Chine : une arme à micro-ondes de 100 GW capable de neutraliser les satellites Starlink
Des scientifiques militaires chinois ont publié les détails d’un système à micro-ondes atteignant 100 gigawatts de puissance. Cette arme, développée par l’Université nationale de technologie de défense, peut neutraliser l’électronique de satellites en orbite basse – dont ceux de la constellation Starlink. Ce n’est pas une annonce anodine : elle révèle une avance technologique revendiquée par Pékin dans un domaine où aucune autre puissance ne semble en mesure de rivaliser à court terme.
- Un dispositif de 100 GW développé par l’armée chinoise peut brûler l’électronique de satellites sans contact physique.
- L’architecture modulaire permet de dépasser les limites des générateurs classiques.
- La Chine revendique une avance sur toutes les autres puissances dans ce domaine.
- La technologie cible explicitement les grandes constellations comme Starlink.
100 gigawatts : un chiffre à mettre en perspective
Un four à micro-ondes domestique génère environ 800 watts. Ce nouveau système militaire chinois produit 100 gigawatts. La comparaison peut paraître abstraite. Elle illustre pourtant une rupture d’échelle radicale.
L’équipe dirigée par Zhang Jun, de la NUDT, a publié ses travaux dans la revue scientifique « High Power Laser and Particle Beams ». Les chercheurs décrivent plusieurs générateurs d’impulsions développés ces dernières années par l’armée chinoise. Le plus puissant atteint 100 GW en combinant plusieurs modules synchronisés.
Les experts estiment qu’une impulsion d’un seul gigawatt suffit déjà à provoquer des dommages graves sur l’électronique d’un satellite en orbite basse. Le système décrit par la NUDT multiplierait cette capacité par cent. Les auteurs précisent que la conception se prête à des montées en puissance supplémentaires.
- 100 GW : puissance maximale du système à micro-ondes de la NUDT
- 800 W : puissance d’un four à micro-ondes domestique, soit 125 millions de fois moins
- 1 GW : seuil estimé pour causer des dommages graves à un satellite en orbite basse
- 20 GW : puissance d’un dispositif antérieur publié en février par un autre institut militaire chinois
- -40 °C : température minimale de fonctionnement du système hybride à condensateurs décrit dans l’étude
- La Chine avait déjà révélé en février 2025 un dispositif de 20 GW conçu pour perturber des réseaux de satellites comme Starlink.
- Les armes à micro-ondes agissent sur l’électronique sans générer de débris orbitaux, contrairement aux armes cinétiques.
- La NUDT est l’une des principales institutions de recherche militaire en Chine, directement rattachée à l’Armée populaire de libération.

Une architecture modulaire pour contourner les limites physiques
Le vrai défi technique n’est pas d’atteindre une puissance élevée sur le papier. C’est de le faire avec un seul générateur. Les limites d’isolation électrique rendent cette approche peu viable au-delà d’un certain seuil.
L’innovation présentée par Zhang Jun repose sur la synchronisation de plusieurs modules compacts. Chaque unité fonctionne au plus près de son rendement maximal, sans compromettre l’ensemble du système. Cette architecture modulaire contourne les goulots d’étranglement des générateurs monolithiques.
L’étude mentionne également d’autres développements associés :
- Des systèmes à semi-conducteurs adaptables à différents environnements opérationnels.
- Un condensateur hybride à ions lithium, capable d’une activation instantanée à -40 °C.
Cette dernière innovation semble particulièrement pensée pour les théâtres d’opérations en conditions polaires ou hivernales extrêmes, où les systèmes d’énergie classiques perdent en efficacité.
Starlink dans le viseur : pourquoi les grandes constellations sont vulnérables
L’objectif stratégique est explicite. En février, un premier dispositif de 20 GW avait déjà été présenté comme une arme potentielle contre les réseaux de satellites commerciaux. La nouvelle publication va plus loin sur le plan technique.
Les grandes constellations comme Starlink comptent des milliers de satellites en orbite basse. Leur nombre même est censé garantir leur résilience. Mais une arme à micro-ondes de haute puissance peut neutraliser plusieurs engins simultanément, sans avoir à les cibler un par un.
Contrairement aux armes cinétiques – missiles ou projectiles – une frappe à micro-ondes ne génère pas de débris orbitaux. Or ces débris sont dangereux pour tous les engins en orbite, y compris ceux de l’assaillant. L’arme à micro-ondes offre donc un double avantage stratégique : pas de dommages collatéraux orbitaux, et une attribution difficile à prouver. Une frappe électronique laisse moins de traces qu’un impact physique.
Le coût opérationnel est également mis en avant par les chercheurs. Neutraliser des satellites qui valent des centaines de millions de dollars avec une impulsion électronique revient structurellement moins cher qu’une interception cinétique.
Une avance revendiquée sur toutes les autres puissances
Les auteurs de l’étude ne font pas dans la modestie. Ils affirment que la Chine dispose d’une longueur d’avance significative sur ses concurrents dans ce domaine précis. Cette position serait le résultat d’années d’investissement soutenu dans la recherche sur les impulsions de haute puissance.
Ils identifient plusieurs freins pour les autres pays qui voudraient rattraper ce retard :
- La perte de capacité industrielle dans certains secteurs clés.
- La réduction des budgets de R&D sur le long terme.
- Les difficultés d’accès à des matériaux critiques, notamment les terres rares.
Sur ce dernier point, la Chine détient une position dominante dans l’extraction et la transformation des terres rares mondiales. Ce n’est pas un hasard si cette avance technologique s’appuie aussi sur un avantage dans la chaîne d’approvisionnement.
Les prochaines étapes : miniaturisation et déploiement terrain
L’étude ne se limite pas à un exposé théorique. Elle trace également une feuille de route pour la suite. Deux priorités se dégagent : améliorer la précision du contrôle du faisceau d’énergie, et réduire la taille et le coût des systèmes.
Ces deux conditions sont nécessaires pour passer des laboratoires à un déploiement opérationnel réel. L’objectif affiché est d’intégrer le système à des plateformes mobiles ou embarquées. Cela suppose des contraintes strictes de volume et de poids, que les chercheurs reconnaissent eux-mêmes comme des défis à part entière.
La miniaturisation est souvent le dernier obstacle entre une démonstration de puissance en laboratoire et une arme déployable sur le terrain. La NUDT semble avoir identifié ce point clairement.
- La Chine a présenté un système à micro-ondes de 100 GW capable de neutraliser des satellites en orbite basse.
- L’architecture modulaire synchronisée constitue la rupture technique principale.
- L’arme ne génère pas de débris orbitaux, ce qui la rend stratégiquement plus souple que les armes cinétiques.
- Pékin revendique une avance sur toutes les autres puissances dans ce domaine.
- La miniaturisation reste le principal verrou avant un déploiement opérationnel.

Une publication scientifique qui est aussi un signal politique
Publier ces détails techniques dans une revue accessible n’est pas anodin. La Chine choisit de rendre visible une capacité qui aurait pu rester confidentielle. Cela peut être interprété comme un message adressé aux puissances qui misent sur leurs constellations de satellites pour dominer le champ de bataille numérique et communicationnel.
La guerre spatiale ne se jouera peut-être pas avec des missiles. Elle se jouera avec des impulsions électromagnétiques, des cyberattaques et des systèmes de brouillage. La Chine semble avoir décidé de montrer ses cartes dans cette partie.
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Sources : Euronews
