Chien volé et mangé en Chine : l’affaire Chutou relance un débat profond sur la viande canine
Un border collie de 8 ans nommé Chutou a disparu le 11 mai 2025 alors que son maître, un influenceur voyage très suivi, était en déplacement. Après deux semaines d’angoisse, la vérité a éclaté : le chien avait été volé, vendu, tué et consommé dans un restaurant pour seulement 23 euros. Cette affaire a déclenché une vague d’indignation en Chine, dans un pays où aucune loi n’interdit encore la consommation de viande canine.
- Chutou, border collie d’un influenceur chinois très suivi, a été volé puis mangé dans un restaurant.
- Le chien a été vendu pour 180 yuans, soit environ 23 euros.
- Une enquête policière est ouverte, mais la consommation de chien reste légale en Chine.
Un influenceur, un chien, et une communauté sous le choc
Guo est un créateur de contenu spécialisé dans le voyage. Originaire de la province du Henan, il avait construit une audience fidèle autour de ses périples avec Chutou.
Ensemble, ils totalisaient plus de 1,5 million d’abonnés sur Douyin, le réseau social vidéo chinois, et près de 100 000 abonnés sur YouTube. Le chien était bien plus qu’un animal de compagnie : il était le personnage central de la chaîne.
Le 11 mai, Guo est en voyage. Chutou disparaît. Commence alors deux semaines de recherches, de publications d’appels à témoins, de mobilisation en ligne.
- 1,5 million d’abonnés sur Douyin pour le duo Guo et Chutou
- 100 000 abonnés sur YouTube
- 180 yuans (environ 23 euros) : prix auquel le chien a été vendu à un restaurant
- 3 ans de prison encourus par le kidnappeur pour vol
- La consommation de viande de chien est légale en Chine, bien que de moins en moins répandue dans les zones urbaines.
- Le festival de Yulin, qui se tient chaque année dans le Guangxi, reste le symbole le plus controversé de cette pratique.
- Certaines villes chinoises ont commencé à interdire la vente de viande canine localement, mais aucune loi nationale n’existe à ce jour.

La découverte : volé, vendu, tué pour 23 euros
Au bout de deux semaines, Guo obtient des informations sur le sort de Chutou. La réalité est brutale.
Le chien a été enlevé, vendu à un restaurant local, puis abattu et consommé. Le prix de cette transaction : 180 yuans, soit à peine 23 euros.
La police de Ningling a ouvert une enquête. Le suspect identifié encourt jusqu’à trois ans de prison – non pas pour avoir tué l’animal, mais pour vol. C’est là que le droit chinois révèle ses limites : le chien est traité comme un bien matériel, pas comme un être vivant protégé.
Un vide juridique qui cristallise le débat
L’affaire Chutou met en lumière une réalité inconfortable. En Chine, aucune loi nationale n’interdit la consommation de viande canine.
Guo peut tenter d’engager des poursuites, mais uniquement sur la base du vol. La mise à mort de son chien, en tant que telle, n’est pas punissable par la loi. Cette asymétrie entre l’attachement croissant des Chinois à leurs animaux de compagnie et l’absence de cadre juridique protecteur génère une tension visible.
Ces dernières années, des voix s’élèvent régulièrement pour réclamer une loi nationale contre la cruauté animale. Plusieurs sessions parlementaires ont vu des propositions en ce sens – sans aboutir à ce jour.
Une pratique en recul, mais toujours présente
La consommation de viande de chien n’est pas uniformément répandue en Chine. Elle reste associée à certaines régions, notamment le Guangxi, la Corée du Nord voisine, ou certaines populations rurales du nord-est du pays.
Dans les grandes métropoles comme Shanghai, Pékin ou Shenzhen, posséder un animal de compagnie est devenu un marqueur de classe moyenne urbaine. Les Chinois dépensent chaque année des milliards de yuans en soins vétérinaires, nourriture et accessoires pour leurs animaux.
Cette évolution culturelle ne s’est pas encore traduite dans la loi. L’écart entre les pratiques urbaines et les habitudes rurales reste important, ce qui complique toute réforme législative nationale.
Quand les réseaux sociaux amplifient l’indignation
La notoriété de Guo a joué un rôle clé dans la diffusion de l’affaire. Sans son audience de 1,5 million de personnes, l’histoire de Chutou serait probablement passée inaperçue.
Sur Douyin et Weibo, les commentaires ont afflué. L’indignation a été quasi unanime parmi les internautes urbains. Certains ont relancé les appels à une loi de protection animale. D’autres ont exprimé une méfiance généralisée envers les pratiques de certains restaurants.
Cette mobilisation en ligne semble indiquer que le rapport des Chinois aux animaux de compagnie a évolué plus vite que le cadre légal qui les encadre.
- Chutou, border collie d’un influenceur, a été volé et vendu à un restaurant pour 23 euros.
- Le suspect risque jusqu’à 3 ans de prison pour vol, pas pour maltraitance animale.
- La consommation de viande canine reste légale en Chine à l’échelle nationale.
- L’affaire révèle un décalage entre l’évolution des mentalités urbaines et le vide juridique persistant.

Une affaire qui touche là où le droit ne va pas encore
L’histoire de Chutou n’est pas qu’un fait divers. Elle souligne un changement de fond dans la société chinoise : des millions de familles élèvent aujourd’hui des animaux de compagnie avec un attachement réel, dans un pays où la loi ne leur offre aucune protection spécifique.
Le contraste est saisissant. Un chien peut être la star d’une chaîne suivie par des millions de personnes, et pourtant être vendu pour moins que le prix d’un repas au restaurant. Tant que ce vide juridique persistera, des affaires comme celle de Chutou continueront d’alimenter la colère en ligne – et peut-être, un jour, de peser sur le débat législatif.
Et vous, pensez-vous que la Chine devrait adopter une loi nationale de protection animale ? Partagez votre avis en commentaire.
Sources : BFMTV
