Chinecroissance

Toute l'Actualité Economique de la Chine et sa croissance

french_masters_degree

Un administrateur du site Internet au doux nom de «Success» (succès) répond par «chat», en anglais, à notre demande. «Tu veux un diplôme de l’université Paris-VI, un master 2 en ingénierie financière ? Pas de problème, c’est 1 000 euros le parchemin. Je te l’en­voie dans trois jours de la main à la main où que tu sois dans le monde. Pour un diplôme français, c’est vraiment pas cher.»

Devant notre perplexité, le faussaire, qui se dit chinois, insiste : un diplôme canadien nous tenterait peut-être davantage ? Mais c’est plus cher : 1 200 euros. «La plupart de mes clients sont en France», affirme-t-il, sans qu’il soit évidemment possible de vérifier quoi que ce soit. Avant de couper court à la conversation, il explique ne vouloir répondre qu’aux «questions de business». Soupçonnée la semaine dernière par la justice de trafic de diplômes impliquant des dizaines d’étudiants chinois, l’université de Toulon (Var) a contre-attaqué mardi en révélant le nom de ce site plutôt louche.

Laroussi Oueslati, le président de Toulon, a contacté l’ensemble des présidents d’université français «afin de les alerter», assure-t-il au Figaro : France163.com propose à la vente un certain nombre de diplômes de master et de licence, de différentes universités françaises dont les universités de Franche-Comté, Bordeaux-IV, Paris-VII, Paris-III, Paris-IV, Paris René-Descartes ou encore Aix-Marseille I et II.

Enquête interne

Ces copies sont disponibles à la vente, en ligne, grâce à un paiement sécurisé par carte bancaire pour un prix de base tournant officiellement autour de 1 000 yuans, soit 122 euros. Le site vend notamment en guise de slogan «le succès des réseaux en France» et affiche sur son interface les copies des diplômes. Ces derniers sont semblables à ceux délivrés sur le territoire français. «Face à de tels faits, susceptibles de nuire à la réputation des universités françaises, nous avons le regret de vous faire parvenir ces informations afin de vous permettre de défendre au mieux les intérêts de votre institution», a écrit Laroussi Oueslati aux présidents d’université. Ce dernier explique avoir découvert le site en faisant mener une enquête interne par son centre de ressources informatiques sur les officines chinoises ou françaises œuvrant sur Internet.

Déjà en 2006, une étude de chercheurs de l’Ire du-CNRS et de l’Inra-Enesad révélait que la fraude au diplôme avait pris une ampleur nouvelle avec la globalisation de l’enseignement supérieur et le développement des nouvelles tech­nologies. Les pays le plus touchés sont les pays anglo-saxons et la Chine et chaque «usine à diplômes» engendrerait «un chiffre d’affaires annuel estimé à plus de 20 millions de dollars», affirmaient-ils.

(Source : le Figaro)

Un faux diplôme en Chine: facile à obtenir, moins à utiliserEn une heure et pour une trentaine d’euros, il est possible de se procurer en Chine un faux diplôme universitaire, mais les chances de leurrer un employeur ou une université étrangère ont diminué avec la chasse au trafic menée depuis le début des années 2000.

Tout comme le certificat de mariage ou le permis de conduire, le diplôme est l’objet de trafics dans ce pays où le sport de la contrefaçon ne s’arrête pas aux sacs Hermès, aux chaussures Tod’s ou aux systèmes d’exploitation Windows.

Les mesures mises en place par la Chine ont permis de limiter la triche et de nombreux diplômes contrefaits sont décelés par des procédures d’authentification.

Mais les allégations sur un trafic de diplômes destinés à des étudiants chinois dans plusieurs universités françaises, si elles se confirmaient, feraient écho à une pratique encore largement répandue en Chine, où l’accès aux études supérieures est très sélectif et le diplôme un sésame pour faire carrière.

Lire la suite… »