Chine : Li Qiang promet d’augmenter les importations pour rééquilibrer le commerce
Pékin promet plus d’importations et une ouverture de haut niveau
À l’ouverture du Forum national sur le développement à Pékin, le 22 mars 2026, Li Qiang a assuré que la Chine « fera avancer résolument une ouverture de haut niveau ». Pékin entend « importer davantage de biens étrangers de haute qualité » et travailler à un commerce plus optimisé et équilibré.
Le chef du gouvernement a également dénoncé la montée de l’unilatéralisme et du protectionnisme, estimant qu’ils « ne sont en aucun cas une panacée ». Si ces annonces se traduisent en actes, elles marqueraient un tournant pour une économie qui s’est bâtie sur les ventes à l’étranger.
- 22 mars 2026 : déclaration de Li Qiang au Forum national sur le développement
- 2025 : excédent commercial record de 1 200 Md$ (1 035 Md€)
- Près de 20 % : baisse des exportations chinoises vers les États-Unis après les droits de douane
- 2024 : déficit commercial de l’UE pour les biens avec la Chine supérieur à 300 Md€
- La Chine a bâti son modèle sur des exportations massives, tandis que la consommation intérieure s’essouffle et que l’immobilier reste en crise
- Après les mesures américaines, une partie des flux s’est réorientée vers l’Asie du Sud-Est et l’Europe
- L’UE parle d’une relation déséquilibrée et a instauré des droits de douane additionnels sur les voitures électriques chinoises

Un modèle d’exportations bousculé par les droits de douane
Les mesures tarifaires américaines ont fait reculer de près de 20 % les ventes chinoises vers les États-Unis. Pékin a répondu en redirigeant une partie de ses flux, notamment vers l’Asie du Sud-Est et l’Europe. Ce déplacement des exportations a fait du marché européen un espace de réception important, au point d’être décrit comme un « marché de déversement » par Emmanuel Macron (*décembre dernier*).
Malgré ce contexte tendu, l’excédent commercial de la Chine a culminé en 2025, preuve que les restrictions américaines n’ont pas enrayé la dynamique globale des échanges du pays.
Que changerait une hausse des importations chinoises ?
Promettre plus d’importations signifie, pour les partenaires de la Chine, l’espoir d’un accès élargi au marché chinois pour des produits « de haute qualité ». Pour Pékin, l’objectif affiché est un « développement optimisé et équilibré du commerce ». En clair, réduire la dépendance aux seules exportations et mieux répartir les flux.
Dans les faits, tout dépendra de l’application concrète : secteurs concernés, procédures d’accès, et rythme d’ouverture. Sans éléments chiffrés supplémentaires, la portée réelle de l’annonce reste à surveiller.
Europe : une relation commerciale déséquilibrée sous pression
La relation entre la Chine et l’Europe est marquée par un important déséquilibre. En 2024, l’Union européenne accusait un déficit de plus de 300 Md€ pour les biens. L’arrivée massive de produits chinois, alimentée par la réorientation des flux, a renforcé les inquiétudes.
Face à cette pression, Bruxelles a adopté des droits de douane additionnels sur les voitures électriques en provenance de Chine. Si la Chine augmente réellement ses importations, cela pourrait contribuer à atténuer le déséquilibre. Mais les mesures de part et d’autre façonneront l’équilibre futur.
Dynamique 2026 : exportations en hausse, demande domestique fragile
Sur les deux premiers mois de 2026, les exportations chinoises ont progressé. Cette vigueur extérieure demeure cruciale pour l’économie du pays, alors que la consommation intérieure s’essouffle et que le secteur immobilier reste en difficulté.
Dans ce contexte, ouvrir davantage le marché et importer plus pourrait aussi servir d’amortisseur, en diversifiant les moteurs de l’activité.

Protectionnisme, ouverture : des forces contradictoires
Entre promesse d’ouverture et réalités du protectionnisme mondial, la Chine tente un numéro d’équilibriste. La dénonciation de l’unilatéralisme par Li Qiang signale une volonté de dialogue. Reste à concilier cette posture avec les réponses commerciales des partenaires, des États-Unis à l’Europe.
- Pékin promet d’accroître ses importations et d’ouvrir davantage son marché
- La Chine a affiché un excédent commercial record en 2025, malgré les droits de douane américains
- L’Europe subit un important déficit et a réagi avec des droits additionnels sur les voitures électriques chinoises
- Le rééquilibrage dépendra de la mise en œuvre concrète des annonces chinoises
Et maintenant : quels signaux surveiller ?
Les partenaires suivront de près les mesures techniques qui donneront corps à l’annonce : listes de produits, simplifications d’accès, et trajectoire d’ouverture. L’évolution des flux vers l’Asie du Sud-Est et le rôle du marché européen seront des indicateurs clés, tout comme la robustesse des exportations chinoises en 2026.
Votre avis compte : ces promesses peuvent-elles véritablement rééquilibrer les échanges avec l’Europe ? Partagez votre point de vue en commentaire.
Sources : La Croix
