Xi Jinping et Shehbaz Sharif à Pékin : la Chine et le Pakistan affichent leur alliance face au monde occidental

Xi Jinping et Shehbaz Sharif à Pékin : la Chine et le Pakistan affichent leur alliance face au monde occidental

Le président chinois Xi Jinping a reçu lundi le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif à Pékin. Cette rencontre au sommet va bien au-delà d’une simple visite diplomatique. Les deux pays ont réaffirmé leur partenariat stratégique et affiché leur volonté commune de construire un monde multipolaire – une formule qui sonne comme un défi direct à l’ordre occidental.

En bref

  • Xi Jinping a rencontré Shehbaz Sharif à Pékin le lundi 26 mai 2025.
  • Les deux pays ont réaffirmé leurs liens et leur engagement pour un monde multipolaire.
  • Cette rencontre intervient dans un contexte de tensions régionales entre le Pakistan et l’Inde.

Une rencontre au sommet entre deux alliés de longue date

La réunion entre Xi Jinping et Shehbaz Sharif s’est tenue dans la capitale chinoise. Elle confirme la solidité d’un partenariat que Pékin qualifie régulièrement d’« irréprochable ». Entre la Chine et le Pakistan, les liens sont profonds, anciens et multidimensionnels.

Ces deux pays partagent une frontière commune dans la région du Karakorum. Ils coopèrent militairement, économiquement et diplomatiquement depuis des décennies. Le Corridor économique Chine-Pakistan – connu sous l’acronyme CPEC – en est l’illustration la plus visible. Ce projet d’infrastructure massif, estimé à plus de 60 milliards de dollars, relie le port pakistanais de Gwadar au Xinjiang chinois.

Chiffres clés

  • Plus de 60 milliards de dollars : montant estimé du Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC)
  • Gwadar – Xinjiang : axe stratégique central du partenariat sino-pakistanais
  • Décennies de coopération militaire, économique et diplomatique entre les deux pays
Contexte

  • La Chine et le Pakistan partagent une frontière dans la région du Karakorum et entretiennent une alliance stratégique solide depuis les années 1960.
  • Le CPEC, vitrine des Nouvelles routes de la soie en Asie du Sud, fait du Pakistan un maillon clé de la stratégie d’influence de Pékin dans la région.
  • La rencontre intervient dans un contexte de fortes tensions entre le Pakistan et l’Inde, deux puissances nucléaires voisines.
Port en eaux profondes de Gwadar au Pakistan, infrastructure CPEC
Le port de Gwadar, au cœur du Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC). (image générée avec IA Gemini)

Le monde multipolaire : un message politique fort

Au-delà des projets économiques, les deux dirigeants ont affiché une convergence politique claire. Leur engagement en faveur d’un monde multipolaire n’est pas anodin. Ce concept renvoie à un ordre international où aucune puissance unique – à commencer par les États-Unis – ne domine seule la scène mondiale.

Pékin porte ce discours depuis plusieurs années. La Chine le présente comme une alternative à l’hégémonie occidentale. En l’associant au Pakistan, elle élargit sa base de soutien dans les pays en développement. Islamabad, de son côté, y trouve une légitimité diplomatique face à la pression américaine et indienne.

Ce positionnement commun peut être lu comme une tentative de Pékin de structurer un bloc de pays partageant une vision alternative des relations internationales. Le Pakistan, acteur régional clé et puissance nucléaire, représente un allié de poids dans cette stratégie.

Un partenariat testé par les tensions régionales

La rencontre intervient dans un moment sensible. Les tensions entre le Pakistan et l’Inde ont récemment atteint un niveau élevé. Des échanges militaires entre les deux pays ont ravivé les inquiétudes sur la stabilité de la région. Dans ce contexte, le soutien affiché de Pékin à Islamabad envoie un signal fort.

La Chine n’a pas pris publiquement parti de manière agressive dans le conflit indo-pakistanais. Mais son appui politique au Pakistan, réaffirmé lors de cette rencontre, renforce indirectement la position d’Islamabad dans la région. Pour l’Inde – rivale de la Chine en Asie – ce message est difficile à ignorer.

Le CPEC, pierre angulaire d’une dépendance mutuelle

Le Corridor économique Chine-Pakistan reste au cœur de la relation bilatérale. Il comprend des routes, des ports, des centrales énergétiques et des zones industrielles. Ces investissements massifs ont transformé certaines régions du Pakistan. Ils ont aussi créé une dépendance financière importante d’Islamabad envers Pékin.

