Corée du Sud : un plan à 1 000 milliards d’euros pour gagner la guerre de l’IA face à la Chine et aux États-Unis
La Corée du Sud a lancé un plan d’investissement massif de 1 000 milliards d’euros sur dix ans dans l’intelligence artificielle. Le président Lee Jae-myung parle ouvertement de « guerre à l’IA ». L’enjeu dépasse la simple compétition économique : il s’agit de souveraineté, dans un secteur qui touche désormais tout, de la santé à la défense.
- Séoul lance un plan à 10 ans combinant investissements publics et privés dans l’IA.
- Trois piliers : semi-conducteurs avancés, centres de données, IA physique.
- Objectif : rester dans la course face aux États-Unis, à la Chine et à Taïwan.
- Le marché mondial de l’IA devrait atteindre 2 596 milliards de dollars en 2026.
Un plan de survie industrielle, pas seulement un pari technologique
Le mot choisi par Lee Jae-myung est fort : « survivre ». Ce n’est pas un discours de conquête. C’est une déclaration d’urgence. La Corée du Sud veut défendre son rang dans un secteur qui se consolide autour d’un petit nombre de puissances dominantes.
Le plan sur dix ans associe capitaux publics et privés. Les géants industriels du pays sont directement impliqués. Lee Jae-yong, président de Samsung Electronics, et Chey Tae-won, président de SK Hynix, étaient présents lors de l’annonce aux côtés du chef de l’État. Ce signal est clair : l’État et les grandes entreprises avancent ensemble.
- 1 000 milliards d’euros : montant total du plan d’investissement sur 10 ans.
- +47 % : croissance du secteur de l’IA sur un an, selon Gartner.
- 2 596 milliards de dollars : projection du marché mondial de l’IA pour 2026.
- La Corée du Sud est déjà un acteur majeur des semi-conducteurs, notamment via Samsung et SK Hynix.
- Le marché mondial de l’IA connaît une croissance à deux chiffres depuis plusieurs années.
- Les États-Unis, la Chine et Taïwan dominent actuellement la chaîne de valeur de l’IA et des puces avancées.

Trois piliers pour un « grand bond en avant »
Le président sud-coréen a utilisé l’expression « grand bond en avant » pour désigner les trois axes du plan. Le premier concerne les semi-conducteurs avancés. La Corée du Sud veut construire de nouvelles usines capables de produire les puces de prochaine génération.
Le deuxième pilier porte sur les centres de données. Sans infrastructures de calcul massives, impossible d’entraîner et de déployer des modèles d’IA compétitifs. Le troisième axe vise l’IA physique – soit des systèmes d’intelligence artificielle intégrés dans des machines, des robots ou des équipements industriels.
Ces trois domaines forment une chaîne logique. Les puces alimentent les centres de données, qui alimentent les modèles d’IA, qui alimentent ensuite les applications physiques. Séoul veut contrôler l’ensemble de cette chaîne.
La Chine et Taïwan : deux menaces bien identifiées
Le plan ne vise pas seulement les États-Unis. La Chine monte en puissance dans la fabrication de semi-conducteurs et dans le développement de modèles d’IA. Taïwan, avec TSMC, domine la fabrication de puces avancées. Ces deux acteurs exercent une pression directe sur la position de Séoul.
Face à cette concurrence, la Corée du Sud ne peut plus se contenter de son avance historique dans les puces mémoire. Elle doit monter en gamme et diversifier. Ce plan peut être lu comme une réponse à ce changement de phase dans la compétition mondiale.
L’IA, un enjeu de souveraineté bien au-delà de l’économie
Le secteur affiche une croissance de 47 % sur un an. Les projections de Gartner placent le marché à 2 596 milliards de dollars pour 2026. Ces chiffres illustrent l’ampleur des enjeux financiers.
Mais l’IA n’est plus seulement une industrie. Elle structure désormais des secteurs entiers : l’automobile, l’éducation, la santé, la défense. Qui maîtrise l’IA maîtrise des leviers stratégiques fondamentaux. C’est précisément ce que Séoul veut éviter de perdre.
Ce mouvement sud-coréen s’inscrit dans une dynamique mondiale. Les grandes puissances traitent désormais l’IA comme elles traitaient autrefois le nucléaire ou le spatial – comme une infrastructure de souveraineté, pas comme un simple marché.
Samsung et SK Hynix au cœur du dispositif
L’implication directe de Samsung Electronics et SK Hynix n’est pas anodine. Ces deux groupes représentent une part majeure de la production mondiale de puces mémoire. Leur engagement dans ce plan renforce sa crédibilité industrielle.
SK Hynix est déjà un fournisseur clé pour Nvidia dans les puces HBM – des mémoires à haute bande passante indispensables pour les serveurs d’IA. Samsung cherche à reconquérir du terrain dans ce segment. Le plan national leur offre un cadre et, probablement, des financements publics pour accélérer.
- La Corée du Sud investit 1 000 milliards d’euros sur 10 ans dans l’IA et les semi-conducteurs.
- Le plan associe État, Samsung et SK Hynix autour de trois axes industriels précis.
- L’objectif est de rester compétitif face à la Chine, aux États-Unis et à Taïwan.
- Le marché mondial de l’IA progresse de 47 % par an et dépasse désormais les enjeux purement économiques.
- L’IA est désormais traitée comme un enjeu de souveraineté nationale à part entière.

Une course qui redessine les alliances industrielles mondiales
Le plan sud-coréen semble indiquer que la compétition mondiale dans l’IA entre dans une nouvelle phase. Les États ne se contentent plus d’accompagner leurs champions nationaux. Ils co-investissent, co-planifient, et co-décident avec eux. Ce modèle hybride public-privé se généralise, des États-Unis à la Chine, en passant maintenant par Séoul.
La question qui se pose désormais : ce plan sera-t-il suffisant pour que la Corée du Sud reste dans le groupe de tête ? L’ampleur des ressources mobilisées et la cohérence des trois piliers choisis renforcent l’hypothèse que oui – à condition que l’exécution suive.
Et vous, pensez-vous que l’Europe devrait lancer un plan équivalent pour rester dans la course mondiale à l’IA ? Donnez votre avis en commentaire.
Sources : France 24
