Trump en Chine : une visite historique pour un trêve commerciale encore fragile
Donald Trump se rendra en Chine du 13 au 15 mai 2026, pour la première visite d’un président américain dans le pays depuis près d’une décennie. Ce déplacement intervient à un moment charnière : la trêve tarifaire conclue l’année dernière entre Washington et Pékin reste précaire, et les tensions commerciales n’ont jamais véritablement disparu. La vraie question n’est pas de savoir si les deux dirigeants s’entendront, mais jusqu’où leurs concessions réciproques pourront aller.
- Trump se rend en Chine du 13 au 15 mai 2026 pour rencontrer Xi Jinping.
- C’est la première visite d’un président américain en Chine depuis près de dix ans.
- Des PDG de grandes entreprises américaines – dont Boeing, Citigroup et Qualcomm – accompagnent Trump.
- La guerre commerciale entre les deux pays a vu des droits de douane dépasser les 100% en 2025.
- La trêve tarifaire d’octobre 2025 reste partielle et aucun accord permanent n’a été signé.
Une visite historique dans un contexte de trêve incomplète
Beijing a confirmé la visite officielle de Trump pour trois jours. Il rencontrera Xi Jinping dans ce qui constitue le premier déplacement présidentiel américain en Chine depuis près de dix ans. Le symbole est fort. Mais la substance, elle, reste à construire.
Des dirigeants de certaines des plus grandes entreprises américaines font partie du voyage. Boeing, Citigroup et Qualcomm figurent parmi les noms cités. Leur présence laisse supposer que des contrats commerciaux pourraient être signés en marge des discussions diplomatiques.
La trêve tarifaire en vigueur depuis octobre 2025 est le résultat de la dernière réunion entre Trump et Xi, tenue en Corée du Sud. Elle a permis de suspendre une escalade qui avait vu les deux pays se frapper mutuellement avec des droits de douane dépassant les 100%. Mais aucune résolution permanente n’a suivi.
- 100% : niveau des droits de douane mutuels au plus fort de la guerre commerciale en 2025.
- 250 milliards de dollars : valeur des importations chinoises taxées par Trump dès 2018.
- 20% + 34% : tarifs cumulés imposés à la Chine par Trump lors de son retour au pouvoir en 2025.
- 10 ans : durée depuis la dernière visite d’un président américain en Chine.
- 1 pays : la Chine représente le seul marché de consommation comparable à celui des États-Unis pour les exportations chinoises.
- La guerre commerciale sino-américaine a débuté en 2018, lorsque Trump a imposé des taxes sur 250 milliards de dollars d’importations chinoises.
- En octobre 2025, une rencontre entre Trump et Xi en Corée du Sud a abouti à une trêve : suspension des contrôles à l’export sur les terres rares côté chinois, allègement partiel des tarifs côté américain.
- La Chine fait face depuis des années à une consommation intérieure atone, un chômage élevé et une crise immobilière prolongée, ce qui renforce sa dépendance aux exportations.

Comment la guerre commerciale a escaladé jusqu’à l’impasse
Tout a commencé en 2018. Trump, élu en 2016 sur la promesse de rééquilibrer les échanges commerciaux, frappe fort. Il cible 250 milliards de dollars d’importations chinoises. Pour Pékin, c’est un choc. La chercheuse Ning Leng, de l’Université de Georgetown, le résume clairement : « C’était la première fois qu’ils prenaient Trump vraiment au sérieux. Ils ne s’attendaient probablement pas à ce qu’il aille aussi loin. »
La Chine de 2018 dépend encore fortement du marché américain pour ses exportations manufacturières. Les tarifs menacent directement des millions d’emplois. Et les problèmes structurels de l’économie chinoise – consommation intérieure faible, crise immobilière, chômage élevé – rendent ce levier d’autant plus puissant.
Contrairement à ce que l’on croit souvent, Joe Biden n’a pas adouci la pression. Il a maintenu les tarifs de Trump et renforcé les restrictions. Huawei a été exclu du marché américain. TikTok a été séparé de sa maison mère chinoise. Les véhicules électriques chinois ont été bloqués par des droits de douane prohibitifs. L’économiste Tang Heiwai, de l’Université de Hong Kong, le dit sans ambages : « On peut soutenir que Biden a été encore plus protectionniste que Trump. »
Trump 2.0 : l’escalade maximale et le retour à la table
De retour au pouvoir en 2025, Trump accélère. Il impose d’abord 20% de taxes supplémentaires sur les importations chinoises, au motif que Pékin laisserait transiter le fentanyl vers les États-Unis. Puis vient son « Liberation Day » : une hausse de 34% supplémentaire, portant le total à des niveaux record.
