Xi Jinping veut faire de l’IA un bien commun mondial pour contrer les restrictions américaines
À Shanghai, Xi Jinping a utilisé la Conférence mondiale sur l’intelligence artificielle pour attaquer frontalement la stratégie technologique de Washington. Face aux restrictions américaines sur les puces et l’IA, la Chine propose une alternative : une coopération mondiale placée sous son leadership. L’enjeu dépasse le simple discours – Pékin construit une coalition de pays en développement pour s’affranchir de la domination occidentale dans ce secteur.
- Xi Jinping dénonce les restrictions américaines sur les technologies d’IA comme une « surextension » des impératifs de sécurité nationale.
- La Chine propose 5 000 formations en IA aux pays en développement sur cinq ans.
- 29 pays ont signé un accord pour créer une nouvelle organisation intergouvernementale sur l’IA, basée à Shanghai.
Un discours contre Washington, sans le nommer
Xi Jinping n’a pas prononcé le nom des États-Unis. Il n’en avait pas besoin. En dénonçant la « surextension » des impératifs de sécurité nationale, le message était limpide pour tous les participants.
Les restrictions américaines privent la Chine de puces avancées et de technologies d’IA essentielles. Washington justifie ces mesures par des préoccupations de sécurité nationale. Pékin les présente comme du protectionnisme déguisé.
« Le développement de l’intelligence artificielle ne doit pas être le solo d’un pays, mais une symphonie de coopération mondiale », a déclaré Xi. La formule est habile. Elle positionne la Chine comme défenseure du multilatéralisme, face à une Amérique perçue comme hégémonique.
- 5 000 formations en IA proposées aux pays en développement sur cinq ans
- 30 pays bénéficieront d’un accès au système météorologique IA chinois avec alerte précoce
- 29 pays signataires du nouvel accord pour créer une organisation intergouvernementale sur l’IA
- La Conférence mondiale sur l’intelligence artificielle est organisée chaque année par la Chine à Shanghai.
- Les États-Unis ont progressivement renforcé les restrictions à l’exportation de puces et technologies d’IA vers la Chine depuis 2022.
- Le modèle open source chinois DeepSeek a gagné une audience mondiale en 2024-2025 comme alternative moins coûteuse aux solutions américaines.

Une coalition qui se structure autour de Pékin
La veille du discours de Xi, 29 pays ont signé un accord historique. Russie, Pakistan, Kazakhstan : les signataires forment un bloc qui gravite loin de l’orbite occidentale.
L’accord prévoit la création de l’Organisation mondiale pour la coopération en matière d’intelligence artificielle. Son siège sera à Shanghai. C’est un signal fort : la Chine ne veut pas simplement participer à la gouvernance mondiale de l’IA – elle veut en fixer les règles depuis son territoire.
La conférence elle-même illustre cette ambition. Les dirigeants du Kazakhstan, du Cambodge et de la Thaïlande étaient présents, aux côtés du secrétaire général de l’ONU, António Guterres. La légitimité internationale était explicitement recherchée.
Les pays en développement, cible stratégique de Pékin
L’offre de 5 000 formations en IA n’est pas philanthropique. Elle sert une stratégie précise. La Chine cherche à créer des dépendances technologiques dans les marchés où les entreprises occidentales sont moins présentes.
Pékin estime disposer d’un avantage concurrentiel dans ces pays. Les solutions chinoises sont moins coûteuses. Les modèles open source comme DeepSeek ont déjà démontré qu’ils pouvaient conquérir des marchés sans passer par les écosystèmes américains.
L’accès offert à 30 pays à un système d’IA météorologique avec alerte précoce suit la même logique. C’est un service concret, utile, qui crée un lien technologique direct entre la Chine et ces pays.
Huawei en vitrine malgré les sanctions
La présence de Huawei à la conférence n’est pas anodine. Le géant technologique, lourdement sanctionné par Washington, y présente son système de calcul d’IA Atlas 950 SuperPoD.
Ce choix semble délibéré. Huawei incarne la résistance chinoise aux restrictions américaines. Sa présence sur scène envoie un message : les sanctions n’ont pas brisé la capacité industrielle de la Chine dans le domaine de l’IA.
Le déploiement de systèmes comme l’Atlas 950 SuperPoD peut être lu comme une démonstration de force. La Chine veut prouver qu’elle peut développer ses propres alternatives aux technologies dont elle est privée.
La fracture numérique, nouvel argument de Pékin
En ciblant les pays en développement, Xi Jinping joue une carte supplémentaire. Il se positionne comme le défenseur de ceux que le système technologique occidental exclurait.
C’est un récit qui fonctionne dans de nombreuses régions. L’Afrique, l’Asie du Sud-Est, l’Amérique latine : ces marchés cherchent des partenaires technologiques qui ne leur imposent pas de conditions géopolitiques strictes.
La Chine propose une alternative. Moins chère, souvent open source, et accompagnée de formations. L’enjeu, à long terme, est de faire des standards chinois les standards par défaut dans une large partie du monde.
- Xi Jinping utilise l’IA comme levier diplomatique pour élargir l’influence chinoise dans les pays en développement.
- Une nouvelle organisation intergouvernementale sur l’IA, basée à Shanghai, voit le jour avec 29 pays signataires.
- La Chine construit une alternative aux écosystèmes technologiques occidentaux, avec des outils moins coûteux et accessibles.
- Huawei expose ses capacités IA malgré les sanctions, signalant la résilience industrielle chinoise.

Une symphonie dont Pékin veut diriger l’orchestre
La métaphore de Xi est révélatrice. Une symphonie, c’est une multitude d’instruments – mais avec un chef d’orchestre. En proposant formations, systèmes et organisations basés sur son sol, la Chine ne cherche pas seulement à participer au concert mondial de l’IA. Elle veut tenir la baguette.
Face aux restrictions américaines qui l’empêchent d’accéder aux technologies de pointe, Pékin a choisi une réponse en deux temps : développer ses propres capacités en interne, et fédérer les autres autour de ses standards. Cette double stratégie semble prendre forme plus vite que beaucoup ne l’anticipaient.
Et vous, pensez-vous que la Chine peut réellement imposer ses standards d’IA face aux géants américains ? Donnez votre avis en commentaire.
Sources : Euronews
