Shenzhou-23 : la Chine envoie trois taïkonautes dans l’espace avec un an en orbite au programme
Dimanche 25 mai 2025, la Chine a lancé le vaisseau Shenzhou-23 depuis le désert de Gobi, avec trois taïkonautes à bord. L’amarrage à la station Tiangong a réussi en moins de quatre heures. Mais l’enjeu dépasse largement cette mission : pour la première fois, un astronaute chinois va passer une année complète en orbite. C’est une étape clé vers l’objectif de Pékin de poser des humains sur la Lune avant 2030, dans une course directe avec les États-Unis.
- Le vaisseau Shenzhou-23 a décollé le 25 mai 2025 du centre de Jiuquan, dans le désert de Gobi.
- Un des trois taïkonautes restera une année entière en orbite, une première pour la Chine.
- La mission prépare directement le programme lunaire chinois, qui vise un atterrissage avant 2030.
- Li Jiaying devient le premier astronaute originaire de Hong Kong à voler dans l’espace.
Un décollage réussi, un amarrage en moins de quatre heures
La fusée Longue-Marche 2-F a quitté le sol à 23 h 08 heure locale. Elle a propulsé le vaisseau Shenzhou-23 vers la station Tiangong, surnommée le « Palais céleste ». Moins de quatre heures plus tard, l’amarrage était confirmé par l’agence spatiale chinoise chargée des vols habités, la CMSA. Le lancement a été qualifié de « succès total ».
Les images diffusées par la télévision publique CCTV ont montré le décollage en direct. Ce type de mission est désormais presque routinier pour la Chine. Mais Shenzhou-23 sort du cadre habituel à plusieurs titres.
- 23 h 08 : heure locale du décollage depuis le centre de Jiuquan
- 3 h 30 : durée du vol jusqu’à l’amarrage à la station Tiangong
- 1 an : durée du séjour orbital prévu pour l’un des trois taïkonautes
- 2030 : date cible pour un atterrissage humain chinois sur la Lune
- 2035 : horizon visé pour la première tranche d’une base lunaire habitée
- La Chine est exclue de la Station spatiale internationale depuis 2011, après l’interdiction faite à la NASA de collaborer avec Pékin.
- Les équipages de Tiangong effectuent habituellement des séjours de six mois. Un an constitue un changement de dimension.
- Le programme lunaire chinois repose sur un nouveau vaisseau, le Mengzhou, dont le vol d’essai est prévu en 2026.

Un an en orbite : un défi médical et humain inédit pour la Chine
La particularité centrale de Shenzhou-23, c’est ce séjour orbital d’une année complète. Le taïkonaute désigné pour rester à bord sera choisi en cours de mission, selon la CMSA. Cette décision inhabituelle souligne que l’expérience elle-même est au cœur de la mission.
Richard de Grijs, astrophysicien à l’Université Macquarie en Australie, détaille les défis à relever. Selon lui, les principaux risques sont :
- la perte de densité osseuse et la fonte musculaire
- l’exposition prolongée aux radiations spatiales
- les perturbations du sommeil et la fatigue psychologique
- la fiabilité des systèmes de recyclage de l’eau et de l’air
- la capacité à gérer des urgences médicales loin de toute aide terrestre
Richard de Grijs reconnaît que la Chine « est devenue très compétente » dans ces domaines. Mais il souligne que la durée change la nature du problème : un an place les humains et le matériel dans « un régime opérationnel différent » de celui des missions courtes.
Li Jiaying, premier astronaute de Hong Kong dans l’espace
L’équipage de Shenzhou-23 comprend trois membres. Le commandant est Zhu Yangzhu, 39 ans, ingénieur spatial. Zhang Zhiyuan, 39 ans lui aussi et ex-pilote de l’armée de l’air, effectue son premier vol. Le troisième membre retient particulièrement l’attention.
Li Jiaying, 43 ans, devient le premier astronaute issu de Hong Kong à voler dans l’espace. Connue en cantonais sous le nom de Lai Ka-ying, elle était auparavant membre de la police hongkongaise. Sa présence à bord est aussi un signal politique adressé au territoire semi-autonome, intégré dans le programme spatial national.
La course à la Lune face aux États-Unis et au programme Artemis
Derrière la mission Shenzhou-23 se profile une compétition spatiale directe entre Pékin et Washington. Les deux puissances visent un atterrissage humain sur la Lune avant 2030. Les États-Unis avancent avec leur programme Artemis. La Chine construit sa propre trajectoire, en dehors de toute coopération avec la NASA.
Cette exclusion n’est pas récente. Depuis 2011, les États-Unis ont interdit à leur agence spatiale de collaborer avec Pékin. Ce choix a conduit la Chine à développer ses propres outils. Tiangong en est la démonstration la plus visible.
Le programme lunaire repose sur plusieurs jalons précis. En 2026, la Chine prévoit le vol d’essai orbital du Mengzhou, le nouveau vaisseau conçu pour transporter des astronautes vers la Lune. Ce vaisseau remplacera les Shenzhou, jugés insuffisants pour des missions aussi ambitieuses. D’ici 2035, Pékin espère avoir posé les premières briques d’une base scientifique lunaire habitée, l’ILRS – Station internationale de recherche lunaire.
Un programme spatial qui avance à grande vitesse depuis dix ans
Les résultats de la Chine spatiale parlent d’eux-mêmes. En 2019, la sonde Chang’e-4 s’est posée sur la face cachée de la Lune – une première mondiale. En 2021, un rover a atterri sur Mars. La station Tiangong est opérationnelle et accueille des équipages en rotation permanente.
Pékin a investi des milliards depuis trente ans pour combler son retard sur les États-Unis, la Russie et l’Europe. Cette montée en puissance s’est accélérée depuis une décennie. Shenzhou-23 s’inscrit dans cette dynamique, avec une ambition supplémentaire : dès fin 2026, la Chine prévoit d’accueillir à bord de Tiangong son premier astronaute étranger. Il sera pakistanais.

Des expériences scientifiques au cœur de la mission
Au-delà de l’enjeu du séjour longue durée, l’équipage de Shenzhou-23 mènera plusieurs projets scientifiques à bord de Tiangong. Les domaines concernés couvrent les sciences de la vie, la physique des fluides, la médecine et les matériaux. Ces expériences alimentent directement les connaissances nécessaires aux futures missions de longue distance, vers la Lune puis vers Mars.
La microgravité offre un environnement de recherche impossible à reproduire sur Terre. Chaque mission habitée est aussi un laboratoire. Un an en orbite multiplie la valeur scientifique des données recueillies.
- Shenzhou-23 a décollé le 25 mai 2025 et s’est amarré à Tiangong en moins de quatre heures.
- Un taïkonaute passera une année entière en orbite, une première pour la Chine.
- Cette expérience prépare directement le programme lunaire, avec une échéance fixée à 2030.
- Li Jiaying devient le premier astronaute originaire de Hong Kong à voler dans l’espace.
- Le nouveau vaisseau Mengzhou, clé de la mission lunaire, sera testé en orbite dès 2026.
Shenzhou-23, un pas concret vers la Lune
Cette mission ne se limite pas à un exploit technique. Elle pose une pierre supplémentaire dans la stratégie spatiale chinoise à long terme. La Chine construit patiemment les capacités humaines et technologiques pour atterrir sur la Lune. Le chronomètre tourne. 2030 approche, et Pékin ne semble pas vouloir être deuxième.
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Sources : France 24
