Crue au Népal-Tibet : plus de 680 morts et 3 000 disparus après l’effondrement d’un glacier
Le mercredi 27 août 2026, un pan de glacier s’est effondré dans l’Himalaya, à la frontière entre le Népal et la province chinoise du Tibet. En quelques minutes, une rivière paisible s’est transformée en un fleuve de boue et de glace. Bilan provisoire : plus de 682 morts et près de 3 000 disparus. Cette catastrophe soulève une question brûlante : le changement climatique est-il en train de transformer l’Himalaya en zone à risque permanent ?
- Un glacier s’effondre le 27 août 2026 à la frontière Népal-Tibet, déclenchant une coulée dévastatrice.
- 682 corps retrouvés, près de 3 000 personnes toujours portées disparues trois jours après.
- Des touristes, pèlerins et ouvriers étrangers figurent parmi les victimes et les disparus.
- Les autorités népalaises et l’ONU pointent directement le changement climatique.
Un glacier qui s’effondre et emporte tout sur son passage
Mercredi 27 août au matin, les habitants de la vallée de Nuwakot n’ont eu aucun signe avant-coureur. L’effondrement du glacier a été brutal. En un instant, une coulée de débris glacés a tout balayé : maisons, ponts, routes, chantiers.
L’Institut d’études géologiques des États-Unis a confirmé que la cause est l’effondrement d’un pan de glacier. Ce type d’événement libère des volumes d’eau et de glace considérables en quelques secondes. Le résultat est une vague de boue et de débris qui dévale les pentes à une vitesse impossible à fuir.
« Toutes les habitations près de la rivière ont été emportées. Il ne reste plus rien », a résumé Buddhi Ram Dangol, un habitant de la vallée ensevelie, interrogé par l’AFP.
Un ingénieur indien de 29 ans, Ananay Sharma, travaillait sur un chantier hydroélectrique au moment de la catastrophe. « J’ai entendu un bruit fracassant. Quand j’en suis ressorti, tout avait disparu, sauf la rivière », a-t-il témoigné.
- 682 corps retrouvés au 29 août, dont 675 côté népalais et 7 côté chinois.
- Près de 3 000 personnes disparues : 2 426 au Népal et 556 en Chine.
- 93 000 sinistrés selon la Croix-Rouge internationale.
- 933 employés d’une centrale hydroélectrique portés disparus.
- Coût de reconstruction estimé à « plusieurs milliards de dollars » par le gouvernement népalais.
- La région de l’Himalaya est un carrefour entre le Népal et le Tibet chinois, fréquenté par des randonneurs, des pèlerins hindous et bouddhistes, et des ouvriers étrangers sur des chantiers hydroélectriques.
- Cette catastrophe est la plus meurtrière au Népal depuis le séisme de 2015, qui avait fait environ 9 000 morts.
- Les inondations et glissements de terrain sont fréquents pendant la mousson (juin-septembre) en Asie du Sud, mais les scientifiques alertent sur leur intensification liée au réchauffement climatique.

Des disparus venus du monde entier
Parmi les 3 000 disparus, la diversité des profils est frappante. On compte des centaines de touristes, des pèlerins en route vers le mont sacré Kailash au Tibet, des ouvriers étrangers employés sur les chantiers de barrages hydroélectriques, et des habitants des villages rasés.
Côté népalais, 517 des disparus sont des ressortissants étrangers. En Chine, 260 étrangers sont également sans nouvelles. La fondation Isha, dirigée par le chef spirituel hindou Sadhguru, a annoncé que 80 de ses membres se trouvaient dans la région de Gyirong au moment de la catastrophe. « Pour l’instant, rien ne semble laisser espérer la présence de survivants », a-t-elle précisé.
Une pèlerine indienne, Sivaranjani Muthunathan, 46 ans, a raconté que deux des trois cars de son groupe de 57 fidèles avaient été emportés par la coulée. « Soudain, nous avons été pris dans une sorte de brouillard, de fumée, qui a tout enveloppé », a-t-elle témoigné à l’AFP.
Quatre ressortissants français sont également portés disparus, selon le ministère français des Affaires étrangères.
Des secours à bout de forces dans des conditions extrêmes
Trois jours après la catastrophe, les équipes de secours opèrent dans des conditions épuisantes. La boue omniprésente, les routes détruites et le risque de nouvelles inondations ralentissent chaque opération.