Le Pakistan traverse depuis plusieurs années une crise économique sévère. Sa dette extérieure est considérable. La Chine est l’un de ses créanciers majeurs. Cette réalité donne à Pékin un levier économique indéniable. La visite de Sharif à Beijing peut également être lue comme une recherche de soutien financier supplémentaire.

Pékin tisse sa toile en Asie du Sud

Pour la Chine, renforcer ses liens avec le Pakistan s’inscrit dans une logique régionale plus large. Pékin cherche à contenir l’influence indienne en Asie du Sud. Elle le fait en multipliant les partenariats avec les voisins de New Delhi : Sri Lanka, Bangladesh, Népal, et surtout Pakistan.

Cette stratégie d’encerclement diplomatique de l’Inde n’est pas nouvelle. Mais elle semble s’accélérer. La réunion de lundi à Pékin en est une nouvelle illustration. Chaque rencontre au sommet renforce un peu plus cette architecture d’alliances que la Chine construit patiemment en Asie.

Ce qu’il faut retenir

  • Xi Jinping et Shehbaz Sharif ont réaffirmé leur alliance stratégique lors d’une rencontre à Pékin.
  • Les deux pays ont affiché leur soutien commun à un monde multipolaire, en opposition à l’ordre occidental.
  • Le CPEC reste le pilier économique central de cette relation, avec plus de 60 milliards de dollars investis.
  • Ce rapprochement s’inscrit dans une stratégie chinoise plus large visant à contenir l’influence indienne en Asie du Sud.
  • La rencontre intervient dans un contexte de fortes tensions entre le Pakistan et l’Inde.
Route du Karakoram reliant la Chine et le Pakistan à travers les montagnes
L’axe routier du Karakoram, symbole du partenariat stratégique sino-pakistanais. (image générée avec IA Gemini)

Une alliance qui dépasse les intérêts immédiats

La relation sino-pakistanaise ne se réduit pas à des projets d’infrastructure ou à des déclarations diplomatiques. Elle reflète une vision partagée de l’ordre mondial et un calcul stratégique de long terme. Pour Pékin, le Pakistan est un partenaire indispensable en Asie du Sud. Pour Islamabad, la Chine est un soutien économique et politique vital.

Cette alliance se consolide à chaque sommet, à chaque crise régionale, à chaque nouveau projet CPEC. Elle constitue l’un des axes les plus stables de la politique étrangère chinoise, et semble appelée à se renforcer encore dans les années à venir.

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Sources : CGTN

(Les illustrations de cet article ont été générées avec Gemini)
Qu'ont décidé Xi Jinping et Shehbaz Sharif lors de leur rencontre à Pékin ?
Les deux dirigeants ont réaffirmé leur partenariat stratégique et leur volonté commune de promouvoir un monde multipolaire, c’est-à-dire un ordre international où aucune puissance unique ne domine.
Qu'est-ce que le CPEC, le corridor économique Chine-Pakistan ?
Le CPEC (China-Pakistan Economic Corridor) est un ensemble de projets d’infrastructure d’une valeur estimée à plus de 60 milliards de dollars. Il relie le port pakistanais de Gwadar à la région chinoise du Xinjiang via des routes, des ports et des centrales énergétiques.
Pourquoi la Chine soutient-elle le Pakistan face à l'Inde ?
La Chine et l’Inde sont des rivales stratégiques en Asie. Soutenir le Pakistan permet à Pékin de maintenir une pression diplomatique sur New Delhi et d’étendre son influence en Asie du Sud.
Que signifie l'appel à un monde multipolaire lancé par Pékin et Islamabad ?
Un monde multipolaire désigne un ordre international où plusieurs grandes puissances coexistent, sans qu’une seule – notamment les États-Unis – n’impose ses règles. Pour la Chine et le Pakistan, ce discours constitue une alternative revendiquée à l’influence occidentale.

Pierre Woo

Je m'appelle Pierre, diplômé d'un MBA en affaires internationales. Je suis passionné par la Chine. J'ai étudié et travaillé dans l'empire du milieu pendant plusieurs années. Cette expérience a non seulement approfondi ma compréhension de la Chine moderne, mais elle m'a aussi permis de saisir les nuances complexes de son économie en rapide évolution.

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