollars avant la guerre en Iran.
Un sommet sous tension géopolitique
La rencontre entre Trump et Xi s’est tenue dans un contexte mondial particulièrement tendu. La guerre en Iran, déclenchée fin février, entre dans son troisième mois sans issue visible. Elle pèse sur les marchés de l’énergie et sur la stabilité des échanges commerciaux mondiaux.
Les analystes n’attendaient pas de percée majeure lors de ce sommet. Pourtant, un signal fort a été envoyé : les deux parties ont convenu que le détroit d’Ormuz devait rester ouvert. Ce passage maritime stratégique représente environ 20 % des échanges pétroliers mondiaux. Sa fermeture partielle depuis le début du conflit a provoqué un choc d’approvisionnement sans précédent.
- Brent : 105,87 dollars le baril, contre environ 70 dollars avant la guerre en Iran
- S&P 500 : 7 444,25 points, nouveau record historique
- Nasdaq Composite : 26 402,34 points, nouveau record
- DAX (Francfort) : +1,4 % à 24 462,22 points
- Rendement du bon du Trésor américain à 10 ans : 4,46 %, contre 3,97 % avant le conflit
- La guerre en Iran a débuté fin février, perturbant les flux pétroliers mondiaux via le détroit d’Ormuz.
- L’Agence internationale de l’énergie a alerté mercredi sur un épuisement des stocks pétroliers mondiaux à un rythme inédit.
- Le Sénat américain a confirmé Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale, en remplacement de Jerome Powell.

Le pétrole comme enjeu central entre Washington et Pékin
Des responsables américains avaient, avant le sommet, évoqué une carte maîtresse : la Chine entretient des liens économiques étroits avec Téhéran. Washington espérait que Pékin use de cette influence pour pousser l’Iran à rouvrir le détroit. La Maison-Blanche a confirmé que les deux dirigeants ont discuté en ce sens.
L’accord sur l’ouverture du détroit, même symbolique à ce stade, peut être lu comme un premier test de coopération sino-américaine sur un dossier à fort enjeu stratégique. Il semble indiquer que les deux puissances partagent un intérêt commun dans la stabilisation des marchés énergétiques mondiaux.
Le baril de Brent reste cependant au-dessus de 105 dollars. Le WTI américain recule légèrement à 100,86 dollars. Les tensions sur l’approvisionnement n’ont pas disparu avec un seul communiqué.
Wall Street atteint de nouveaux sommets, portée par la tech
La veille du sommet, Wall Street avait déjà salué les perspectives d’un réchauffement sino-américain. Le S&P 500 a clôturé à 7 444,25 points, un record absolu. Le Nasdaq a progressé de 1,2 % à 26 402,34 points, également un record.
Les valeurs technologiques ont mené la hausse. Jensen Huang, PDG de Nvidia, accompagnait la délégation Trump à Pékin. Sa présence a alimenté les spéculations sur une possible réouverture des exportations de puces H200 vers la Chine. Tim Cook d’Apple et Elon Musk de Tesla faisaient aussi partie du voyage.
Les dirigeants d’entreprises américains ont rencontré le Premier ministre chinois Li Qiang. Ces échanges business-to-government, rares à ce niveau, renforcent l’hypothèse que le sommet visait aussi à relancer des négociations commerciales concrètes.
L’Asie divisée : Séoul au sommet, Shanghai en recul
Les marchés asiatiques ont réagi de façon contrastée. À Séoul, le Kospi a bondi de 1,8 % à 7 981,41 points, un nouveau record porté par les valeurs technologiques et le boom de l’intelligence artificielle. À Tokyo, le Nikkei a perdu 1 %, après avoir brièvement frôlé les 63 700 points en séance.
Shanghai a cédé 1,5 % à 4 177,92 points. Hong Kong est resté stable. Ce recul du marché chinois peut être interprété comme une forme de prudence locale : les investisseurs attendent des actes concrets, pas seulement des déclarations d’intention.
L’Europe profite du vent favorable venu de l’Ouest
Les Bourses européennes ont ouvert en hausse. Le DAX de Francfort a progressé de 1,4 %, porté par les valeurs exportatrices sensibles aux perspectives sino-américaines. Le CAC 40 gagnait 0,6 %, le FTSE 100 londonien 0,3 %.
Au Royaume-Uni, la croissance économique de 0,3 % en mars a également soutenu le moral des investisseurs, malgré les perturbations liées à la guerre en Iran.

La Fed change de cap : Kevin Warsh prend les rênes
Dans le même temps, le Sénat américain a confirmé Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale. Il remplace Jerome Powell, que Trump critiquait ouvertement pour sa gestion des taux d’intérêt. Ce changement intervient dans un contexte inflationniste aggravé par le choc énergétique.
Un rapport publié mercredi a révélé une forte hausse des prix de gros aux États-Unis en avril. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans reste à 4,46 %, bien au-dessus des 3,97 % d’avant-guerre. La nomination de Warsh renforce l’hypothèse d’un virage vers une politique monétaire plus accommodante.
- Trump et Xi s’accordent pour maintenir le détroit d’Ormuz ouvert, signal fort de coopération.
- Wall Street inscrit de nouveaux records, tirée par les valeurs technologiques et l’espoir d’accords commerciaux.
- Le pétrole reste au-dessus de 105 dollars malgré les signaux positifs du sommet.
- Kevin Warsh prend la tête de la Fed dans un contexte d’inflation persistante aux États-Unis.
- Les marchés chinois reculent, signe de prudence face à des annonces encore peu concrètes.
Un réchauffement diplomatique qui reste à confirmer dans les faits
Le sommet de Pékin a envoyé des signaux positifs aux marchés. Mais la prudence des analystes et le recul de Shanghai rappellent que les déclarations diplomatiques ne suffisent pas. L’ouverture effective du détroit d’Ormuz, les modalités d’exportation des puces Nvidia et l’évolution du conflit en Iran sont autant de variables qui conditionneront la suite. Le rapprochement sino-américain semble amorcé. Il n’est pas encore acquis.
Et vous, pensez-vous que ce sommet Trump-Xi marque un vrai tournant dans les relations sino-américaines ? Donnez votre avis en commentaires.
Sources : Euronews