« Les gens veulent absolument retrouver leurs proches, morts ou vifs, mais on n’y arrive pas. Regardez toute cette boue », a confié à l’AFP Kawan Koirala, secouriste népalais, après dix-huit heures de travail ininterrompu. « C’est la première fois que je vois ça. »
Une petite lueur d’espoir est apparue samedi soir : l’armée népalaise a réussi à insérer un tuyau d’air dans un tunnel où des ouvriers pourraient encore être en vie. Le ministre népalais de l’Intérieur, Sudan Gurung, a confirmé le début des travaux d’excavation. Selon le gouvernement, plus de cent ouvriers pourraient être encore vivants dans les tunnels des chantiers Trishuli 3A et 3B.
En Chine, des milliers de secouristes ont bataillé pour atteindre le poste-frontière de Gyirong, à 1 830 mètres d’altitude, au cœur de la zone la plus dévastée. La télévision publique CCTV a diffusé des images de pompiers traversant des torrents sur des bateaux pneumatiques ou hélitreuillés par drone. « La plus grande difficulté, c’est d’assurer la sécurité de nos militaires », a déclaré l’officier Jiang Wanqiang.
Le risque d’une deuxième vague pris très au sérieux
L’effondrement du glacier a créé un lac de retenue en amont du poste-frontière de Gyirong. Cette masse d’eau menaçait de céder brutalement, forçant la suspension des opérations de secours côté chinois le vendredi 28 août.
Samedi soir, l’agence Chine nouvelle a précisé que le lac présentait désormais « un écoulement naturel normal » et que l’obstruction était « presque totalement évacuée ». La surface du lac avait diminué de 21 000 mètres carrés entre jeudi et samedi, selon la CCTV. Ce recul du niveau d’eau a permis la reprise des opérations de secours dans la zone.
Le changement climatique, principal accusé
Dès le lendemain de la catastrophe, les autorités népalaises et l’ONU ont désigné le changement climatique comme facteur aggravant. Simon Stiell, responsable de l’ONU Climat, a déclaré : « Le réchauffement climatique provoqué par la combustion de charbon, de pétrole et de gaz rend des tragédies comme celle-ci beaucoup plus probables, fréquentes et graves. »
Le ministre népalais des Affaires étrangères, Shisir Khanal, a ajouté une dimension d’injustice climatique flagrante. « Le Népal émet moins de 0,01 % des gaz à effet de serre, mais nous sommes parmi les principales victimes du changement climatique », a-t-il souligné.
Les glaciologues alertent depuis des années sur l’accélération de la fonte des glaces himalayennes. Cette catastrophe semble confirmer que le risque d’effondrement glaciaire augmente avec le réchauffement. En 1993, des crues avaient déjà fait plus de 1 300 morts au Népal. Le séisme de 2015 avait causé 9 000 victimes. La crue de 2026 s’inscrit dans une série de catastrophes qui frappent le pays avec une intensité croissante.

Des familles dans l’attente et un pays à reconstruire
À Katmandou, des familles ont afflué dans les hôpitaux pour consulter les listes de disparus. Des affiches avec photos et noms ont été placardées sur les murs, ont constaté des journalistes de l’AFP. À Bidur, quartier général des secours népalais, les proches attendent, l’espoir s’amenuisant d’heure en heure.
« Cela fait déjà plus de trois jours. Il y a 99 % de risques pour qu’il ne soit plus en vie », a dit Rishi Shrestha, sans nouvelles de son cousin depuis le début de la catastrophe.
La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a estimé à 93 000 le nombre de sinistrés et évoque un « traumatisme énorme ». Le gouvernement népalais a déjà évalué le coût de la reconstruction à « plusieurs milliards de dollars » et a lancé un appel à la communauté internationale.
- L’effondrement d’un glacier le 27 août 2026 a provoqué une catastrophe majeure à la frontière Népal-Tibet.
- Plus de 682 morts et 3 000 disparus, dont des centaines d’étrangers – touristes, pèlerins et ouvriers.
- Des ouvriers pourraient encore être vivants dans des tunnels ; les secours tentent de les atteindre.
- Le risque d’une deuxième vague lié au lac de retenue glaciaire semble désormais écarté.
- Le Népal et l’ONU pointent le changement climatique comme facteur aggravant direct de cette tragédie.
Une catastrophe qui va bien au-delà du bilan humain
Cette crue himalayenne révèle une vulnérabilité structurelle. Les chantiers hydroélectriques, les circuits de pèlerinage et les routes touristiques sont installés dans des zones à très haut risque glaciaire. À mesure que le réchauffement s’accélère, ces zones vont devenir plus instables. Le Népal, pays parmi les moins pollueurs de la planète, paie un prix disproportionné.
Et vous, pensez-vous que les pays riches font suffisamment pour aider les nations les plus vulnérables face aux catastrophes climatiques ? Donnez votre avis en commentaire.
Sources : France 24 – 29 août 2026, France 24 – 28 août 2026, BFMTV – 27 août 2026
