App Store : des développeurs chinois attaquent Apple pour abus de position dominante
48 développeurs iOS chinois ont déposé une plainte officielle contre Apple auprès du régulateur chinois de la concurrence. Ils accusent la firme de Cupertino d’appliquer des commissions «injustes et excessivement élevées» sur l’App Store, en violation d’une promesse faite au marché chinois. Cette offensive soulève une question plus large : Apple peut-il encore imposer ses règles sans contrepartie dans un marché aussi stratégique que la Chine ?
- 48 développeurs iOS ont saisi la SAMR, le régulateur chinois de la concurrence.
- Ils accusent Apple d’avoir rompu une promesse sur les taux de commission les plus bas.
- Apple fait face à des plaintes similaires en Europe et aux États-Unis.
Une plainte collective inédite en Chine
Le 48 développeurs iOS ont adressé une lettre ouverte à la State Administration for Market Regulation (SAMR), le gendarme de la concurrence en Chine. Ils demandent une enquête formelle et des sanctions contre Apple. Selon eux, Apple «abuse de sa position dominante» pour imposer des coûts prohibitifs aux créateurs locaux.
La lettre a été publiée sur WeChat par l’un des signataires, Tian Junwei. Son contenu est précis : Apple n’aurait pas respecté son engagement d’offrir au marché chinois le taux de commission le plus bas parmi tous les marchés où elle opère. C’est cet écart entre promesse et pratique qui fonde juridiquement la plainte.
- 48 développeurs iOS signataires de la plainte collective.
- 30 % : taux de commission standard d’Apple sur les transactions in-app.
- 500 millions d’euros : amende infligée à Apple en Europe pour violation du Digital Markets Act.
- 2017 : première plainte de développeurs chinois contre Apple en Chine.
- La SAMR est l’autorité chinoise chargée de surveiller les pratiques anticoncurrentielles des entreprises nationales et étrangères.
- Apple génère une part significative de ses revenus de services via l’App Store, dont les commissions constituent un pilier financier majeur.
- Les plateformes numériques étrangères opérant en Chine font l’objet d’une surveillance réglementaire renforcée depuis 2021.

Apple déjà dans le viseur des régulateurs chinois
Ce n’est pas la première fois qu’Apple est mis en cause en Chine sur ce terrain. En 2017, un cabinet d’avocats pékinois avait déjà déposé une plainte au nom de développeurs locaux. Les griefs portaient alors sur la suppression d’applications sans explication et la commission de 30 % sur les transactions in-app.
En 2021, un consommateur chinois avait intenté une action en justice contre Apple pour ses tarifs sur l’App Store. Le tribunal de Shanghai a rejeté la demande en 2024. Cette décision n’a pas dissuadé les développeurs de tenter à nouveau leur chance, cette fois via la voie réglementaire plutôt que judiciaire.
Une pression mondiale qui se renforce
La Chine n’est pas isolée dans cette contestation. En Europe, deux associations de défense des droits civils ont déposé une plainte auprès des autorités de concurrence de l’Union européenne contre les politiques de l’App Store. En juillet dernier, Apple a été condamné à une amende de 500 millions d’euros pour violation du Digital Markets Act, la législation européenne sur les marchés numériques. Apple a fait appel, et la procédure est toujours en cours.
Cette convergence de plaintes sur plusieurs continents semble indiquer une fragilisation du modèle fermé de l’App Store. Le principe même du «30 %» est désormais contesté partout.
Pourquoi la Chine représente un terrain particulièrement sensible
La Chine est l’un des marchés les plus importants pour Apple. Le pays représente une part considérable des ventes mondiales d’iPhone et de l’écosystème de services associé. Toute décision de la SAMR pourrait contraindre Apple à revoir ses pratiques tarifaires localement, voire à créer un précédent applicable ailleurs.
Les développeurs chinois opèrent dans un environnement très concurrentiel face à des plateformes locales comme WeChat Mini Programs ou les stores Android alternatifs. Pour eux, une commission de 30 % peut représenter un désavantage structurel face à des concurrents soumis à des règles différentes.
Apple entre silence et appel à la procédure
À ce stade, Apple n’a pas répondu à la demande de commentaire formulée par le South China Morning Post. Cette absence de réaction immédiate est habituelle pour la firme sur les sujets réglementaires sensibles.
La SAMR, de son côté, dispose de pouvoirs d’enquête étendus. Elle peut imposer des amendes, exiger des modifications de pratiques commerciales, voire interdire certains comportements jugés anticoncurrentiels. Une décision en faveur des développeurs aurait un impact direct sur le modèle économique d’Apple en Chine.
- 48 développeurs chinois accusent Apple de rompre une promesse sur les commissions App Store.
- La plainte vise la SAMR, le régulateur de la concurrence en Chine.
- Apple fait face à des pressions similaires en Europe, avec une amende de 500 millions d’euros.
- La Chine est un marché stratégique : toute décision réglementaire aurait des conséquences globales.
- Le modèle à 30 % de commission est de plus en plus contesté à l’échelle mondiale.

Un rapport de force qui pourrait redessiner l’App Store mondial
La plainte chinoise de 2025 n’est pas qu’une affaire locale. Elle s’inscrit dans une dynamique mondiale de remise en cause du modèle App Store d’Apple. Si la SAMR décide d’ouvrir une enquête formelle, Apple se retrouvera face à deux fronts réglementaires majeurs simultanément : l’Europe et la Chine. Cette configuration renforce l’hypothèse que le modèle économique fermé de l’App Store entre dans une phase de turbulences durables.
Et vous, pensez-vous qu’Apple devrait appliquer des taux de commission différents selon les marchés ? Donnez votre avis en commentaire.
Sources : South China Morning Post
