Visa électronique Chine : Pékin accélère, exemptions élargies et arrivée numérique
Visa électronique Chine : ce que Pékin met sur la table
Le ministère du Commerce, avec huit autres administrations dont les Affaires étrangères et l’Administration nationale des migrations, a présenté des mesures pour « promouvoir l’exportation des services de voyage et accroître la consommation des visiteurs étrangers ». Dans ce cadre, les autorités annoncent étudier la mise en place d’un « e-visa », tester la « demande en ligne » et raccourcir les délais de traitement.
Jusqu’ici, la Chine faisait figure d’exception face aux pays ayant adopté des visas électroniques (e-Visa) ou des autorisations de voyage (ETA). Le pays s’appuie encore majoritairement sur des visas consulaires avec dépôt de dossiers physiques. L’adoption d’un e-visa constituerait donc un changement structurel majeur pour l’attractivité touristique.
Aucun calendrier officiel n’a été communiqué à ce stade. Le projet demeure en phase d’étude et d’expérimentation, avec une montée en puissance progressive envisagée.
Chiffres clés
- 48 pays et territoires : exemption unilatérale de visa jusqu’au 31 décembre 2026 (Russie : jusqu’au 14 septembre 2026)
- Carte d’arrivée numérique : remplissage en ligne possible jusqu’à 90 jours avant l’arrivée
- Port e-Visa : entrée unique, validité souvent 15 jours, séjour n’excédant pas 30 jours, point d’entrée imposé à « Shanghai »
- Publication des mesures : 20 mars, pilotée par le ministère du Commerce avec 8 administrations
Contexte
- Relancer le tourisme entrant et la consommation des visiteurs étrangers
- Moderniser les formalités d’entrée et réduire les frictions à la frontière
- Jusqu’ici, la Chine privilégie le visa consulaire physique
- Le plan couvre aussi l’expérience voyageur : marque, services, paiements, information

Port e-Visa : une dématérialisation déjà active à Shanghai
Première brique visible de cette transition, le « visa électronique portuaire » – souvent appelé « Port e-Visa » – fonctionne depuis 2024, notamment à « Shanghai ». Il est entièrement numérique : aucune vignette n’est apposée au passeport. Les informations sont délivrées électroniquement, et l’entrée s’effectue sur présentation du passeport accompagné du document numérique correspondant.
La demande est initiée en ligne par une « entreprise » ou une « institution » basée en Chine via des plateformes administratives, puis validée localement avant émission du document. Plusieurs catégories de visas sont possibles : motifs commerciaux, visite, travail ou affaires personnelles.
Le dispositif reste toutefois « encadré » : validité limitée, généralement une **entrée unique** pour une période de « 15 jours », un séjour n’excédant pas « 30 jours », et un « point d’entrée imposé à Shanghai » (la sortie peut se faire ailleurs). Il ne s’agit pas d’un e-visa touristique ouvert à tous.
Exemptions de visa : une liste portée à 48 pays
Parallèlement, la Chine poursuit l’élargissement de son « exemption unilatérale de visa ». Les autorités indiquent vouloir étendre de façon « ordonnée » la liste des pays éligibles et optimiser en continu la politique d’exemption de visa pour le **transit**.
Concrètement, « 48 pays et territoires » bénéficient désormais d’une exemption permettant des séjours « jusqu’à 30 jours » pour tourisme, affaires ou famille, jusqu’au « 31 décembre 2026 » (la Russie : jusqu’au 14 septembre 2026). Parmi eux figurent notamment la « France », l' »Allemagne », l' »Italie », le « Japon », l' »Australie », le « Brésil », le « Canada », le « Royaume-Uni », la « Corée du Sud » et d’autres pays européens et d’Asie-Pacifique cités par les autorités.
Cette politique, déjà en place ces derniers mois, vise à fluidifier les séjours de courte durée et à renforcer l’attractivité internationale du pays.
Carte d’arrivée numérique : la formalité passe en ligne
Autre volet clé : la « carte d’arrivée numérique ». Introduite le 20 novembre, elle est appelée à devenir la norme dans les principaux points d’entrée. Les voyageurs peuvent désormais la « remplir en ligne jusqu’à 90 jours » avant l’arrivée, en renseignant leurs données personnelles et les détails du séjour, puis la présenter au contrôle « en format électronique ».
Pour accompagner la transition, des « solutions alternatives » demeurent : remplissage sur place via des bornes connectées, « QR code » dédié, et même une « version papier » disponible de manière transitoire afin de garantir l’accessibilité pour tous.
Une stratégie tourisme plus large : marque, services, paiements
Le plan dépasse les formalités d’entrée et touche l’ensemble de l' »expérience visiteur ». Les autorités souhaitent structurer une « marque touristique nationale » autour de concepts tels que « Hello! China », « Shop in China » « Study in China » ou « Travel in China », appuyée par une « plateforme d’information » centralisée destinée aux voyageurs étrangers.
L’offre doit évoluer vers des formats « intégrés » combinant transport, hébergement, visites et consommation, avec une attention aux « séjours multi-destinations » et aux « périodes creuses » pour mieux répartir les flux. Les services en « langues étrangères », la modernisation des « infrastructures d’accueil », et l’usage accru des « technologies numériques » et de l' »intelligence artificielle » sont au cœur du dispositif.
Autres points de friction ciblés : « paiements », « remboursement de TVA », « connectivité » et « accès aux services du quotidien ». Les grands événements internationaux (sportifs, culturels, commerciaux) bénéficieront de procédures d’entrée simplifiées et de dispositifs d’accueil dédiés.

Pourquoi c’est important pour le tourisme et la consommation
Pris ensemble, ces chantiers – « e-visa », « exemptions élargies », « digitalisation des formalités » et amélioration de l’offre – peuvent réduire sensiblement le « coût d’opportunité » d’un voyage en Chine pour les visiteurs étrangers. Moins de paperasse, des règles plus lisibles, une arrivée plus fluide et des services mieux adaptés créent un environnement propice à la **reprise du tourisme entrant** et à une hausse de la « dépense sur place ».
Ce qu’il faut retenir
- La Chine prépare un **visa électronique** et teste la demande en ligne, sans calendrier officiel.
- Le **Port e-Visa** à **Shanghai** préfigure l’e-visa mais reste limité et encadré.
- Les **exemptions de visa** couvrent 48 pays et territoires jusqu’au 31 décembre 2026.
- La **carte d’arrivée numérique** se généralise, avec des alternatives pendant la transition.
- Le plan vise à booster le **tourisme entrant** et la **consommation** via une offre plus connectée.
Prochaines étapes à surveiller
Voyageurs, professionnels du tourisme et entreprises invitées : suivez l’évolution des tests d’e-visa, l’élargissement des exemptions et la généralisation de la carte d’arrivée en ligne. Ces leviers détermineront la facilité d’accès au marché chinois et la qualité de l’expérience sur place.
Votre avis nous intéresse : voyez-vous ces mesures comme un déclic pour programmer un voyage ou renforcer vos opérations en Chine ? Partagez vos questions et retours en commentaire.
Sources : VisasNews
