Traquée depuis Londres : une militante de Hong Kong raconte la chasse de Pékin
Carmen Lau vit dans la peur. Depuis Londres, cette ancienne élue pro-démocratie de Hong Kong est la cible d’un mandat d’arrêt international émis par la police de sécurité nationale de Pékin, assorti d’une prime de un million de dollars hongkongais – soit environ 100 000 euros. Son témoignage illustre comment le régime chinois traque ses opposants bien au-delà de ses frontières. Un documentaire diffusé sur France 5 remet ce combat en perspective.
- Carmen Lau, militante pro-démocratie exilée à Londres, fait l’objet d’un mandat d’arrêt à vie émis en décembre 2024.
- Une prime de 100 000 euros est offerte à quiconque la livre aux autorités chinoises.
- Son histoire est au cœur du documentaire Hong Kong ne répond plus, diffusé sur France 5.
- Depuis 2020, environ 200 000 Hongkongais ont quitté le territoire.
Un mandat d’arrêt valable à vie, une prime à la dénonciation
En décembre 2024, la police de sécurité nationale hongkongaise a émis un mandat d’arrêt contre Carmen Lau. La décision n’a pas de limite dans le temps. « Ils ont dit que ce mandat d’arrêt durerait toute la vie », raconte-t-elle. La raison invoquée : ses campagnes de sensibilisation menées depuis l’étranger en faveur de Hong Kong.
La pression ne s’arrête pas aux frontières numériques. Des avis de recherche et des courriers visant à la discréditer ont été glissés dans les boîtes aux lettres de ses voisins dans son immeuble londonien. Ces documents, rédigés en rouge, précisent qu’une récompense d’un million de dollars hongkongais sera versée à quiconque fournit des informations sur elle – ou la livre à l’ambassade de Chine à Londres.
- 1 million de dollars hongkongais (environ 100 000 euros) : montant de la prime sur la tête de Carmen Lau.
- 200 000 Hongkongais ont quitté le territoire depuis 2020.
- 2020 : année d’adoption de la loi sur la sécurité nationale.
- 2019 : déclenchement des grandes manifestations à Hong Kong.
- 1997 : rétrocession de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni.
- Hong Kong, rétrocédée à la Chine en 1997, bénéficiait d’un régime d’autonomie garantissant liberté d’expression, pluralisme politique et indépendance judiciaire.
- En 2019, un projet de loi sur l’extradition déclenche des mois de manifestations massives. Pékin y répond en imposant une loi sur la sécurité nationale en 2020.
- Depuis 2020, la répression a conduit à la fermeture de médias indépendants, à l’emprisonnement de militants et à l’exil de dizaines de milliers de Hongkongais.

Le quotidien d’une militante sous surveillance constante
Carmen Lau a déménagé plusieurs fois depuis son arrivée en Angleterre. Régulièrement suivie dans la rue, elle adapte sa vie à une pression permanente. Pourtant, elle ne renonce pas. « Je continue de penser qu’il est possible de défendre ou de dénoncer la situation à Hong Kong depuis l’étranger », affirme-t-elle.
Son action concrète : informer des parlementaires britanniques sur la situation dans l’ancienne colonie. Ce type d’activisme – parfaitement légal au Royaume-Uni – est précisément ce que Pékin cherche à étouffer. Le mandat d’arrêt peut être interprété comme un outil d’intimidation autant que de poursuite judiciaire réelle.
Hong Kong : de l’îlot de liberté à la mise au pas systématique
Avant 2019, Hong Kong fonctionnait selon le principe « un pays, deux systèmes ». Ce cadre, négocié lors de la rétrocession de 1997, garantissait la préservation des libertés civiles jusqu’en 2047. Mais l’emprise de Pékin s’est resserrée bien avant cette échéance.
Le tournant est la loi sur la sécurité nationale de 2020, adoptée en réponse aux manifestations de 2019. Ce texte criminalise la sécession, la subversion, le terrorisme et la collusion avec des puissances étrangères. Les peines peuvent aller jusqu’à la détention à vie. Depuis son entrée en vigueur :
- Des médias indépendants ont été contraints de fermer.
- Des dizaines de militants et d’élus de l’opposition ont été arrêtés ou condamnés.
- Plusieurs organisations civiques ont été dissoutes.
- Des mandats d’arrêt ont été émis contre des activistes exilés à l’étranger.
Un exil massif qui ne protège pas toujours
Environ 200 000 Hongkongais ont quitté le territoire depuis 2020. Beaucoup se sont installés au Royaume-Uni, au Canada ou en Australie. Mais l’exil ne garantit pas la tranquillité. Le cas de Carmen Lau le montre clairement : les autorités chinoises étendent leurs méthodes d’intimidation jusqu’aux résidences de ses voisins londoniens.
Cette pratique – envoyer des avis de recherche et des incitations à la dénonciation dans les pays d’accueil – renforce l’hypothèse d’une stratégie délibérée de Pékin pour neutraliser les voix dissidentes à l’étranger, sans nécessairement procéder à des arrestations physiques.
Un documentaire pour ne pas oublier
C’est dans ce contexte que le documentaire Hong Kong ne répond plus prend tout son sens. Réalisé par Antoine Védeilhé, il retrace les grandes étapes de la reprise en main du territoire par la Chine. Il donne la parole aux militants exilés, reconstitue les mouvements de révolte et documente la mise en sourdine progressive d’une société civile autrefois vivante.
Le film est diffusé le 17 mai à 21h05 sur France 5, puis disponible en replay sur france.tv.
- Carmen Lau, exilée à Londres, fait l’objet d’un mandat d’arrêt à vie avec prime de 100 000 euros.
- Les autorités chinoises utilisent des méthodes d’intimidation directement dans les pays d’accueil des militants.
- La loi sur la sécurité nationale de 2020 a radicalement transformé Hong Kong en moins de cinq ans.
- 200 000 Hongkongais ont fui depuis 2020, sans pour autant échapper à la pression de Pékin.
- Le documentaire Hong Kong ne répond plus documente cette rupture historique sur France 5.

Hong Kong, une liberté éteinte mais un combat qui continue
Le cas de Carmen Lau résume une réalité plus large : Pékin ne considère pas les frontières comme une limite à son autorité sur ses opposants. L’intimidation dépasse le territoire et atteint les boîtes aux lettres d’un immeuble londonien. Face à cela, des militants comme elle choisissent de tenir. Leur résistance, depuis l’exil, semble être précisément ce que Pékin cherche à réduire au silence.
Avez-vous vu le documentaire Hong Kong ne répond plus ? Que pensez-vous de la situation des militants hongkongais en exil ? Partagez votre avis en commentaire.
Sources : France Info
