Ferroviaire, commerce, énergie : la Chine et le Vietnam relancent leur coopération
Le 15 juin 2026, les Premiers ministres vietnamien et chinois se sont entretenus par téléphone. Le Premier ministre chinois Li Qiang a confirmé que Pékin était prêt à accélérer la coopération ferroviaire avec Hanoï. Derrière cet échange diplomatique, un signal stratégique se dessine : la Chine positionne le Vietnam comme un maillon central de sa politique de voisinage, à un moment où les connexions régionales deviennent un enjeu économique et géopolitique majeur.
- Les Premiers ministres Li Qiang et Lê Minh Hưng ont échangé par téléphone le 15 juin 2026.
- La Chine confirme sa volonté d’avancer sur la coopération ferroviaire et énergétique avec le Vietnam.
- Les deux pays visent un transport multimodal, des postes frontières intelligents et des zones économiques transfrontalières.
Un appel téléphonique qui confirme la priorité stratégique du Vietnam pour Pékin
L’entretien a eu lieu au siège du gouvernement vietnamien. Le Premier ministre Lê Minh Hưng et son homologue chinois Li Qiang ont d’abord salué les progrès enregistrés dans les relations bilatérales. Les deux responsables ont notamment cité la récente visite d’État du secrétaire général et président Tô Lâm en Chine, ainsi que la visite au Vietnam de Xi Jinping en 2025.
Li Qiang a été direct. La Chine considère le Vietnam comme « une direction prioritaire » de sa politique étrangère de voisinage. Cette formulation n’est pas anodine. Elle semble indiquer que Pékin cherche à ancrer Hanoï dans son réseau d’influence régional, au-delà des simples échanges commerciaux.
- 2026-2027 : période désignée Année de coopération touristique Chine-Vietnam par les deux pays.
- Mécanisme 3+3 : dialogue stratégique impliquant la diplomatie, la défense et la police des deux États.
- 2 visites d’État récentes : Tô Lâm en Chine et Xi Jinping au Vietnam en 2025, socle des engagements actuels.
- Le Vietnam et la Chine partagent une longue frontière terrestre et entretiennent des relations économiques étroites, avec la Chine comme premier partenaire commercial du Vietnam.
- Le développement ferroviaire transfrontalier s’inscrit dans la logique des nouvelles routes commerciales reliant la Chine au Sud-Est asiatique.
- Les deux pays ont multiplié les mécanismes de coopération locale, notamment entre provinces frontalières chinoises et vietnamiennes.

Le ferroviaire, vrai levier de la connectivité régionale
La coopération ferroviaire est le point le plus concret de cet échange. Le Premier ministre vietnamien a proposé de lui accorder la priorité dans la construction d’un système de transport multimodal. Li Qiang a confirmé la disposition de Pékin à avancer sur ce dossier.
L’objectif dépasse la seule liaison Chine-Vietnam. Les deux parties veulent renforcer les connexions avec d’autres pays et régions. Cette ambition peut être lue comme une extension régionale du réseau ferroviaire chinois, qui cherche des débouchés vers l’Asie du Sud-Est.
Sur le plan des échanges terrestres, Hanoï a également mis sur la table deux projets concrets :
- La mise en service rapide de postes frontières intelligents pour fluidifier les flux douaniers.
- La construction de zones de coopération économique transfrontalières pour faciliter l’investissement et le commerce.
Ces deux chantiers visent à réduire les frictions logistiques qui ralentissent encore les échanges entre les deux pays.
Commerce agricole, énergie, technologies : une coopération qui s’élargit
L’agenda bilatéral ne se limite pas aux infrastructures. Li Qiang a évoqué plusieurs axes supplémentaires. Il a mentionné la promotion du commerce de produits agricoles et le renforcement de la coopération en matière d’inspection et de quarantaine phytosanitaire. Un point technique, mais décisif pour les exportations agricoles vietnamiennes vers la Chine.
Sur l’énergie, les deux Premiers ministres ont confirmé leur intention de renforcer la connectivité électrique. Cette dimension prend une importance croissante au moment où le Vietnam cherche à sécuriser son approvisionnement électrique pour soutenir une industrialisation rapide.
Côté technologie, Pékin souhaite encourager des entreprises chinoises « réputées et compétentes » à investir au Vietnam. L’accent est mis sur la science, l’innovation et les secteurs à haute valeur ajoutée. Ce cadrage reflète la volonté de Pékin de ne plus seulement exporter des produits, mais d’implanter des capacités industrielles.
Science, éducation, tourisme : le volet humain de la relation
Le Premier ministre vietnamien a souhaité élargir la coopération scientifique et éducative. Il a mentionné la formation de ressources humaines de haute qualité, la santé et la médecine traditionnelle. Ce dernier point reflète un intérêt mutuel : la médecine traditionnelle chinoise et vietnamienne partagent des fondements communs.
Sur le tourisme, les deux pays ont confirmé la mise en œuvre de l’Année de coopération touristique 2026-2027. Les échanges culturels et les projets d’amitié populaire font partie des engagements retenus. Ces dimensions, souvent reléguées en fin d’agenda, jouent un rôle réel dans la stabilisation de la relation bilatérale sur le long terme.
Un cadre de confiance réaffirmé, mais des défis structurels à surmonter
Les deux Premiers ministres ont convenu de maintenir des échanges réguliers. Ils ont aussi rappelé l’importance de « concrétiser les accords de haut niveau ». Cette formule semble indiquer que la dynamique politique existe, mais que la mise en œuvre reste le vrai test.
Lê Minh Hưng a demandé que le commerce bilatéral évolue vers un « développement équilibré et durable ». Cette formulation traduit une préoccupation réelle : le déficit commercial vietnamien face à la Chine est structurellement élevé. Hanoï cherche à rééquilibrer la relation, sans heurter son partenaire le plus puissant.
- Pékin confirme officiellement le Vietnam comme priorité de sa politique de voisinage.
- La coopération ferroviaire transfrontalière est le dossier le plus stratégique de cet agenda.
- Les zones économiques transfrontalières et postes intelligents visent à fluidifier les échanges commerciaux.
- La connectivité énergétique et les investissements technologiques élargissent la relation au-delà du commerce classique.
- Hanoï cherche un rééquilibrage commercial dans un partenariat structurellement asymétrique.

Un partenariat dense, dont la mise en œuvre conditionnera la portée réelle
La densité de l’agenda discuté lors de cet appel téléphonique reflète l’ambition des deux capitales. Ferroviaire, énergie, agriculture, technologie, tourisme, éducation : peu de secteurs sont absents. La multiplication des mécanismes de dialogue – dont le format 3+3 entre diplomates, militaires et policiers – renforce l’hypothèse que cette relation bilatérale entre dans une phase de structuration plus profonde. Ce que Pékin et Hanoï construisent ressemble moins à un simple voisinage commercial qu’à une interdépendance assumée.
Et vous, pensez-vous que ce rapprochement sino-vietnamien profitera à l’économie de la région ? Partagez votre analyse en commentaire.
Sources : Lao Dong
