Chinecroissance

Toute l'Actualité Economique de la Chine et sa croissance

Wen Jiabao

Grâce à la demande interne, l’indice de production manufacturière redémarre.

Le premier ministre, Wen Jiabao, l’avait promis en début d’année : la Chine serait la première à sortir de la crise. Le Bureau national des statistiques (BNS) veut y croire, après la publication de l’indice des achats manufacturiers en hausse à 52,4 en mars contre 49 en février. Au-dessus de la barre des 50 en mars, il indique une progression de la production manufacturière.

«L’indice ne montre pas seulement que le plan de relance du gouvernement a commencé à faire effet, mais indique également une stabilisation de l’économie», assure Ma Jiantang, porte-parole du BNS. Le secteur manufacturier est un des bénéficiaires des généreux crédits accordés par les banques chinoises sur les injonctions du gouvernement.

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Gao Haihong Directrice du département de finances internationales à l’Académie des sciences sociales de Pékin Recueilli par PASCALE NIVELLE (à Pékin)

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«Je parle de quelque chose que je ne verrai sans doute pas de mon vivant : le remplacement du dollar tout-puissant par une monnaie supranationale sur les marchés internationaux.»

«La Chine et tous les pays émergents, dépendants du dollar, en rêvent. Zhou Xiaochuan, le gouverneur de la Banque centrale chinoise, a fait cette proposition à la veille du G20. Ce n’est pas un concept nouveau, notre Premier ministre l’a déjà évoqué.

Ce qui l’est, c’est qu’un fonctionnaire de haut rang s’exprime publiquement et de façon claire. La prédominance du dollar, imposée aux pays émergents, est un choix irresponsable des Etats-Unis. Au mieux, on peut les taxer d’ignorance de bonne foi, mais la dévaluation du dollar est surtout bénéfique à leur marché. Leur plan de relance stimulera leur économie, mais accroîtra les risques d’instabilité sur les marchés internationaux.

«L’établissement d’une monnaie supranationale, en fait un paquet de monnaies, atténuerait les effets négatifs des taux de change. Elle prendrait en compte le yuan et le poids de notre économie réelle, cela rétablirait un équilibre. Ni moi ni Zhou Xiaochuan n’avons précisé de quelle manière cette réforme peut se faire. On en parle de façon abstraite, un peu idéale. Quelle institution pour la mettre en œuvre ? Le FMI peut être une option mais, pour l’instant, il est géré par les Etats-Unis.»

«Il faudrait inventer une structure où chaque pays serait représenté correctement. La Chine est un grand pays toujours en développement, beaucoup de facteurs limitent encore sa revendication d’une place importante dans les institutions internationales. Mais ce jour viendra en temps opportun. Nous nous donnons du temps, et nous avons confiance. L’important, c’est que la Chine s’exprime sur ces sujets. Au dernier G20, la Chine était plus en retrait. Aujourd’hui, elle donne sa réponse au plan de relance du gouvernement américain, qui comprend le rachat massif de sa dette. Il est temps que nous déclarions aux Américains que nous avons le choix. Et que le soutien de la Chine aux Etats-Unis ne sera total que si son intérêt est garanti.»

Gao Haihong, 45 ans, est directrice du département finances internationales à l’Académie des sciences sociales de Pékin, proche du gouvernement.

(source : Liberation.fr)