Voitures électriques chinoises : la crise du détroit d’Ormuz leur offre un marché inattendu
Le blocus du détroit d’Ormuz et la flambée des prix de l’essence redistribuent les cartes de l’automobile mondiale. Au Salon de Pékin, les constructeurs chinois de véhicules électriques enregistrent une demande en forte hausse, venue d’Europe, d’Afrique du Nord et d’Asie du Sud-Est. Ce que la géopolitique n’avait pas réussi à accélérer, le prix du carburant l’accomplit en quelques semaines.
- La crise au Moyen-Orient fait bondir les ventes de voitures électriques chinoises à l’export.
- L’Europe, le Maroc et l’Asie du Sud-Est sont les marchés les plus dynamiques.
- Les constructeurs chinois comme BYD et Chery profitent directement de la hausse du prix de l’essence.
Le détroit d’Ormuz, accélérateur inattendu de la transition électrique
La tension autour du détroit d’Ormuz a fait grimper les prix des carburants dans de nombreuses régions du monde. Ce choc énergétique produit un effet immédiat sur les comportements d’achat. Des consommateurs qui hésitaient à passer à l’électrique franchissent désormais le pas, souvent par contrainte économique.
C’est précisément ce que constate Yao Fang, directeur marketing de Chery, l’un des grands constructeurs chinois. « Avant, les clients n’avaient pas forcément l’envie de tester nos voitures, dit-il, mais maintenant, avec l’augmentation des prix de l’essence, ils sont obligés de le faire. » Un changement de comportement que la marque traduit en chiffres concrets.
- 70 000 véhicules électriques et hybrides exportés par Chery vers l’Europe en mars.
- Forte hausse des ventes en Asie du Sud-Est depuis mars, notamment aux Philippines, en Thaïlande, en Malaisie et à Singapour.
- BYD enregistre une surperformance commerciale directement liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, selon un distributeur marocain.
- Le détroit d’Ormuz est un passage maritime stratégique par lequel transite une grande partie du pétrole mondial. Son blocus partiel a provoqué une hausse des prix du carburant dans plusieurs régions.
- La Chine est le premier producteur et exportateur mondial de véhicules électriques. BYD et Chery figurent parmi ses marques les plus actives à l’international.
- Le Salon de l’automobile de Pékin attire chaque année des acheteurs, distributeurs et professionnels du monde entier.

L’Europe change d’avis sur l’électrique chinois
La demande européenne pour les véhicules électriques chinois connaît une accélération notable. Yao Fang, de Chery, le confirme sans détour : « En raison de la situation géopolitique, la demande est très forte en Europe et c’est une excellente occasion pour nous. »
Ce chiffre de 70 000 véhicules exportés en un seul mois vers l’Europe illustre une tendance qui s’installe. Les constructeurs chinois bénéficient d’un positionnement prix avantageux face aux marques européennes. La crise énergétique agit comme un catalyseur supplémentaire. « Les consommateurs européens sont en train de changer d’avis sur les voitures électriques chinoises », constate Yao Fang.
Le Maroc, porte d’entrée africaine pour BYD
Au Salon de Pékin, Ayoub, homme d’affaires marocain, visite pour la première fois les stands des constructeurs chinois. Il résume un changement profond dans son pays.
« Au Maroc, il y a un changement brusque et très rapide qui est en train de se faire aujourd’hui, souligne-t-il. La marque BYD est en train de surperformer avec les différents défis géopolitiques, notamment au Moyen-Orient. » Il anticipe une adoption rapide et durable. « Les voitures chinoises, c’est quelque chose qui va s’installer extrêmement vite. »
Le Maroc peut être lu comme un signal pour l’ensemble du continent africain. La hausse du prix de l’essence frappe durement des économies où le pouvoir d’achat reste contraint. L’électrique chinois, moins cher à l’usage, semble y répondre à une attente réelle.
L’Asie du Sud-Est : des consommateurs contraints de changer
La région la plus directement touchée par la hausse des carburants reste l’Asie du Sud-Est. Un exportateur présent au salon de Pékin décrit une dynamique commerciale très favorable depuis mars.
« Nos ventes dans les pays d’Asie du Sud-Est ont connu une forte hausse depuis le mois de mars, notamment aux Philippines, en Thaïlande, en Malaisie ou à Singapour », explique-t-il. Son analyse est directe : les habitants de ces pays « n’ont plus les moyens de rouler en voiture traditionnelle ».
Le recours à l’électrique n’est donc plus seulement un choix écologique ou technologique. Il devient, dans certains marchés, une nécessité économique. Les constructeurs chinois occupent ce terrain avec des modèles accessibles et une présence commerciale croissante.
Le marché intérieur chinois aussi en mouvement
La dynamique ne se limite pas à l’export. En Chine même, la hausse du carburant modifie les arbitrages des ménages. Au salon de Pékin, un père de famille pékinois, encore propriétaire d’un véhicule à essence, essaie un grand SUV électrique de la marque ICAR. Un modèle qui pourrait bientôt remplacer sa voiture actuelle.
Ce cas individuel semble représentatif d’un mouvement plus large. Le marché intérieur chinois était déjà le premier marché mondial pour l’électrique. La pression des prix du carburant renforce encore cette tendance.

Une opportunité commerciale difficile à ignorer
La situation géopolitique actuelle crée une fenêtre d’opportunité pour les constructeurs chinois. Elle lève des résistances qui existaient chez des consommateurs européens ou africains autrefois méfiants.
Ce changement peut être interprété comme une accélération structurelle, et pas seulement conjoncturelle. Si les prix du carburant restent élevés durablement, les habitudes d’achat pourraient ne pas revenir à leur point de départ.
- La crise autour du détroit d’Ormuz booste directement les exportations de voitures électriques chinoises.
- Chery, BYD et d’autres marques chinoises enregistrent des hausses de ventes en Europe, au Maroc et en Asie du Sud-Est.
- 70 000 véhicules électriques et hybrides exportés par Chery vers l’Europe en mars, en un seul mois.
- La hausse du carburant transforme le choix de l’électrique en nécessité économique dans plusieurs régions.
- Le marché intérieur chinois suit la même dynamique, tiré par les mêmes contraintes de coût.
Quand la géopolitique fait le travail des commerciaux
Les constructeurs chinois n’ont pas attendu cette crise pour se positionner à l’international. Mais elle leur offre une opportunité que plusieurs années de campagnes marketing n’avaient pas suffi à créer. La flambée des prix de l’essence transforme des consommateurs sceptiques en acheteurs potentiels. Et les chiffres de mars 2025 semblent confirmer que cette fenêtre est bien réelle.
Et vous, la hausse du carburant vous a-t-elle incité à envisager un véhicule électrique ? Partagez votre avis en commentaire.
Sources : France Info
