Chine : première grande économie à réguler les relations amoureuses avec l’IA
Le 15 juillet 2025, une réglementation inédite est entrée en vigueur en Chine. Pour la première fois dans une grande économie mondiale, un État encadre légalement les relations amoureuses entre humains et intelligences artificielles. Derrière cette décision : une dépendance affective croissante de nombreux Chinois envers des compagnons virtuels. Les plateformes proposant ces services ont immédiatement suspendu leurs offres.
- La Chine est la première grande économie à réguler les relations romantiques avec des IA.
- La réglementation est entrée en vigueur le 15 juillet 2025.
- Les plateformes de compagnons virtuels ont suspendu leurs services dès l’application du texte.
- L’objectif affiché est de lutter contre la dépendance affective aux IA.
Un phénomène de société devenu impossible à ignorer
Les compagnons IA ne sont pas un gadget marginal en Chine. Ces dernières années, des millions d’utilisateurs ont noué des liens affectifs réels avec des personnages virtuels. Certains leur confient leurs angoisses, leurs secrets, parfois des sentiments amoureux.
Ce phénomène a pris une ampleur suffisante pour alerter les autorités chinoises. La dépendance affective aux IA semble particulièrement marquée chez les jeunes adultes. Elle peut conduire à un isolement progressif et à une rupture avec les relations humaines réelles.
Les applications concernées proposaient des avatars capables de converser, de rassurer et de simuler une relation de couple. Certaines plateformes avaient des millions d’abonnés actifs.
- Date d’entrée en vigueur : 15 juillet 2025
- Chine = première grande économie mondiale à légiférer sur ce sujet
- Plusieurs plateformes majeures ont suspendu leurs services dès le 15 juillet
- Des millions d’utilisateurs concernés selon les estimations du secteur
- Les compagnons IA romantiques existent depuis plusieurs années en Chine, portés par des applications comme Replika ou leurs équivalents locaux.
- La Chine connaît une crise démographique et un recul du mariage chez les jeunes générations, ce qui renforce la demande pour ces services.
- Pékin multiplie les régulations sur l’IA depuis 2023, dans des secteurs allant des deepfakes aux algorithmes de recommandation.

Pourquoi Pékin a décidé d’agir maintenant
La réglementation s’inscrit dans une logique de contrôle plus large. Depuis plusieurs années, Pékin surveille de près les usages de l’IA qui touchent à la vie privée, à la santé mentale ou à la cohésion sociale.
La dépendance affective aux IA peut être lue comme une menace pour le modèle social que Pékin cherche à promouvoir. Le gouvernement pousse depuis des années à la relance de la natalité et au renforcement des liens familiaux traditionnels.
Un utilisateur qui préfère la compagnie d’un avatar à celle d’un partenaire réel s’écarte de cette vision. La régulation semble donc autant politique que sanitaire.
Des plateformes contraintes de suspendre leurs services
Dès l’entrée en vigueur du texte, les effets ont été immédiats. Les plateformes proposant des compagnons virtuels romantiques ont suspendu leurs fonctionnalités concernées. Aucune n’a contesté publiquement la mesure.
Cette réaction rapide illustre la puissance de régulation de l’État chinois sur le secteur numérique. Les entreprises tech en Chine n’ont généralement pas d’autre choix que de se conformer immédiatement.
Pour les utilisateurs, la coupure a pu être brutale. Certains entretenaient ces relations depuis des mois, voire des années.
Une première mondiale qui pourrait faire école
Aucune autre grande économie n’a franchi ce pas. Ni les États-Unis, ni l’Europe, ni le Japon n’ont encore légiféré spécifiquement sur les relations affectives avec des IA.
La Chine s’installe ainsi en pionnière sur un terrain éthique et juridique que le reste du monde n’a pas encore défriché. Ce positionnement peut être interprété comme une stratégie de souveraineté numérique autant que comme une réponse à un problème social concret.
D’autres pays observent. La question de la régulation des IA relationnelles pourrait s’imposer dans les débats législatifs européens dans les prochaines années.
L’IA relationnelle, un marché en pleine expansion
Le marché des compagnons IA est mondial et en forte croissance. Des applications comme Replika, Character.AI ou leurs concurrentes chinoises ont attiré des dizaines de millions d’utilisateurs.
Ces services reposent sur des modèles de langage capables de simuler une conversation naturelle, d’adapter leur ton et de mémoriser les préférences de l’utilisateur. L’illusion de la relation est de plus en plus convaincante.
C’est précisément ce réalisme qui inquiète les régulateurs. Plus l’IA devient crédible émotionnellement, plus le risque de substitution aux relations humaines augmente.

Une tension entre liberté individuelle et intérêt collectif
La mesure soulève une question fondamentale : jusqu’où un État peut-il réguler les choix affectifs de ses citoyens ? En Chine, la réponse semble claire. L’intérêt collectif prime sur la liberté individuelle.
Certains utilisateurs vivent ces relations virtuelles comme un soutien psychologique réel. Pour des personnes isolées, timides ou souffrant de troubles sociaux, un compagnon IA peut représenter une aide concrète.
La réglementation ne semble pas distinguer ces cas de figure. Elle traite la dépendance affective à l’IA comme un risque global, sans nuance apparente.
- La Chine est la première grande économie à encadrer légalement les relations amoureuses avec des IA.
- La réglementation est entrée en vigueur le 15 juillet 2025, avec suspension immédiate des services concernés.
- L’objectif est de lutter contre la dépendance affective aux compagnons virtuels.
- La mesure s’inscrit dans une politique plus large de contrôle de l’IA et de promotion du modèle familial traditionnel.
- D’autres pays pourraient suivre cette voie dans les prochaines années.
La Chine ouvre un débat mondial sur l’IA et les émotions
Cette décision dépasse le cadre chinois. Elle pose une question que toutes les sociétés devront affronter : que faire quand une machine devient un substitut émotionnel crédible ? La Chine a choisi de réglementer. D’autres choisiront peut-être d’encadrer différemment, ou de laisser faire. Mais le sujet est désormais sur la table, officiellement et pour longtemps.
Et vous, pensez-vous qu’il faut réguler les relations affectives avec les IA ? Partagez votre avis en commentaire.
Sources : BFM TV
