Visite de Trump à Pékin : les usines chinoises comptent leurs pertes et espèrent un vrai accord
Donald Trump arrive à Pékin le 13 mai 2026 pour sa première visite en Chine depuis 2017. Pour les fabricants chinois, ce sommet est bien plus qu’une rencontre diplomatique. Depuis un an et demi, les droits de douane américains ont provoqué un effondrement brutal de leurs exportations vers les États-Unis. La question est simple : cet accord commercial tant espéré va-t-il enfin se concrétiser ?
- Trump se rend à Pékin le 13 mai 2026, première visite d’un président américain en Chine depuis 2017.
- Les droits de douane américains ont fait s’effondrer les exportations chinoises vers les États-Unis.
- Dans les allées du salon de l’Habitat de Canton, les professionnels espèrent un accord commercial concret.
Un sommet sous pression commerciale
La Maison Blanche qualifie cette visite d' »historique ». C’est en effet la première fois depuis 2017 qu’un président américain foule le sol chinois. La dernière fois, c’était déjà Donald Trump, lors de son premier mandat.
Pékin a officiellement salué l’initiative. Un porte-parole des Affaires étrangères chinoises a déclaré vouloir « élargir la coopération et gérer les différends » pour apporter « plus de stabilité » dans les relations internationales. Mais derrière ce discours diplomatique, la réalité économique est beaucoup plus âpre.
Les droits de douane décrétés par Washington pèsent lourdement sur les exportateurs chinois depuis dix-huit mois. Le commerce sino-américain, autrefois très dynamique, a subi un choc brutal. Sur le terrain, les entreprises attendent des résultats concrets, pas des déclarations.
- La part du marché américain est passée de 40 % à seulement 15 % de l’activité d’un fabricant de meubles de jardin.
- Un client clé comme Walmart et Costco représentait 5 millions de dollars par an avant la guerre commerciale.
- Une entreprise de transport a vu ses conteneurs expédiés vers les États-Unis chuter de 300 à 100 par mois, soit une baisse de deux tiers.
- Première visite d’un président américain en Chine depuis 2017, soit 8 ans d’absence.
- Les États-Unis et la Chine sont engagés dans une guerre commerciale depuis plusieurs années, marquée par des hausses successives de droits de douane.
- En novembre dernier, Trump et Xi Jinping s’étaient rencontrés en Corée. Une trêve avait été annoncée, mais sans garantie commerciale réelle.
- La visite intervient dans un contexte géopolitique tendu : les États-Unis ont lancé une guerre contre l’Iran, principal allié de la Chine au Moyen-Orient.

Le salon de Canton, miroir d’une crise commerciale profonde
Le salon de l’Habitat de Canton est un rendez-vous incontournable pour les usines de meubles chinoises. Des milliers d’exposants, des centaines de milliers de visiteurs habituellement. Cette année, les allées sont frappantes. Il n’y a presque pas d’Américains.
Un fabricant de meubles de jardin résume la situation sans détour. Avant la guerre des droits de douane, les États-Unis représentaient 40 % de son activité totale. Aujourd’hui, ce chiffre est tombé à 15 %. Ses clients Walmart et Costco, qui lui rapportaient 5 millions de dollars par an, ont pratiquement disparu de ses carnets de commandes.
Sa frustration est palpable. « Regardez, aujourd’hui, lors de ce salon, nous n’avons même pas présenté les produits destinés aux États-Unis », confie-t-il. Il place maintenant tous ses espoirs dans la visite de Trump, en attendant que son gouvernement « fasse tout son possible pour défendre nos intérêts ».
Des usines entières qui ont stoppé leurs exportations vers l’Amérique
Le cas du fabricant de canapés voisin est encore plus radical. Cette usine a complètement cessé d’exporter vers les États-Unis. Elle ne le dit pas comme une décision stratégique. C’est une contrainte imposée par des droits de douane devenus prohibitifs.
« Depuis l’année dernière, notre usine a progressivement ralenti les exportations vers les États-Unis », explique son représentant. « Et aujourd’hui, l’entreprise a complètement arrêté. » Sa conclusion est directe : il espère une reprise rapide des relations commerciales et une réduction des droits de douane.
Cette situation semble indiquer que la pression ne touche pas seulement les grandes entreprises. Elle frappe toute la chaîne, des fabricants jusqu’aux prestataires logistiques.
Le transport maritime aussi saigné par la guerre commerciale
Pan Yajou dirige une société spécialisée dans l’aide à l’exportation pour les usines. Son témoignage illustre l’ampleur des dégâts sur toute la filière. Avant la guerre commerciale, son entreprise expédiait plus de 300 conteneurs par mois vers les États-Unis. Ce volume lui rapportait environ 10 millions d’euros par an.
Aujourd’hui, elle n’en gère plus qu’une centaine par mois. C’est une chute de deux tiers de son volume d’activité en à peine un an et demi. Les opérateurs logistiques sont frappés de plein fouet, sans qu’ils aient eux-mêmes aucune prise sur les décisions politiques qui les fragilisent.
Un accord solide ou une nouvelle trêve symbolique ?
Le précédent de novembre dernier reste dans les mémoires. Trump et Xi Jinping s’étaient rencontrés en Corée. Une trêve avait été annoncée. Mais elle n’avait débouché sur aucune garantie commerciale concrète. Les entreprises chinoises n’avaient pas vu la situation s’améliorer.
Cette fois, les attentes sont plus précises. Les professionnels du salon de Canton ne veulent plus de symboles. Ils veulent une baisse réelle des droits de douane et des engagements fermes. La visite de Trump à Pékin semble représenter pour eux la dernière chance à court terme d’un rééquilibrage commercial.
La Chine et les États-Unis restent pourtant des partenaires commerciaux majeurs, malgré la guerre tarifaire. Les États-Unis sont théoriquement le premier partenaire commercial de la Chine. Mais les chiffres du terrain racontent une autre histoire : celle d’un découplage progressif, au moins dans certains secteurs industriels.
- Trump visite Pékin le 13 mai 2026, première fois depuis 2017 pour un président américain.
- Les droits de douane américains ont réduit jusqu’aux deux tiers les exportations de certaines usines chinoises vers les États-Unis.
- Des secteurs entiers – meubles, canapés, logistique – ont vu leur activité s’effondrer depuis dix-huit mois.
- Les industriels chinois attendent un accord commercial concret, pas une nouvelle trêve symbolique sans garanties.
- La tension géopolitique autour de l’Iran complique l’agenda de ce sommet sino-américain.

Un rendez-vous qui dépasse le commerce
Au-delà des chiffres des usines, ce sommet sino-américain semble concentrer des enjeux bien plus larges. La guerre commerciale a duré suffisamment longtemps pour remodeler des chaînes d’approvisionnement entières. Les entreprises chinoises ont cherché d’autres marchés. Mais les États-Unis restent une destination difficile à remplacer, surtout pour des secteurs comme le mobilier ou les biens de consommation. Si Donald Trump et Xi Jinping trouvent un accord durable à Pékin, l’impact pourrait être rapide et tangible pour des milliers d’usines. Dans le cas contraire, le découplage commercial entre les deux premières économies mondiales pourrait s’accélérer encore.
Et vous, pensez-vous qu’un accord commercial sino-américain durable est possible à court terme ? Partagez votre avis en commentaire.
Sources : France Info