Les entreprises chinoises vacillent. Des marchandises s’accumulent dans des entrepôts. Les entreprises américaines cherchent en urgence des fournisseurs alternatifs. Pékin riposte en ciblant les produits agricoles américains – ce qui frappe directement les États ruraux, c’est-à-dire le cœur de l’électorat de Trump.
Mais Washington avait sous-estimé un élément critique : le quasi-monopole chinois sur les terres rares. Ces matériaux sont indispensables à la fabrication de smartphones, de batteries ou d’équipements militaires. La Chine les a utilisés comme levier. Et Trump a dû s’asseoir à la table.
La réunion d’octobre 2025 en Corée du Sud marque un tournant. Pékin suspend ses contrôles sur l’export des terres rares. Washington allège les tarifs liés au fentanyl et suspend les hausses prévues. Les restrictions sur les ventes de semi-conducteurs avancés à la Chine sont partiellement levées – à l’exception des puces les plus sophistiquées.
Pékin négocie en position de force, Washington aussi
La situation est paradoxale. Les deux camps arrivent à cette réunion avec des atouts, mais aussi des vulnérabilités réelles.
Du côté chinois, la stratégie est claire. Pékin investit massivement dans la robotique et dans la production de puces domestiques, cherchant à réduire sa dépendance vis-à-vis des entreprises occidentales comme Nvidia. La Chine construit son autonomie technologique, progressivement mais méthodiquement.
Pourtant, l’économie chinoise reste sous pression. La consommation intérieure ne décolle pas. Le marché immobilier tarde à se redresser. Et Tang Heiwai l’affirme sans détour : « La Chine aura besoin des États-Unis. Aucun autre pays ne représente un marché de consommation aussi grand. »
Du côté américain, la pression est également forte. Trump veut que la Chine achète davantage de produits agricoles, notamment du soja, et des composants aéronautiques. Les grandes entreprises américaines qui l’accompagnent espèrent signer des contrats. Et un tribunal américain vient de juger, la semaine dernière, que les derniers tarifs mondiaux n’étaient pas légalement justifiés – ce qui fragilise la position de Trump.
L’Iran, un dossier que personne ne peut ignorer
La guerre en Iran pèsera inévitablement sur les discussions. La Chine est le plus grand acheteur de pétrole iranien. Pékin a été en partie protégé par cette dépendance, car la majeure partie de ses importations de brut provient de Russie.
Mais à mesure que le conflit s’étire, ses effets se font sentir. Des responsables chinois ont évoqué des mesures renforcées pour protéger la sécurité énergétique et les chaînes d’approvisionnement du pays. L’analyste Lyle Morris observe des signaux croissants de tension économique liés à la guerre.
Washington et Pékin ont toutes deux des raisons de vouloir mettre fin au conflit. Mais leurs visions divergent profondément sur la manière d’y parvenir. Ce sujet, en apparence secondaire, peut être lu comme un test supplémentaire pour la relation bilatérale.

Ce que révèle vraiment cette visite
Au-delà des protocoles diplomatiques, cette visite renforce l’hypothèse que les deux grandes puissances ont besoin l’une de l’autre, quelles que soient leurs rivalités. Les tarifs extrêmes de 2025 n’ont pas brisé la relation. Ils ont forcé une négociation.
La trêve actuelle est fragile. Elle repose sur des concessions mutuelles limitées, pas sur un accord de fond. Les tensions structurelles – technologie, terres rares, agriculture, sécurité nationale – restent entières. Cette visite ne les résoudra pas. Mais elle peut, peut-être, empêcher une nouvelle escalade.
- Trump se rend en Chine du 13 au 15 mai 2026, première visite présidentielle américaine depuis dix ans.
- La trêve tarifaire d’octobre 2025 reste partielle : aucun accord permanent n’a été signé.
- Les deux pays arrivent avec des atouts réels mais aussi des vulnérabilités économiques majeures.
- La guerre en Iran et le quasi-monopole chinois sur les terres rares compliquent les négociations.
- Les grandes entreprises américaines espèrent signer des contrats commerciaux en marge du sommet.
Un sommet qui ne règle rien mais que personne ne pouvait esquiver
La vraie portée de cette rencontre ne se mesurera pas aux communiqués officiels. Elle se mesurera aux mois qui suivront : est-ce que les tarifs resteront stables ? Est-ce que des contrats seront honorés ? Est-ce que la coopération sur l’Iran avancera ? Les réponses à ces questions diront plus que n’importe quelle poignée de main.
Et vous, pensez-vous que cette visite peut déboucher sur un accord commercial durable entre les États-Unis et la Chine ? Donnez votre avis en commentaire.
Sources : BBC News
